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Le plan de relance de Sithanen se dessine
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Le plan de relance de Sithanen se dessine
Rama Sithanen met la dernière main à son programme de relance économique qu?il devrait présenter dans les jours à venir. Et celui-ci risque de contenir des surprises. «Il s?agira de marquer les esprits. Faire en sorte que la communauté des affaires et le grand public comprennent que les choses vont changer. » Des signaux forts seront envoyés pour bien marquer la différence avec ses deux prédécesseurs. Mais, gare aux conclusions hâtives, Sithanen ne compte pas rebrousser chemin par rapport aux grandes orientations déjà adoptées.
Le Plan Sithanen couvrira tout le champ économique. Mais le ministre des Finances mettra surtout l?accent sur le secteur des services pour relancer l?économie. Comme les autres pays en développement, la croissance économique de Maurice reposera principalement sur le secteur tertiaire.
Plus de 70 % de la richesse créée dans le pays provient d?une activité tertiaire ? tourisme, finances, technologies de l?information et de la communication. Cette proportion augmentera de manière significative dans les années à venir.
Certains collaborateurs de Sithanen estiment qu?il veut provoquer un électrochoc dans certains secteurs alors que dans d?autres, c?est presque le statu quo qu?il veut prôner. C?est le cas pour l?Integrated Resort Scheme (IRS). Sheila Grenade cherchera à savoir du ministre des Terres et du Logement, Asraf Dulull, la politique du gouvernement par rapport à l?IRS. C?est plutôt à Sithanen qu?il faudrait poser la question. Car c?est aux finances que l?avenir des projets IRS a été décidée. Et, contrairement à ce qu?on pourrait croire, la consigne n?est pas de freiner le développement des projets IRS mais bien de les accélérer. Avec une nuance d?importance toutefois.
Rassurer les promoteurs
Sithanen et ses autres collègues croient au potentiel de l?IRS mais ils sont persuadés que les conditions imposées par le précédent gouvernement étaient trop laxistes. En résumé, le gouvernement veut que l?IRS génère plus d?emplois dans les régions où ils se développent, favorise la création d?entreprises locales et, point primordial, rapporte davantage aux caisses de l?État en termes de frais d?enregistrement, de conversion de terres ou de taxes diverses. La consigne de Sithanen à ses collaborateurs est claire : faire en sorte que l?IRS remplisse les caisses tout en favorisant la création d?emplois. Le volet IRS de son plan reviendra principalement sur ces ajouts. Qui viseront plus à rassurer les promoteurs et compléter la loi IRS plutôt qu?à tout chambouler.
Les revirements d?envergure, il faudra plutôt les chercher du côté du monde de l?aviation. Les plus optimistes disent que Sithanen annoncera une série de mesures pour ouvrir davantage le ciel mauricien. Air Mauritius devra se préparer à accueillir un nouveau concurrent sur les dessertes Maurice-France. Star Airlines pourrait se poser sur le tarmac de Plaisance beaucoup plus tôt qu?on ne pourrait le croire. L?ouverture de la desserte Maurice-Londres à d?autres compagnies britanniques devrait suivre peu après.
Une autre entreprise pourrait connaître la fin d?une ère : Mauritius Telecom. Pour le gouvernement, démocratisation de l?économie rime avec démocratisation d?un outil essentiel à la croissance économique : les télécoms. Mais jusqu?ici, c?est MT qui a le contrôle total sur le câble optique SAFE assurant la connexion haut débit de Maurice avec le reste du monde. Sithanen devrait donc annoncer la fin du contrôle de MT.
Baisse des coûts de communication
C?est une solution à la MultiCarrier Mauritus Limited qui serait adoptée. Les infrastructures de transmission par le câble SAFE devraient être transférées, moyennant dédommagement, à une nouvelle entité légale chargée de la gérer et de faire payer des droits d?utilisation abordables à tous les opérateurs qui souhaiteraient utiliser la connectivité avec le câble SAFE. L?effet attendu est une baisse drastique des coûts de communications pour les clients d?entreprises et le grand public. L?Internet haut débit illimité grand public passerait, ainsi, par exemple, en deçà de la barre psychologique des Rs 500.
Mais au-delà des secteurs particuliers, le gouvernement souhaite se remettre lui-même en cause. Les conclusions préliminaires de l?Investment Climate Assessment (ICA) de la Banque mondiale menée auprès d?environ 300 entreprises locales l?éclairent. Ainsi, 50 % des corps parapublics et entreprises (petites, moyennes et grandes) interrogés estiment que les délais d?octroi de permis d?opération et certificats divers sont une contrainte « majeure » ou « très grave. » Sithanen a ainsi demandé à plusieurs de ses collaborateurs de contribuer à l?élaboration d?un document de réflexion pour diminuer davantage les lenteurs administratives.
Mais les conclusions préliminaires de l?ICA ont également amené Sithanen à se poser des questions sur le coût du financement à Maurice. C?est le deuxième plus gros problème identifié par 46,5 % des entreprises interrogées. Le ministre des Finances songerait en conséquence à convaincre les banques d?être plus audacieuses en finançant davantage de projets et en réclamant moins de garanties auprès des promoteurs. Il mènerait également une réflexion sur les taux d?intérêts. Mais, à ce chapitre, c?est en collaboration avec la Banque de Maurice qu?une politique monétaire devra être élaborée.
Les chantiers de Sithanen sont multiples. Les solutions qu?il proposera seront, pour certaines, audacieuses. Restera à les traduire dans la réalité et à s?assurer qu?elles donnent les résultats attendus.
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