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La mort du pandit Atmaran et l?arrivée du ?Mauritius?
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La mort du pandit Atmaran et l?arrivée du ?Mauritius?
Le dimanche 21 août 1955 meurt à son domicile, 36 rue Etienne-Pellereau, Port-Louis, le pandit Atmaran Vishwanath, à l?âge de 74 ans. Originaire de l?Inde, il arrive à Maurice, dans les années 1910, pour diriger l?Oriental Gazette, un hebdomadaire bilingue (anglais et français) créé, dit-on, par Manilal Doctor mais que ne semble pas connaître la Bibliographie de Maurice (1502-1954) du trio Auguste Toussaint, Harold Adolphe et Antoine Chelin. A la fermeture de ce journal, notre pandit collabore à plusieurs autres journaux bilingues (hindi et anglais). A partir du 9 novembre 1950, il dirige, ainsi, l?hebdomadaire Aryoday (The Rise of the Arya), qui se veut la suite du Mauritius Arya Patrika, un hebdomadaire, créé par le pandit Cashinath Kistoe, ayant paru entre le 17 octobre 1924 et le 27 septembre 1940 et qui a pour devise : ?Traitons les êtres humains avec l??il d?un ami?.
Le pandit Atmaram Vishwanath ne tarde guère à faire partie de l?Arya Samaj de Maurice dont il devient un des membres les plus actifs. Il a ainsi l?occasion d?être le rédacteur en chef de plusieurs journaux dont l?Arya Vir et Jagriti. Le premier de ces deux journaux voit le jour le 3 mai 1929. Il paraît jusqu?au 30 mars 1945 sous la direction du pandit Cashinath Kistoe. Il paraîtra de concert avec Jagriti (The Awakening) à partir d?octobre 1935 jusqu?à mars 1945. Ils réapparaîtront entre le 6 avril 1945 et le 20 décembre 1950. Le pandit Luxmandutt seconde alors le pandit Kistoe.
Le pandit Ataman compte à son actif plusieurs livres dont une présentation de l?île Maurice Hindu Moriças, datant de 1936. En 1949, il publie Truth at last. Il s?agit d?un livre de 158 pages, imprimé par Shradhanand Printing Press. Les mêmes presses publient en 1951 une petite plaquette qu?il intitule Découverte de Maurice.
Ses forces déclinent toutefois à partir de 1950 et sa santé se détériore. Cela ne manque pas d?inquiéter ses amis et disciples. Il meurt le dimanche 21 août 1955. Il est incinéré le lendemain à Tranquebar, au milieu d?un grand concours d?amis.
Jay Narain Roy saluera quelques jours plus tard sa mémoire. Il parle de lui comme d?une figure légendaire au même titre que Panchoo et Furcy Adèle. Enfant, il le connaissait déjà et avait lu tous ses livres dont son histoire de Maurice. Il le considère comme un pionnier en tant qu?initiateur de plusieurs activités sociales et religieuses. Il le dit écrivain dans l?âme. Il salue ses talents d?éditorialiste et sa maîtrise de la langue anglaise. Il le classe parmi les plus grands bienfaiteurs du peuple mauricien, à l?instar du Pandit Gayasingh, un policier ayant consacré ses économies au mieux-être des opprimés et des orphelins, ou encore de Geereedharry Bhuguth, un planteur, connu pour avoir investi ses économies dans plusieurs activités pour promouvoir l?hindi à Maurice.
Une réception à bord du ?M.V. Mauritius?
A la mi-août 1955, soit quelques jours seulement avant le décès du pandit Atmaram, a lieu l?arrivée à Port-Louis du M.V. Mauritius le nouveau navire de la Colonial Steamship Co. Ltd. Parmi les invités visitant cette nouvelle unité de la marine marchande mauricienne, à l?occasion de son premier mouillage dans son port d?attache, figurent le gouverneur Robert Scott, l?évêque anglican Mgr Otter-Barry, le commissaire de l?Inde, le commandant B. Chatterjee, le consul de France, Fernand Saugon, le chef juge, Sir Francis Herchenroder, les députés René Maigrot, Guy Sauzier, M. Osman, Jean Ah-Chuen, Gabriel Martial, le commissaire de police, Maurice Desveaux, les directeurs de la Barclays et de la Mercantile, Aspirall et Wickers, négociants Ebrahim Dawood, Kathrada, André Nicolin et d?autres invités de marque. Ils sont reçus, à leur arrivée à bord, par le capitaine Cyril Nicolin et par MM. Duncan Taylor, Ackbar Gujadhur et André Adam, directeurs de la Colonial Steamship Co. Ltd.
Le M.V. Mauritius surprend par ses équipements modernes, tels un compas Sperry gyroscopique et non magnétique, ses quatre indicateurs d?incendie signalant automatiquement la présence de toute fumée suspecte dans les cales du navire. Les cabines sont équipées de sprinkler déclenchant un système d?arrosage au départ de tout incendie. Un système téléphonique relie la passerelle du commandant avec toutes les parties du navire. Le kiosque de navigation comprend un echo sounder, un appareil électrique indiquant la profondeur de la mer sous la coque du navire.
Les passagers des premières classes ont droit à des cabines spacieuses à deux ou trois couchettes. Ceux des 2es classes disposent de deux dortoirs de 10 couchettes chacun. Les 3es classes devront se contenter de l?entrepont mais disposeront également des aménités sanitaires suivantes : salles de bains, cabinets, toilettes. Le M.V. Mauritius peut embarquer 22 passagers de 1re classe, 20 de 2e et 104 de 3e.
André Adam prend la parole à la place de René Maingard souffrant. Il présente l?arrivée du M.V. Mauritius comme d?un événement marquant dans l?histoire de la marine marchande de Maurice. Il salue l?aide financière du gouvernement qui permet la construction d?un navire, rapide et moderne.
Après avoir dû travailler avec de vieux navires, la Colonial Steamship Co. Ltd est heureuse de pouvoir offrir un meilleur service maritime entre Maurice et Rodrigues. Avant l?arrivée du M.V. Mauritius, les liaisons maritimes entre Port-Louis, Port-Mathurin et les îles lointaines sont assurées, entre autres, par le Floréal, le Sir Edgar, le Sir Jules et le voilier La Perle.
En mars 1980, on essaye de remplacer le M.V. Mauritius, après 25 ans de services. Un navire flambant neuf Roll-on Roll-off, baptisé Mauritius II, arrive. Il va d?abord chercher en Australie une cargaison de farine puis une autre de fers de construction à Durban. A la sortie de ce port, une lame de fond, fait chavirer le navire et le fait couler à pic. L?équipage parvient heureusement à le quitter avant qu?il ne s?engloutisse dans les flots. Le M.V. Mauritius pourra entreprendre son 500e voyage avant d?être remplacé par le Mauritius Pride et être vendu, bien qu?on ait songé, à un certain moment, de le transformer en navire-musée.
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