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“Être sollicité continuellement est une fierté”
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“Être sollicité continuellement est une fierté”
● <B>Président de la FINA , de la CANA, de l’Union des Confédérations sportives africaines, membre du Comité international olympique… S’il faut tout citer, il n’y aurait pas assez de place pour l’interview. Votre carte de visite est impressionnante M. Larfaoui…</B>
– C’est peu après l’indépendance de l’Algérie que j’ai entrepris de devenir dirigeant sportif et d’y consacrer toute mon énergie. J’ai commencé avec la fondation, en octobre 1962, de la Fédération algérienne de natation. Ensuite, il y a eu la création de l’Union maghrébine avec l’Algérie, la Tunisie, le Maroc et la Libye. Nous nous sommes dit, par la suite, qu’il fallait faire quelque chose au niveau continental et nous avons fondé la Confédération africaine de natation amateur (CANA) en 1970 avec sept pays et j’étais le premier vice-président.
J’ai accédé à la présidence en 1974 et c’est alors que nous avons envisagé de rejoindre la FINA. Nous avons alors fait un lobbying pour que l’Afrique du Sud se retire de la FINA à cause de l’apartheid à l’époque. C’est en 1972 que j’ai été élu membre, je suis devenu vice-président en 1976 et président en 1988. Depuis, j’ai été réconduit à la présidence, dont la dernière fois le mois dernier à Montréal.
● <B>Vous êtes le premier Africain à accéder à la présidence d’une instance sportive internationale. Était-ce facile ?</B>
– C’est toute une succession d’événements. J’ai obtenu la sympathie des autres continents lorsque la CANA a mené une lutte pour évincer l’Afrique du Sud de la FINA. La CANA parvenait, dès 1984, à faire accepter toutes ses propositions au niveau de la FINA. C’est après le décès de l’Américain Bob Helmick en 1986 que j’ai posé ma candidature à la présidence en 1988. J’avais battu l’autre candidat par 130 voix contre 30. C’était un succès pour l’Afrique. ● <B>Le fait d’avoir le président de la CANA à la tête de la FINA est une des raisons du progrès accompli par la natation africaine dernièrement avec la montée en puissance de l’Afrique du Sud, du Zimbabwe et de la Tunisie…</B>
– Disons plutôt que ma présence à la FINA a aidé à développer la natation en Afrique. Mais lorsqu’on assume un tel poste, on se doit de penser au développement de la natation à l’échelle planétaire, pas seulement africaine. J’ai tout le temps agi pour le progrès de la natation et le fait d’être sollicité continuellement pour assumer la présidence de la FINA est une fierté pour moi.
● <B>Entre la natation en Afrique, puis dans le monde entier, vos multiples fonctions au sein du Comité international olympique et j’en passe, où trouvez-vous le temps et la force, à 72 ans, de faire toutes ces choses à la fois ?</B>
– Le tout est de pouvoir bien s’organiser et de faire les choses avec conviction. Tant que j’ai la force et l’envie de le faire, je suis heureux.
● <B>Qu’est-ce qui peut pousser un homme à abandonner son poste de directeur départemental de la santé à Alger pour le monde sportif ?</B>
– Mon amour pour le sport. Heureusement que les ministères de la Santé et du Sport en Algérie m’ont libéré et m’ont permis de faire ce que j’aime le mieux.
● <B>Joueur de water polo et de basket à l’époque, qu’est-ce qui vous a motivé pour aller vers la natation ?</B>
– C’est un hobby. J’ai fait mon apprentissage sportif en France au sein du club Mouloudia. Là j’ai appris le fair play. Jeunes Algériens, des fois nous étions révoltés par des décisions des arbitres à notre égard. Les dirigeants nous ont inculqué l’esprit sportif en nous disant : “l’arbitre a toujours raison”, même si ce n’était pas toujours vrai.
● <B>Comment voyez-vous l’avenir de la natation en Afrique ? Y a-t-il d’autres pays capables d’émerger comme l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et la Tunisie ?</B>
– Oui, l’Algérie a montré le bout du nez lors des derniers Mondiaux en prenant la 4e place dans une finale du 50m libre. Il y a beaucoup de potentiel en Afrique, mais il y a un problème technique. La solution est de faire appel à des compétences techniques des écoles extérieures. Il faut donner l’occasion à nos nageurs de se perfectionner à l’extérieur. Avec le travail, le résultat viendra de lui-même.
<I>Propos recueillis par </I>
<B>Jean-Hugues OLIVIER</B>
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