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Le chemin de la Liberty

31 juillet 2005, 00:00

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Ça y est. Il a choisi. Courtisé par les Français du Crédit Agricole et d?AG2R et, un temps, par Discovery Channel, Alexandre Vinokourov a finalement mis le cap sur l?Espagne et Liberty Seguros. Le Kazakh a expliqué les raisons de cette décision dans le quotidien L?Équipe publié mardi, arguant qu?il aurait la garantie de Manolo Saiz d?avoir une équipe entièrement dédiée vers le général.

Car après avoir goûté au podium il y a deux ans (3e) et terminé cette année à la 5e place, le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège envisage tout simplement de prendre la succession de Lance Armstrong.

« Je veux gagner le Tour de France dans les deux ans qui viennent. Liberty Seguros est l'équipe qui possédait le plus d'arguments. Elle est la plus organisée et la plus expérimentée. Mon coeur penchait pour le groupe de Vincent Lavenu mais ce qu'il me proposait comme assurance pour le Tour n'était pas suffisant. Avec Manolo Saiz, j'ai l'assurance d'être totalement libre pour tout axer sur le Tour de France. Je serai le leader unique au mois de juillet. »

«Vino » a donc privilégié l?aspect sportif aux sentiments. C?est pour cette raison qu?il a refusé la proposition de Roger Legeay de rejoindre le Crédit Agricole et son ami Andrey Kashechkin. Courant deux lièvres à la fois, le Maillot Jaune et le Maillot Vert pour Thor Hushovd, la formation française ne semblait pas suffisamment armée aux yeux du coureur de la T-Mobile pour assumer ses ambitions.

Même constat pour AG2R et Vincent Lavenu, qui malgré son relativement bon Tour de France et la possible intégration dans le circuit Pro Tour après la disparition de Fassa Bortolo, n?apportait pas les garanties nécessaires pour une victoire en jaune sur les Champs.

Toutefois, Alexandre Vinokourov ne devrait pas partir seul chez Liberty Seguros puisqu?il devrait embarquer dans ses valises ses deux compatriotes Andrey Kashechkin justement et Sergeï Yakovlev, qui partageait sa chambre chez T-Mobile cette saison.

En revanche, quid de Roberto Heras et Joseba Beloki ? Le premier nommé, annoncé comme un prétendant au podium et qui avait axé toute sa préparation sur le Tour, a encore une fois déçu, pointant à la 44e place finale, à plus de 1h38 (!) d?Armstrong.

<B>Vinokourov face à Ullrich</B>

L?Espagnol acceptera-t-il de se muer à nouveau en simple gregario au service de Vinokourov, comme au temps de l?US Postal ? Quant au second, après une Grande Boucle transparente, il est toujours à la recherche de son glorieux passé avant sa chute de 2003. Mais à 31 ans, le temps presse.

En tout cas, l?arrivée du champion du Kazakhstan chez Liberty pourrait enfin permettre à Manolo Saiz de voir ses rêves de succès dans le Tour de France se concrétiser, lui qui a toujours échoué malgré les Jalabert, Zülle, Olano, Beloki et Heras.

Car le vice-champion olympique de Sydney a prouvé avec son panache et sa fougue qu?il avait l?étoffe d?un Maillot Jaune. Insatiable attaquant tout-terrain, aussi bien dans le Col de la Madeleine que sur les Champs-Elysées, Vinokourov a également démontré de gros progrès dans les exercices chronométrés (deux troisièmes places) au détriment peut-être d?une plus grande résistance en haute montagne.

Mais enfin débarrassé de la mainmise d?Armstrong et de Discovery Channel et surtout du poids encombrant du duo allemand Ullrich-Klöden, au sens tactique « étonnant », le Kazakh pourrait bien mettre la pagaille en juillet prochain sur les routes de France, fidèle à sa philosophie : « Ce n'est pas en restant dans les roues que l'on peut gagner un Tour de France. »

Christophe Moreau aimerait bien lui aussi avoir son mot à dire mais la seule chose qui est sûre pour le moment, c?est que le Belfortain ne courra plus pour le Crédit Agricole. Courroucé d?avoir appris dans la presse que Roger Legeay ne comptait plus sur lui à l?issue de la saison, le meilleur Français du Tour (11e) avait exprimé son incompréhension et sa colère lors d?une dernière semaine de course tendue.

Âgé de 34 ans, Christophe Moreau pourrait lui aussi voir son avenir se dessiner finalement en Espagne et plus particulièrement du côté des Iles Baléares. La période des transferts et des chaises musicales est plus que jamais ouverte.

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