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Le risque de représailles légales joue en faveur de Jyoti Jeetun

5 août 2005, 20:00

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Jyoti Jeetun, chief executive (CE) du Sugar Investment Trust (SIT) est au c?ur d?un sérieux problème politique, après une tentative du gouvernement de la limoger.

Le conseil d?administration de cette compagnie a agi contre la volonté du gouvernement, refusant de débattre d?une motion qui réclamait la révocation de Jyoti Jeetun. C?était lors d?une réunion, mardi. La proposition était inscrite au nom de Krishnawtee Beegun, chef du cabinet au ministère de l?Agro-industrie, qui assume aussi la suppléance à la présidence de cet organisme. «Nous ne sommes pas contre le gouvernement. Il a créé le SIT, et il est libre de changer la direction comme il l?entend. Toutefois, nous ne pouvions pas soutenir la motion car nous n?avions pas suffisamment d?information sur laquelle nous aurions pu agir. Le ministère n?a pas motivé son souhait de faire partir la CE. Les directeurs se seraient exposés à des actions légales s?ils avaient voté en faveur de la motion», affirme un membre du conseil et qui a voulu garder l?anonymat.

Les membres avaient en effet sollicité un avis légal. Celui de l?avocat Clarel Benoît les a prévenu contre des poursuites éventuelles au civil, intentées soit par Jyoti Jeetun elle-même, soit par des actionnaires. Le risque de poursuite pour cause de «renvoi injustifié» était trop grand.

Cet avis, ainsi que le manque d?information sur les fautes imputées par les dirigeants politiques à la CE du SIT, ont fait pencher la balance en faveur du statu quo à la direction du SIT.

Le conseil d?administration du SIT comprend neuf membres, dont trois nommés par le gouvernement. Les six autres (trois représentants de planteurs et trois représentants des employés des sociétés usinières) sont élus par les actionnaires. Le président est normalement choisi parmi les nominés du gouvernement.

Actuellement, l?entente entre le gouvernement et la compagnie est sérieusement ébréchée. Viren Ramchurn, ancien président du conseil d?administration, soutient que «le SIT a (...) besoin du gouvernement pour mener à bien ses projets. Le cas échéant, il lui sera très difficile d?opérer. Il est dans l?intérêt des actionnaires que cesse ce bras de fer».

Le SIT a été un outil de première importance dans la démocratisation de l?économie pour les régimes précédents. Rien n?indique qu?il n?en sera pas de même avec le gouvernement actuel. La compagnie compte quelque 35 000 actionnaires dont des gros et petits planteurs et des employés de l?industrie sucrière. Ses actifs s?élèvent à plus de Rs 2 milliards.

Le SIT a de gros projets de développement. Parmi eux, la construction d?un centre nautique à Belle-Mare, à proximité du Waterpark dont le SIT est propriétaire.

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