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62 personnes inculpées pour pédophilie
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62 personnes inculpées pour pédophilie
Après neuf jours de délibéré, la cour d’assises du Maine-et-Loire a condamné 62 des des 65 hommes et femmes jugés depuis début mars à Angers pour viols, agressions sexuelles et proxénétisme sur 45 enfants âgés de quelques mois à 14 ans. Les peines infligées vont de 28 ans de prison ferme, pour la plus élevée, à quatre mois de prison avec sursis. Un condamné a été dispensé de peine et le jury a prononcé trois acquittements.
Le verdict du plus grand procès de pédophilie jamais organisé en France s’est révélé dans son ensemble assez fidèle aux réquisitions du parquet. Eric J., 39 ans, considéré comme l’un des principaux organisateurs du réseau de pédophilie qui a sévi à Angers entre janvier 1999 et février 2002, a été condamné à 28 ans de réclusion criminelle, dont 18 ans de période de sûreté.L’avocat général avait requis 30 ans de réclusion à son encontre.
Après le prononcé de sa peine, Eric J., qui était jugé pour viols, agressions sexuelles et proxénétisme sur plusieurs mineurs et était passible de la perpétuité, a pris à partie son avocate. Plusieurs gendarmes ont dû intervenir pour le maîtriser et l’expulser de la salle d’audience.
Jean-Marc J., 41 ans, frère d’Eric, également passible de la récidive, a été condamné à 26 ans de réclusion, dont 17 ans de sûreté.Franck V., 36 ans, et Patricia V., 32 ans, accusés de viols, agressions sexuelles et proxénétisme sur plusieurs mineurs dont leurs propres enfants, ont été condamnés respectivement à 18 ans de réclusion criminelle, dont une période de sûreté de 12 ans, et à 16 ans de réclusion criminelle.
Le ministère public avait requis des peines de 20 ans et 18 ans de réclusion criminelle contre ces deux accusés, considérés eux aussi comme figurant parmi les principaux instigateurs du réseau.Philippe V., 59 ans, père de Franck et passible d’une peine de prison à perpétuité pour viols et agressions sexuelles en état de récidive, a été condamné à 28 ans de réclusion criminelle, dont 18 ans de sûreté. L’avocat général avait requis 30 ans de réclusion.
Pour un autre protagoniste central de ce dossier, Philippe R., 39 ans, la cour est allée au delà des réquisitions de l’avocat général qui demandait 15 ans de réclusion en le condamnant à 19 ans dont 10 ans de période de sûreté.Son frère Didier R. 33 ans, a été condamné à 18 ans de réclusion dont 12 ans de sûreté.
Pour les 32 autres accusés qui étaient jugés pour des faits criminels - proxénétisme, viols ou agressions sexuelles, les condamnations vont de 8 ans à 17 ans. Elles sont généralement accompagné d’une longue période de suivi socio-judiciaire et de plusieurs années d’interdiction des droits civils.La cour s’est montrée plus clémente pour les 26 accusés qui comparaissaient pour des délits - corruption de mineurs ou non dénonciation de crimes - en prononçant des peines d’emprisonnement de deux à trois ans assorties parfois de sursis et trois acquittements.
Les neuf jurés titulaires (5 hommes et 4 femmes) étaient logés et tenus au secret depuis le 18 juillet dans les locaux d’une école militaire à Angers, avec leurs sept suppléants, le président de la cour et ses deux assesseurs.
Pour rendre ce verdict, le jury a répondu à 1.972 questions concernant la culpabilité des 65 accusés - un cas a été disjoint pour raison de santé.Hormis Me Laurence Charvoz, avocate d’Eric J., qui a qualifié la condamnation de son client de “mort civile et sociale”, la plupart des défenseurs se sont montrés satisfaits du verdict tout en émettant quelques réserves.
“Je pense que le jury a pris soin de répondre question par question mais qu’on a quand même sanctionné une globalité, un groupe. Il y a des accusés qui ont été acquittés pour certains faits et ont quand même été condamnés conformément aux réquisitions”, a déclaré Pascal Rouiller, défenseur de Franck V.Il s’est félicité que la condamnation de son client, inférieure à d’autres, le replace “dans un contexte qui dépasse très largement sa seule responsabilité”.
Me Monique Vimont, avocate de Patricia V. a de son côté jugé le verdict “équilibré” car il démontrait selon elle que le jury avait à la fois “pesé les accusations et pesé les aveux” de chacun, tout en se montrant “très lourd du côté des hommes”.
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