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La voix du peuple ne peut se faire entendre sur tout
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La voix du peuple ne peut se faire entendre sur tout
?The people first?. Pour prouver que ce slogan est fondé, Navin Ramgoolam réitère son ambition à propos du projet de réforme électorale : le peuple décidera du système électoral par voix référendaire. Même si le leader de l?opposition, Paul Bérenger, ne semble pas être d?accord avec cette formule, il a dit au Parlement qu?il veut bien ?discuter. Car il vous faudra les votes de l?opposition pour changer la loi en ce qui concerne la réforme électorale.?
Navin Ramgoolam prend l?exemple du précédent gouvernement ?qui a tellement cherché à trouver un consensus que rien n?a été fait.? Il estime que le rapport du juge Albie Sachs apporte déjà des solutions. Il suffit de proposer les différentes options au peuple pour qu?il décide. Pour ce faire, Navin Ramgoolam, qui l?a affirmé dans son manifeste électoral, organisera un référendum. Seul hic, le principe de référendum, même s?il existe dans la Constitution, ne permet pas au gouvernement de consulter le peuple à chaque fois qu?il en a envie.
C?est l?article 47 (3) de la Constitution qui fait mention du référendum. Cette consultation peut se tenir si un gouvernement veut amender l?article un de la Constitution, qui définit Maurice et affirme que la Constitution est la loi suprême du pays, ou l?article 57 (2), qui concerne la tenue des élections générales chaque cinq ans. Pour élargir les attributions d?un référendum, le gouvernement a donc besoin d?une majorité de 3/4, qu?il ne détient pas. Rien ne l?empêche cependant de proposer un amendement à la Constitution pour permettre l?inclusion du principe de référendum.
S?il n?arrive pas à obtenir la majorité voulue, il peut sonder la population sur la question. Reste qu?un sondage n?a pas de légitimité. On pourrait toujours accuser le pouvoir d?avoir manipulé l?opinion publique.
L?opposition ? surtout le MMM ? n?est pas contre le principe de réforme électorale. Elle a elle-même commandé le rapport Sachs et, par la suite, mis sur pied le comité Collendavelloo.
Il y a donc consensus sur la nécessité de réformer un système né à une période où il était important que les différentes communautés soient adéquatement représentées. C?était une nécessité avant 1982, à en croire la commission Collendavelloo.
Corriger les lacunes du système
Depuis, les Mauriciens votent pour un parti. En 1982, le score est de 60-0, une éventualité que n?avait pas prévue le système First Past The Post. Tous les partis politiques ont été victimes de ce système. Les résultats des élections de 1991 le démontrent clairement. L?alliance MSM-MMM obtient 55,36 % des votes, le PTr-PMSD obtient 39,3 %.
Au Parlement, la voix du peuple est ainsi représentée : 57 sièges pour le MSM-MMM et trois sièges pour le PTr. Quatre ans plus tard, en 1995, il y a encore un 60-0. Le MSM-RMM, qui obtient 20 % des suffrages, n?a aucun siège au Parlement, même pas un best loser. Le Parti Gaëtan Duval, par contre, qui fait un score de 6 %, a un représentant repêché par le best loser system. Le Hizbullah, avec 2 % des suffrages, obtient lui aussi un siège de best loser.
L?iniquité flagrante du système interpelle. Il est surtout dommage que les partis politiques aient tendance à être pour la réforme quand ils sont dans l?opposition et contre quand ils sont au pouvoir. Car la plus grande faiblesse du First Past the Post est la sous-représentativité des partis de l?opposition. L?ironie est que si le précédent gouvernement avait accepté la proportionnelle, Pravind Jugnauth serait aujourd?hui au Parlement?
Pour corriger les lacunes du ce système, Albie Sachs propose en effet la représentativité proportionnelle. Le nombre de députés devra passer de 70 à 100. Le principe de trois élus par circonscription ne change pas, mais les électeurs ont deux ballot papers. Le premier est identique à celui que nous avons actuellement. Le second est la party list. Chaque parti soumet une liste de 30 candidats à la commission électorale (les noms des candidats dans les circonscriptions ne peuvent pas être inscrits sur la party list, à l?exception des leaders). L?électeur, après avoir voté pour trois candidats, vote pour un parti, après avoir consulté, s?il le désire, la liste du parti. Les 30 députés additionnels seront tirés de cette liste et assureront la représentativité les partis.
?Nous leur proposerons quelques options et ils pourront choisir?, a affirmé le Premier ministre. Reste la question de savoir si le peuple pourra comprendre les ambiguïtés d?un système électoral. Mais nous n?y sommes pas encore?
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