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Sattar échappe de justesse à la mort

21 août 2005, 00:00

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«Nou finn viv enn vre kosmar », soupire une proche de Sattar Bungshy, 53 ans. Sauvagement agressé à l?arme blanche par deux passagers qu?il avait pris à bord de son taxi, vendredi dernier, l?infortuné a dû subir une longue opération à la Clinique de Lorette. « Heureusement, ses organes vitaux n?ont pas été touchés. Il l?a échappé belle. »

Cette nouvelle attaque vient allonger la liste des agressions commises sur les taximen. Depuis le début de l?année une dizaine a été tabassée par des malfaiteurs qui voulaient les dépouiller de leurs recettes et de leurs téléphones portables.

Il est environ 19 h 30 ce soir-là lorsque le chauffeur prend à bord deux hommes, à la place de taxis, Curepipe Road. Ils souhaitent se rendre rue Abbé de la Caille, près de l?église Ste-Hélène. Sattar ne tardera pas à connaître leurs vraies intentions de ses passagers. L?un d?eux lui pulvérise de l?insecticide au visage, pendant que le second lui lacère le corps avec une arme tranchante. Ils lui intiment l?ordre de leur remettre son portable et la recette de la journée.

Le chauffeur de taxi stoppe alors son véhicule sous un lampadaire et se met à klaxonner et à crier comme il ne l?a jamais fait avant. Cela n?empêche pas ses agresseurs de s?acharner sur lui. Mais la présence des habitants, alertés par le bruit, mettra fin au supplice du pauvre homme. Les malfrats décampent alors sans demander leur reste.

Suliman voit son frère en sang

« Malgré sa zot inn perce so vant, zot ine koupe koupe li lor so lebra droite », soupire Suliman, son frère. Sattar parvient à communiquer le numéro de téléphone de son domicile à l?un des témoins. Aussitôt alerté, Suliman débarque sur les lieux et voit son frère en sang. « Kan mo finn trouv so leta, monn deside pou amène li clinique Lorette desuit. Bann medsin inn oper li pandan plis ki de troi zer pou sap so lavi. Nou remersie zot ek ki bann dimounn ki finn ed mo frer. »

De retour chez lui, après six jours aux soins intensifs, Sattar se remet lentement de ses blessures. « Line degoute avec sa travay-là. Enn foi ankor li ti gaign problem. Banne la ti pointe pistole lor li, et ti kokin so loto. » Les enquêteurs attendent qu?il se soit remis pour prendre une nouvelle déposition. « La version de la victime est floue. Nous devons explorer toutes les pistes, y compris celle d?un règlement de comptes. »

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