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Le “pacte à six” sera inauguré en novembre en Australie

29 juillet 2005, 00:00

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Le Partenariat Asie-Pacifique pour un développement propre et le climat, conclu entre les Etats-Unis, la Chine, le Japon, l’Inde, la Corée du Sud et l’Australie, doit être présenté hier lors du sommet de l’Association des nations d’Asie du sud-est (Asean) à Vientiane.

De source diplomatique, on a précisé que le meeting inaugural du Partenariat aurait lieu en novembre, à Adelaïde, en présence des ministres des Affaires étrangères, de l’Environnement et de l’Energie des six. Dans des documents auxquels Reuters a pu avoir accès, les six pays affirment que le pacte “cherchera à régler les questions de l’énergie, du changement climatique et de la pollution de l’air dans le respect du développement économique” et qu’il “sera complémentaire mais qu’il ne remplacera pas le protocole de Kyoto”.

Les Etats-Unis – plus grand pollueur de la planète – et l’Australie sont les deux seuls pays industrialisés ayant refusé de ratifier le protocole de Kyoto, entré en vigueur en février dernier avec la signature de la Russie. Washington et Canberra le jugent imparfait car il ne s’applique pas à des pays en développement tels que l’Inde et la Chine.

<B>Captage du carbone</B>

Conclu en 1997, le protocole de Kyoto contraint les 38 principaux pays industrialisés à réduire les émissions de six gaz de 5,2% par rapport au niveau de 1990. L’objectif doit être atteint dans la période 2008-2012.Dans un communiqué, le président américain George Bush a affirmé mercredi que le Partenariat Asie-Pacifique s’attaquerait au réchauffement climatique tout en promeuvant la croissance. Si les détails de l’accord restent flous, ce dernier semble répondre aux récentes déclarations de Bush, qui a insisté lors du sommet du G8 de Gleneagles pour faire du développement des énergies alternatives une mesure phare dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les six prônent notamment le développement de technologies de captage du carbone.

Tenu par le puissant lobby énergétique américain, Bush, qui reproche au protocole de menacer le développement économique de son pays, avait alors prôné l’entrée dans une “ère post-Kyoto”. Le “pacte à six”, auquel pourraient adhérer d’autres pays à l’avenir, constituera principalement un élargissement des accords bilatéraux déjà existants sur les échanges de technologie. A la grande différence du protocole, cet accord ne prévoit aucun objectif contraignant. De leur côté, les organisations de défense de l’environnement dénoncent une tentative de torpillage du protocole de Kyoto.

<B>“Un raid sur Kyoto” </B>

Selon elles, les Américains cherchent en fait à détourner l’attention des discussions prévues à Montréal en novembre sous l’égide de l’Onu et au cours desquelles doit être évoqué l’épineuse question de l’élargissement du protocole aux pays en développement passé le terme de la première phase, en 2012.

“Il n’y a rien de nouveau (dans le Partenariat)”, a affirmé Jeff Fielder, du Natural Resources Defense Council, basé à New York. Selon lui, les échanges de technologies sont déjà largement prévus par les traités bilatéraux. Et les entreprises ne seront selon lui encouragées à faire des efforts en ce sens que si des objectifs précis doivent être atteints. “Je crois que le seul but (de l’initiative) est de compliquer les discussions de Montréal”, a-t-il dit.

“Cet accord pourrait s’avérer être un premier raid américano-australien pour assommer Kyoto”, a estimé de son côté le responsable des campagnes climat de Greenpeace, Steve Sawyer. “Un accord sur le climat qui ne fixe pas de limite à la pollution équivaut à un accord de paix qui autorise le recours aux armes à feu”, a déclaré Jennifer Morgan, du WWF. Jim Connaughton, un des responsables des questions environnementales à la Maison blanche, a affirmé hier soir qu’il n’était nullement question de torpiller Kyoto.

“En ce qui concerne le cadre de Kyoto, cela viendra en complémentarité des obligations faites à certains pays. Cela ne remplacera pas le protocole de Kyoto. Le protocole de Kyoto reste en place”. Selon les chiffres diffusés jeudi, les “six” représentent 45% de la population mondiale, 48% des émissions totales de gaz à effet de serre et 48% de la consommation énergétique mondiale. Le ministre australien de l’Environnement, Ian Campbell, a fait savoir que les cinq pays travaillaient depuis plusieurs mois à l’élaboration de ce pacte.

“Il est assez évident que le protocole de Kyoto ne remplira pas les objectifs que le monde s’est fixé”, a-t-il déclaré. Le Panel intergouvernemental des Nations unies sur le changement climatique (IPCC) estime que la hausse de la température moyenne sera comprise entre 1,4 et 5,8 degrés d’ici 2100. La fonte des glaces polaires qui en résultera provoquera un dérèglement de nature à entraîner une multiplication des phénomènes climatiques extrêmes. D’après des scientifiques, la température moyenne à la surface du globe a déjà augmenté de 0,6°C en un siècle.

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