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?Le dernier train? de Tristan Bréville
Nous sommes tombés sur un jour de point final. Celui que Tristan Bréville mettait à son dernier ouvrage. C?était mardi. Tour de roue supplémentaire pour que Le dernier train, romanquête ? néologisme né du mariage arrangé entre le roman et l?enquête ? entre en gare.
Locomotive de l?intrigue : ?une simple histoire d?amour et de train? dans un train?, nous dit l?auteur. ?Pas n?importe quel train. Le dernier. Un train d?enfer. Celui du samedi 31 mars 1956, quittant la gare de Port-Louis pour Curepipe, affublé d?un ?châle? sur lequel est inscrit : The Last Passenger Train.
Des arrêts à toutes les stations du sentiment. Revisiter l?histoire du chemin de fer à Maurice à toute vapeur. Croiser une joyeuse foule de voyageurs ? témoins d?un temps passé qui ne reviendra plus. Autant de bonnes raisons d?acheter son billet pour Le dernier train.
La formule est, pour le moins, inhabituelle. Pour s?acquitter des honoraires de l?imprimeur chargé de mettre Le dernier train sous presse, Tristan Bréville a choisi de lancer une souscription volontaire à Rs 700. Volonté de susciter le mécénat des entreprises et des particuliers pour que vive cette parcelle de patrimoine que Tristan Bréville a mis une vingtaine d?années à assembler. La sortie de l?ouvrage, initialement prévue pour le 3 juillet, a été reportée pour des raisons financières.
En sus de son imagination, l?auteur a également fait appel aux souvenirs de nombreux privilégiés. ?J?ai appelé 1 600 personnes pour recueillir des témoignages ayant trait au chemin de fer.? Travail de longue haleine pour que ?tous les noms cités dans le livre soient authentiques?. Des pans entiers d?histoire orale illustrés avec une centaine de photos, pour la plupart inédites. Ce roman-vérité fait suite à L?aviation mauricienne, précédent ouvrage de Tristan Bréville.
Oublié un moment, le bruit de la ville nous rattrape. C?est la foreuse qui creuse les fondations du Hawkers? Palace, juste à côté des vieux murs du musée de la photographie. Ce bâtiment de 16 étages a failli faire de l?ombre au musée de la photo. C?était en tout cas la crainte de Tristan Bréville. ?On croyait que le musée allait être démoli. L?architecte Gaëtan Siew, consultant sur le projet m?a assuré du contraire.?
Fort de cette garantie, il n?a de cesse d?augmenter les acquisitions du musée. Dernières en date : ?50 000 documents ont été reçus en 70 jours, notamment des négatifs, des tirages, des plaques sur verre, du papier salé montrant Maurice des années 20 et des années 50.? Tristan Bréville est aussi l?heureux propriétaire d?une collection de 300 cartes postales, venue enrichir un fonds de 12 000 pièces. ?Côté film, on a découvert un film amateur de 8 millimètres en couleur d?une durée de 22 minutes.?
Autant de trésors que Tristan Bréville souhaite ?à terme donner à l?état, à condition que toutes les conditions soient réunies pour assurer la pérennité du musée.? Ce sera alors temps pour le ?photographe qui veut préserver le travail des autres photographes?, d?en finir avec ses décennies de bras de fer avec la municipalité de Port-Louis. ?En 1996, un comité de préservation avait été mis sur pied à la mairie. Mais à chaque fois que l?accord allait être signé, quelque chose venait le contrarier. On a perdu trop de temps dans des réunions et des cocktails.?
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