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Entre détracteurs et flatteurs

21 août 2005, 00:00

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L?installation de nouveaux gouvernants est l?occasion pour un certain nombre de personnes de pratiquer leur sport favori. Soit la flatterie des princes du jour, soit une critique radicale éloignée de toute intention constructive. Ce constat se vérifie à chaque période post-électorale. Il n?est pas prêt de changer. À Maurice, l?expression populaire « carapace sanz lisien » apporte une autre nuance à ce principe. Mais ce n?est pas ici notre propos.

L?amertume pouvant provoquer un dénigrement systématique et la soif du pouvoir pouvant, elle, ériger la duplicité en règle de vie, il importe de rationaliser les choses pour éviter toute manipulation de l?opinion publique. Car c?est bien ce qui est en jeu actuellement. Et ce qu?il y a de dangereux dans ce jeu, c?est qu?il risque d?exacerber les antagonismes. Les dirigeants politiques ont donc intérêt à rappeler vite à l?ordre certains affidés et autres zélés de l?adoration béate. Car les bas esprits d?appartenance partisane ne réalisent pas le mal qu?ils peuvent faire au pays. En choisissant d?afficher une foi aveugle dans une partie ou dans l?autre, on ne fait au mieux que « spectaculariser » son étroitesse de vue. Or, les esprits critiques, ceux qui participent à la réflexion permettant à un pays d?avancer, ne se réfugient pas dans une adhésion inconditionnelle qui est l?expression d?une démarche réductrice. Aujourd?hui comme hier, le pays a besoin de personnes aptes à procéder à une remise en question continuelle. Condition essentielle pour provoquer l?exploration de nouvelles avenues.

Les critiques gratuites des adversaires du gouvernement rendent compte, elles, de la logique d?un travail de sape. À ce prix, on est même prêt à risquer l?avenir de son pays juste pour voir un gouvernement échouer. Ce n?est certainement pas la posture à adopter lorsqu?on souhaite des lendemains meilleurs pour sa jeunesse et ses enfants. Il importe donc de relativiser les choses, de prendre de la hauteur mais aussi de rester sur ses gardes.

Il demeure qu?aujourd?hui le défi le plus important consiste à préparer l?opinion publique aux épreuves auxquelles le pays est confronté. A ce titre, il faut rappeler que le gouvernement sortant a réalisé des choses, bonnes et moins bonnes, et que le gouvernement du jour en fera autant. Il ne pourra prendre le risque du pire car le principe de l?alternance est bien une réalité dans l?histoire électorale mauricienne. À cet effet, faudrait-il le rappeler, il y a eu un changement de gouvernement et non une rupture dans l?histoire du pays.

La responsabilisation des citoyens est un exercice continu. Elle est nécessaire. Et elle n?est pas l?apanage des seuls dirigeants politiques. L?île Maurice voit certains de ses secteurs clés mis sous pression constante alors que le gouvernement affiche une ambition sociale qui érige l?État providence en principe sacro-saint de la gestion du pays. Cela prend place dans un contexte économique mondial qui privilégie la libéralisation et la globalisation. Ce sont deux électricités opposées et il faudra voir comment le gouvernement abordera cette question. Mais ayant obtenu un mandat pour réaliser sa vision sociale de la politique, elle se doit de tenir ses promesses. Cela n?épargne pas les spécialistes et les observateurs de la société mauricienne de faire l?effort d?identifier les moyens possibles pour conjuguer impératifs économiques et sociaux.

Dans la même veine, la poursuite de la modernisation de la société implique une transformation des attitudes et habitudes de vie des Mauriciens. Il faut les préparer en conséquence. Pour l?instant, l?État est leur sauveur et leur bonne fée pouvant réaliser toutes leurs aspirations. Mais tout le monde en est conscient, ce n?est pas dans cet ordre que les choses prendront place. Il ne servira à rien au gouvernement de vouloir les précipiter. C?est en réussissant de grandes réformes en début de mandat qu?il se donnera les moyens pour la suite. Il ne servira à rien non plus, d?un autre côté, de jouer au pyromane dans le seul secret espoir de panser un ego blessé.

L?heure a définitivement sonné de se remettre au travail et à la rigueur. Ce sont deux principes qui, eux, ne changent pas quelle que soit la majorité qui règne à l?hôtel du gouvernement.

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