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Star wars
George Lucas a réalisé avec La Revanche des Siths, la pièce parfaite. Celle qui manquait au puzzle galactique commencé il y a trente ans. Déjà.
Aller voir ce dernier épisode, c’est flotter sur un petit nuage et ressentir une palette d’émotions, avant, pendant et après le film, être déchiré entre deux sentiments d’égale force, si l’on peut s’exprimer ainsi.
La tension comme la joie, la folie, la peur, sont difficiles à réellement identifier au soir de la première du film, organisée par la HSBC au cinéma Star. Même un Jedi ne s’y retrouverait pas, au milieu de tout ce public.
L’ambiance, avant même le début du film est déjà formidable, déjà une aventure. Alors que tout le monde fait la queue, le public apprécie beaucoup d’entendre la magnifique musique du film, signée John Williams. Prêt à l’embarquement.
Les premières secondes du film donnent le ton que prendra cet ultime épisode de la Guerre des Etoiles.
Deux vaisseaux lancés à pleine vitesse, apparemment au-dessus d’un immense vaisseau. Cela va vite, c'est’est plutôt sombre. On ne sait pas réellement ce qui se passe. On ne voit rien venir, quand soudain, une explosion. C’est le calme plat avant la tempête.
Le film démarre très fort grâce à une succession d’images et de scènes d’une grande intensité, tantôt technique, tantôt dramatique. On se régale de retrouver le panache qui avait fait le succès et créer le culte de la première trilogie. On est à des années lumières des deux premiers épisodes, amusants, intéressants mais manquant de charisme.
Beaucoup plus d’action (merci Général Grievious), beaucoup plus d’humour (R2D2), et des personnages bien mieux maîtrisés qui n’hésitent plus à se dévoiler (Palpatine).
En ces quelques minutes, Lucas annonce qu’il répondra aux attentes des fans. Il ira même au-delà.La chute d’un héros n’est jamais belle à voir, mais dans la Revanche des Siths, c’est une réussite et un plaisir.
Tout au long du film, on est submergé par une foule d’émotions et par la montée en puissance d’un drame que l’on sait venir.
On regrettera bien quelques longueurs, un manque de mordant dans certains dialogues, des invraisemblances, un côté kitsch qui peut faire défaut à l’action. Mais sans le vouloir, on est séduit par le côté obscur de la Force.
L’empire galactique passe à l’attaque pour deux heures vingt de frissons merveilleux : les rencontres entre Anakin et Palpatine, l’Ordre 66, Yoda ressentant la souffrance des Jedis, les padawans cachés dans le temple Jedi.
Que de grands moments ! Particulièrement pour les inconditionnels de la Saga, qui retrouvent dans l’épisode III, une foule de références à la première trilogie.
Enfin, Dark Vador. Le retour. Et enfin les réponses à toutes les questions. Comment ce beau garçon promis au plus bel avenir va-t-il se transformer en une machine maléfique ? Pourquoi ce masque, pourquoi ce souffle qui a fait trembler plusieurs générations ? C’est tout simplement terrible et magnifique. C’est La Guerre des Etoiles.
PORTRAIT
Hayden, le regard qui tue
En devenant Anakin Skywalker dans l’Attaque des Clones, le jeune acteur canadien Hayden Christensen a déjoué tous les pronostics. Avaient été annoncés Leonardo Di Caprio puis Ryan Philippe, ou encore Christian Bale, qui finira en Batman.
Mais ce bel inconnu qui a remporté le jackpot pour devenir le torturé héros de la prélogie Star Wars.
Comme en 1977, avec Mark Hammil (Luke Skywalker) et Carrie Fisher (la Princesse Leia Organa), alors totalement inconnus, George Lucas a voulu donner au personnage une identité propre en prenant un outsider.
Il aurait peut-être été difficile en effet de se rappeler, en voyant le futur Dark Vador, que, sur une autre planète, en d’autres temps, le héros coulait à pic avec un gros bateau.
C’est donc ce jeune canadien d’origine danoise, suédoise et italienne. Mais si séduisant que ce soit ce beau blond aux yeux bleus, il reste toujours un inconnu sans grande expérience qui devra porter à lui seul le poids de la supermachine Lucas. La pression est énorme et Hayden Christensen était attendu au tournant.
Résultat des courses, de nombreuses critiques sur son interprétation dans l’épisode II et une nomination aux Razzie Awards, qui décerne des prix aux pires acteurs chaque année.
Toutefois, malgré un corps un peu maigrichon et une coupe de cheveu de padawan, quelque chose dans le regard du jeune homme avait ce je ne sais quoi d’inquiétant, qui pouvait troubler les spectateurs.
La tête blonde avait ce qu’il fallait d’arrogance et d’angoisses pour cerner le personnage, même s’il ne réussissait pas toujours à faire la part des choses entre le côté clair et obscur de la Force. Difficile à jouer autant qu’à regarder.
Inexpérimenté, Hayden jouait ici dans son premier long métrage d’importance mondiale (pour ne pas dire galactique).
Jusqu’ici, il n’avait figuré qu’au générique de plusieurs séries, tournées pendant l’adolescence et n’avait jamais eu que de petits rôles dans des longs métrages (à noter Virgin Suicides, le premier chef-d’œuvre de Sofia Coppola).
Hayden Christensen s'essaye entre deux Star Wars, à des productions plus modestes, dans des rôles toujours sombres.
Après l’Episode II, il tournera dans La maison sur l'océan, avec un rôle plus important d’un adolescent mal dans sa peau, aux côtés de Kevin Kline et Kristin Scott Thomas
Il met aussi en projet The Shattered Glass, qui s'inspire de l'histoire vraie de Stephen Glass, un journaliste-reporter américain de 25 ans qui publia pour Rolling Stone et The New Republic une trentaine de reportages complètement inventés.
De quoi se faire les dents et se bâtir une plus solide réputation avant d’entamer l’ultime et tant attendu épisode final de la saga Star Wars.
Changement total. Les premières photos parues de l’épisode III nous montrent la puissance et le feu. Enfin. Hayden Christensen, a pris 20 kilos de muscles et beaucoup plus d’assurance. Il a les cheveux plus longs, une frange qui accentue son regard et une cicatrice à l’œil qui en dit long. Il ne jouera plus en demi-teinte mais pleinement son rôle d’Anakin Skywalker, puissant, ambitieux, désormais prêt à devenir Dark Vador. Le film confirme. Hayden est devenu Anakin, le héros magnifique mais sombre que tout le monde attendait.
Mais l’aventure Star Wars aurait usé le jeune acteur. Selon des rumeurs, il aurait annoncé ne plus vouloir faire de cinéma. Dommage alors que l’on entrevoit à peine l’étendue de son talent.
Il est toutefois annoncé au générique d’une nouvelle production, The Decameron, qui raconterait l’histoire de dix jeunes nobles fuyant les ravages de la peste et trouvant refuge dans une demeure reculée de Florence et se racontant quelques histoires pour passer le temps.
Hayden y sera bien loin de l’Empire, de Tatooine et trouvera sûrement l’envie et la fougue qui le mèneront vers une autre galaxie, Hollywood.
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