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?Bisanvil? : la voie express pour David Constantin
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?Bisanvil? : la voie express pour David Constantin
Un quart d?heure chrono. Jamais trajet entre Quatre-Bornes et Port-Louis n?aura été aussi direct et drôle. Le bus est arrivé à la gare vendredi. Sain et sauf, au milieu des applaudissements de ceux saluant le lancement de Bisanvil, court métrage de fiction réalisé par David Constantin.
Il faisait frisquet sous la marquise dans les jardins du Centre culturel Charles Baudelaire. Inconvénient vite oublié dès les premières images du court métrage signé Caméléon
Production. Transportée à un arrêt d?autobus, la caméra identifie déjà les protagonistes. Le turfiste pendu au téléphone. L?amoureux transi. Le vieux qui en sortant du marché s?offre des dholl puri. Sans oublier, l?indispensable bousculade pour entrer dans le bus.
Créer un microcosme pour prendre vraiment le temps de se regarder. Pari tenu pour David Constantin qui nous balance tous les clichés du voyage en commun. Sans méchanceté. Avec une justesse née de l?observation des travers de chacun. Enfermés dans un lieu clos ? le bus ? les langues se délient. On finit par dire tout haut ce que l?on ressent tout bas. Sous les traits d?une mémé qui se mêle de tout, ressort le déshonneur associé par certains à un couple mixte. Grâce au non-dit, la caméra fait des gros plans sur la méfiance et le non-dit.
David Constantin et le co-scénariste Gopallen Chellapermal savent faire retomber la pression. L?artifice : introduire la naïveté d?un enfant. C?est lui qui dit ce que la mémé pense de ?enn nasyon?. C?est lui qui accepte l?offre des dholl puri du vieux qui cherche à se faire pardonner. C?est encore lui qui annonce au turfiste que le cheval qu?il croyait gagnant, a été rétrogradé.
Éventuelle diffusion sur la MBC
Au détour d?une panne, le réalisateur réunit des gens que tout sépare. Avec crédibilité. Reflets très ressemblants de nous-mêmes à en juger par les éclats de rire qui ont ponctué la diffusion de Bisanvil.
Réaction de David Constantin : ?Je suis heureux de voir que le cinéma mauricien peut attirer du monde.? Autre signe significatif : ? Nous avons réussi à intéresser des sociétés locales au parrainage de films, ce qui est une nouveauté.?
Pas de géant qui le laisse très réaliste quant à la vie de ce court métrage de fiction qui a vu le jour grâce à la contribution financière de l?Union européenne à hauteur de 30 000 euros. « Les perspectives pour Bisanvil, c?est de faire la tournée des festivals. Nous pensons à une éventuelle diffusion sur la MBC. Il y a très peu de télé qui ont des créneaux pour les courts métrages. Leur diffusion reste marginale. Ils sont considérés comme des bouche-trous, programmés à 2 heures du matin. »
Réaliste, David Constantin l?est encore quand on l?interroge sur la possibilité de s?atteler à un long métrage. ?C?est l?objectif. ?
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