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Le perfectionniste
Connaissez-vous la blague sur Toto qui apprend à faire du vélo ? Toto fait un tour de square et, passant devant sa mère : « Regarde maman, sans les pieds. » Il refait un tour de square et dit : « Regarde maman, sans les mains. » Troisième tour de square et Toto repasse en s?exclamant : « Regarde maman... Fan les dents ! » Elle est bonne celle-là !
Depuis, ses dents ont repoussé et le vélo est devenu son truc. À la différence près que ce n?est pas le même Toto.
Plus sérieusement, là on parle de Thomas Desvaux que tout le monde appelle affectueusement Toto.
Gros bosseur, il se shoote au sport. Matin, midi et soir, c?est sa fréquence quotidienne.
À 5 heures, il est sur son vélo. À 8 heures, il enchaîne avec le boulot. Il est Sports Coordinator à l?hôtel Telfair où il parcourt la moindre aire de jeux. L?après-midi, le vélo reprend ses droits. Thomas ne néglige aucun détail, il est méticuleux et s?impose une vie de pro. Un perfectionniste en somme.
<B>Pas de place pour la paresse</B>
Avant d?atterrir dans le giron du cyclisme, Thomas Desvaux, bientôt 27 ans, pratiquait le triathlon. Durant ses études à Cape Town en Afrique du Sud, il avait pris goût au kick-boxing mais n?avait jamais négligé la course à pied. Toto garde sa ligne et sa forme. Bref du sport, du sport et rien que du sport. Et toujours à fond. Il n?a pas l?air de faire les choses à moitié.
C?est à se demander pourquoi il s?inflige autant de souffrance. « Je pense que c?est pour une satisfaction personnelle. Je ne connais pas encore mes limites et en même temps je me fais plaisir. C?est ma plus grande passion », avoue-t-il.
À la fin de ses études en Afrique du Sud, il devient Personal fitness trainer et sport conditioning trainer. « Ça m?a énormément aidé sur le plan psychologique et physique. À présent, je suis plus conscient des choses. Mais il y a encore à apprendre. Je suis plus professionnel maintenant », lance le coureur de la HSBC-CCT.
Au rythme où il vit, c?est presque une vie de pro. Pour arriver à tenir ce tempo, Thomas ne se permet pas d?excès. « Je sors très rarement pour boire un jus de tomate avec les copains. »
Toto est un couche-tôt et forcément un lève-tôt avec ce train de vie. Pas de place pour l?amateurisme et la paresse. Pour arriver à ce résultat, il avoue que la contribution de deux personnes est inestimable.
« Ma copine Kim et mon frère Julien m?aident énormément. Kim me soutient beaucoup. Elle arrive à me comprendre et accepte ma passion. Je sais que je peux compter sur elle. Mon frère Julien est également là pour moi. Par exemple, lors du contre-la-montre de la Dry Cleaning Cup, il est venu me prendre à l?hôtel avec mon vélo qu?il a déjà monté. Je gagne le CLM et il me ramène à l?hôtel pour que je continue à bosser. C?était dans ma pause déjeuner. En fait, je ne suis que le jockey. Ils font le plus gros boulot », estime-t-il modestement.
Ce matin, il s?aligne dans les 173 km Sunquick. Une course longue et difficile comme il l?aime. « Ce sera à l?usure. Je me sens bien. Je dois gagner encore une course au moins », affirme Toto.
Depuis ses débuts en 2001 avec Colin Mayer qui lui a pratiquement mis sur un vélo, Toto a bien roulé sa bosse. « Je me suis découvert une passion avec le vélo. Neuf mois après mes débuts, je gagnais les Championnats de Maurice. Mais j?ai dû couper quand j?étais en Afrique du Sud en 2003 et 2004. Puis ça recommence avant que je retourne définitivement quand un centre de fitness s?ouvre à côté de chez moi à Cape Town. Là je découvre le spinning. C?est un vélo statique sur laquelle on peut avoir une position aérodynamique. Et ça repart », raconte Thomas.
<B>Il emprunte un vélo </B>
Peu après, il rentre à Maurice. « Il y avait Anou pédaler. Je trouve un vélo en emprunt et je finis troisième chez les Mauriciens. Faute de vélo, j?ai dû me contenter de mon VTT jusqu?à ce que l?avant-veille de la première course de la présente saison, j?ai eu ma bicyclette. Je rate la première course et je gagne le Circuit du Nord », poursuit-il.
En mai, Thomas marquera les esprits lors de la HSBC Maiden Race. Au pied de Bassin-Blanc et dans le dernier groupe de coureurs, Thomas Desvaux sonna la charge pour reprendre les leaders, Cédric Passée, Hugo Caëtan et Stéphano Ollivier qui étaient à plus de trois minutes. Philippe Colin, porteur du maillot blanc de leader au général, avait cinq secondes d?avance. Il prit sa roue. Mais sauta après.
Au fil de la montée, Toto lâcha un à un ses poursuivants avant de reprendre les fuyards au sommet de Bassin-Blanc. À La Brasserie, il planta une banderille et quitta ses compagnons. À l?arrivée, Thomas Desvaux mit plus de six minutes entre le leader et lui et remporte la HSBC Maiden Race. Une démonstration de force à la hauteur de son travail.
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