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La réflexion sur le prochain Premier ministrable MSM-MMM entamée
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La réflexion sur le prochain Premier ministrable MSM-MMM entamée
Paul Bérenger prédit des élections générales ?bien avant 2010?. La manière ?fezer, dominer ek kaprisie? du nouveau pouvoir fait que le sujet des prochaines élections générales doit déjà être abordé, fait comprendre le leader du Mouvement militant mauricien (MMM).
La préparation doit donc commencer. Une déclaration faite par Paul Bérenger ouvre les perspectives pour une nouvelle stratégie. ?Il faut commencer à réfléchir sur quelle configuration politique adopter et qui présenter comme prochain Premier ministre.? Tire-t-il les leçons du passé ? Cette petite phrase prononcée lors de l?assemblée des délégués au Plaza, à Rose-Hill, hier, laisse en tout cas sous-entendre qu?une autre personne que lui pourrait bien être présentée comme aspirant Premier ministre de l?alliance MSM-MMM.
Mais, pour l?instant, le tandem n?est pas remis en question. ?Nous irons ensemble aux élections municipales. Nous avons déjà commencé à travailler sur la liste des candidats?, annonce Paul Bérenger.
Le leader MMM a également mis fin aux ?palabres? qui circulaient depuis avant les élections générales. ?Il n?y a pas de rapprochement entre le MMM et le Parti travailliste. Manyer li behav pa pou ena.? Les quelque 800 délégués présents jubilent. Le doute n?est donc plus permis.
Une autre question d?actualité pour le MMM, les élections pour le renouvellement des instances du parti. S?il n?y a pas les municipales avant la fin de l?année, le MMM compte remettre à neuf ses structures avant 2006. Dans le cas contraire, la restructuration sera pour après les municipales.
La défaite renforce
Déjà, Paul Bérenger donne son mot d?ordre. Les militants sont appelés à garder les noms de Steven Obeegadoo, Deven Nagalingum et Leela Devi Aleear en tête au moment du vote à bulletin secret. Les trois candidats malheureux des dernières élections étaient d?ailleurs parmi les 11 orateurs, hier.
A écouter le discours du leader du MMM, le temps de grâce accordé au gouvernement tire à sa fin. Il avertit le Premier ministre, Navin Ramgoolam. ?Pa fer fezer, pa blie ki tonn eli par enn minorite elektoral. Fer tension ek to 49 %?, brandit Paul Bérenger sous les applaudissements de l?assistance. Citant Winston Churchill, il déclare que ?one week is a long time in politics?. En boutade, le leader MMM dit que Navin Ramgoolam ?pe boude e pe kime? depuis les élections. ?Li fer per ti zenfan.?
Une chose est cependant sûre, le bras de fer entre le Premier ministre et la présidence déplaît fortement à Paul Bérenger. ?Au lieu de faire son travail, Ramgoolam passe son temps à faire la guerre au président de la République.? Se faisant l?avocat de Sir Anerood Jugnauth, le patron du MMM ajoute que Navin Ramgoolam n?a aucun mandat du peuple pour déboulonner le président. ?S?il avait annoncé avant les élections qu?il allait agir de la sorte, le résultat des urnes aurait peut-être été différent.? Il lance un nouvel avertissement. ?Mo espere Ramgoolam tann moi byen, meskineri pou bisin termine.?
L?issue des élections est également abordée par les orateurs. Paul Bérenger trouve quatre raisons pour justifier la défaite. La campagne communale ?dans une partie de l?électorat?, le ?glissement? d?une autre partie, la ?mémoire courte? et ?l?envie de rêver? de certains ainsi que des ?erreurs d?organisation?. A l?avenir, les actions doivent être ?plus ciblées?.
Alan Ganoo, leader-adjoint du MMM, reconnaît qu?une meilleure communication aurait pu influer sur le score. ?Il y a un travail en profondeur qui doit être fait?, dit-il, tout en se demandant s?il ne faudrait pas élaborer une nouvelle stratégie.
Jayen Cuttaree, autre leader-adjoint, abonde dans le même sens. ?Nou inn fer kampagn lor la reson, ladverser inn fer kampagn lor lemosyon en faisant appel aux instincts les plus bas. Me, ek tou so demagozi ek so promes, gouvernma bisin deliver. Nou pou dekouver laverite rapidement.?
Deven Nagalingum, très applaudi tout comme Steven Obeegadoo, est venu mettre du baume au coeur des militants. La défaite, estime-t-il, ne peut que renforcer son parti.
La défaite d?Obeegadoo à La Caverne-Phoenix semble digérée. ?Ce n?est pas la première fois ki nou inn tombé et pa la premyer fois ki nou pou releve. Cette défaite est le départ vers la victoire.? L?avenir du pays, c?est le MMM, ajoute Steven Obeegadoo. ?Nou pa finn fer politik pou vinn politicien ou depite, me nou bann militan pou lavi entie?, lance-t-il avant de terminer par un cinglant ?la lutte continue?. Les militants relèvent la tête.
Le c?ur gros reprend vie
Le leader l?a reconnu : ?C?est vrai. Une petite déception est dans l?air.? Avec de l?amertume au c?ur, les militants reviennent sur les récentes élections générales. Ils s?alanguissent. Deux heures plus tard, une marée revigorée descend les marches du Plaza. Paul Bérenger a parlé. Ils sont prêts à exécuter.
Entre deux percées d?un timide soleil, la fine pluie accueille les centaines de délégués à cette assemblée du MMM, la première après la défaite du 3 juillet. Une poignée préfère s?octroyer les meilleures places à l?intérieur. La grande majorité, en petits groupes, certains entourant les députés et autres figures de proue du parti, discute du verdict des urnes.
L?avant-bras sur la balustrade, tempes grisonnantes, J.D. n?en revient pas. Dans sa circonscription, le n° 2 (Port-Louis-Sud-Port-Louis-Centre), depuis les législatives de 1976, le MMM a toujours été omniprésent, les 3-0 s?enchaînant. Or, après le 2-1 en 2000, l?électorat a voté un 3-0 contraire, en défaveur du parti. ?Auparavant, les députés étaient en contact avec leurs bases. Dans ces élections, des candidats ne savaient pas grand-chose de la région. De fait, ils n?ont pas bien travaillé le terrain?.
Plus loin, deux militants du n° 20 (Beau-Bassin-Petite-Rivière), M.B. et S.C., partagent ce même sentiment de déception. Mais ils apportent une analyse différente. Tout s?est résumé à un slogan. Les ?100 jours pour changer votre vie? a fait tilt. ?Le message de l?alliance MSM-MMM est passé, sans pour autant avoir plus d?impact que le slogan rouge?, résume S.C.
10 h 15. L?équipe dirigeante est presque au complet. La berline noire de Paul Bérenger s?arrête au bas des marches. La foule se fend pour qu?il gagne l?estrade, sous les acclamations. Des députés et membres délaissent leurs mandants pour prendre place sous une bannière mauve au c?ur blanc.
Les absents ont pour nom Ivan Collendavelloo, le secrétaire général en voyage, Sushil Khushiram (souffrant) et Sangeet Fowdar (à l?étranger), entre autres. Kadress Pillay, nouveau membre au n° 18 (Belle-Rose-Quatre-Bornes), en tenue décontractée, est sollicité de part et d?autre.
Alors que les discours tonnent dans la salle des fêtes, un groupe de quatre vieux militants tient son bouc-émissaire : l?allié MSM. Les critiques ne tarissent pas. A tour de rôle, ils s?interrogent sur la nécessité d?avoir inclus des candidats MSM dans des circonscriptions à forte tendance mauve. ?Qu?est-ce que le MSM a apporté en nombre de députés ?? s?indigne l?un. L?autre renchérit : ?Si Sir Anerood Jugnauth était là, le MSM-MMM serait encore au pouvoir.?
Toutes ces remontrances et frustrations, disparaissent cependant au fil des discours. Rajesh Bhagwan, imposant par le physique et la voix, donne le ton : ?Le militant est une race spéciale. (?) Notre force est la capacité d?occuper le terrain.? Précédant le leader, Steven Obeegadoo rappelle les faits : ?Nous avons passé 26 ans dans l?opposition et dix ans au pouvoir.?
L?assistance est chauffée à bloc. L?heure d?écouter le message du leader est arrivée. On s?empresse d?engloutir les dholl-puris, éteindre sa cigarette et mettre fin aux débats en parallèle pour reprendre sa place dans la salle ou trouver un coin à l?entrée. Les propos de Paul Bérenger sont directs et percutants. Et les qualificatifs sur la mine du Premier ministre, Navin Ramgoolam, ainsi que le ministre de l?Environnement Anil Bachoo, entraînent le fou rire dans l?assistance.
A la sortie, la pluie tombe toujours, plus forte. Mais la grise mine matinale n?y est plus. Revigorés, les délégués se donnent rendez-vous pour les réunions régionales. Sundy A., venant de la circonscription n° 8 (Quartier-Militaire-Moka), est de ceux qui n?ont jamais perdu espoir : ?On se refait une santé??
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