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Fin de course pour Kipketer

18 août 2005, 00:00

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Une page se tourne sur le 800m. À 33 ans, Wilson Kipketer se retire des pistes. Le Danois l’a lui-même annoncé dans

une interview donnée à la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) : “J’ai pris ma décision après les Jeux d’Athènes, mais j’ai préféré ne pas la dévoiler à ce moment-là. J’en étais arrivé à la conclusion que je ne courrais plus en compétition, que c’était la fin. Mais c’est la première fois que je traduis ma pensée par des mots.”

Né Kenyan le 12 décembre 1972, Wilson Kipketer accomplira ses plus grands exploits pour le Danemark, pays qu’il découvrira en 1990 et dont il épousera l’une des citoyennes. Devenu Viking, l’ancien Africain offrira à son pays d’adoption, notamment, trois titres de champion du monde du 800m en 1995, 1997 et 1999. Trois exploits majeurs, conquis grâce à une volonté de fer, forgés par de nombreux “sacrifices”.

Le titre mondial après la maladie

Intouchable en 1997, date à laquelle “les courses étaient faciles. Une époque où les sponsors et les organisateurs de meetings (l)’aimaient”, le Danois enchaîne les victoires. Le 24 août à Cologne, en salle, il s’empare même du record du monde du 800m en 1’41”11. “C’était avant que la malaria ne me frappe”, concède-t-il.

Véritable tournant dans sa carrière, la maladie, contractée lors d’un retour au Kenya, le tient éloigné des pistes durant six mois en 1998. Six mois pendant lesquels “j’ai été oublié”, regrette-t-il. “À ce moment j’ai réalisé que je ne pouvais compter que sur quelques personnes, juste quelques vrais amis.”

Son retour n’en sera que plus éclatant. Malgré une indigne huitième place aux Championnats d’Europe de Budapest en 1998, Wilson Kipketer prépare de toute son énergie les Mondiaux d’Edmonton de 1999.

En s’imposant au Canada, il se rappelle au bon souvenir de tous ceux qui l’avaient trop vite “oublié”.

“Après la défaite de Budapest, j’ai trouvé une nouvelle force, une nouvelle motivation. Mon titre mondial n’est que le résultat de ces éléments”, raconte-t-il. Les JO de Sydney en 2000 doivent maintenant parachever son œuvre.

“J’ai fait mon temps”

Mais l’Histoire lui refusera toujours l’or olympique. Déjà privé du voyage à Atlanta en 1996 à cause de tracas administratifs causés par un Kenya aigri de voir briller l’un des siens sous d’autres couleurs, il ne pourra obtenir qu’une rageante deuxième place au stade olympique de Sydney.

Dans un 800m ultra-tactique, le plus lent depuis les JO de 1980, Kipketer, grand favori de l’épreuve, ne peut empêcher l’Allemand Nils Schumann, champion d’Europe de la spécialité, de le devancer de six dixièmes de seconde sur la ligne.

La suite le verra conquérir le titre de champion d’Europe du 800m en 2002, à Munich. Et, une nouvelle fois, échouer dans sa conquête olympique, à Athènes en 2004. Sa décision est prise : “Après le bronze à Athènes, il fallait bien que je me rende à l’évidence. Mon but d’être champion olympique ne sera jamais réalisé. J’ai fait mon temps, il est inutile que je me batte jusqu’aux JO de Pékin en 2008.”

L’heure est maintenant à la reconversion, proche des pistes, sur lesquelles il a connu tant d’émotions : “Courir un 800m, la sensation de contrôler la course, le sentiment de la dominer, l’atmosphère d’un stade, oui tout cela va me manquer”, déclare-t-il. Comme il va manquer à l’athlétisme.

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