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Les banques islamiques au secours des PME

26 juillet 2005, 00:00

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Les banques islamiques peuvent stimuler les petites et moyennes entreprises (PME). Tant l?Etat que la Bank of Mauritius (BoM) ont été unanimes à le reconnaître hier, lors de l?ouverture du forum organisé par le Centre culturel islamique. Il traitait du financement selon le mode islamique.

Le vice-Premier ministre, Rashid Beebeejaun, et le gouverneur de la BoM, Rameswurlall Basant Roi, ont tous deux fait part de leur appréciation de cette nouvelle perspective dans les services financiers locaux, à quelques nuances près.

Rashid Beebeejaun, a rappelé que le principe régissant les banques islamiques réside dans le partage des risques. Selon lui, les banques conventionnelles accordent un prêt contre, entre autres, un taux d?intérêt, tandis que le système islamique mise sur le partage des profits et des pertes, donc une prise de risques directe. Ce précepte incite au développement économique : ?(Il) met la pression sur le détenteur des capitaux pour rechercher les entrepreneurs aux idées brillantes?, a-t-il fait ressortir. Il a aussi relevé la ?situation paradoxale? locale : les banques disposent d?un surplus de liquidités alors que les PME ne trouvent pas le financement pour étendre leurs activités.

Rameswurlall Basant Roi s?est aligné sur cette position. ?Given the characteristics of Islamic banking, the small and medium enterprises is an economic sector where Islamic banking could play a central role in giving a fillip to entrepreneurship. In short, Islamic banks can play a catalytic role in fostering economic development?, a-t-il indiqué. Il a également rappelé qu?avec l?entrée en vigueur de nouvelles normes, les banques traditionnelles seraient moins prédisposées à prêter aux PME.

L?intervenant a aussi relevé que dans la pratique, ces banques ont tendance à favoriser des projets à court terme, à peu de risques. Et c?est là où le bât blesse car ces organismes ne disposent pas des ressources adéquates pour évaluer les projets. En raison de ces ?faiblesses?, a indiqué le gouverneur de la Banque de Maurice, il leur est recommandé de considérer la nécessité d?employer un personnel qualifié. Les défis en matière de réglementation soulevés par les institutions islamiques restent à être résolus de manière exhaustive. Le travail a déjà commencé à ce sujet, mais la route est encore longue.

Le monde financier compte 265 banques islamiques en opération, aux actifs estimés à US$ 262 milliards (Rs 7 800 milliards). Le total de leurs investissement est de US$ 400 milliards et leur taux de croissance de 10 % à 20 % depuis dix ans. Les institutions financières islamiques sont implantées dans plus de 60 pays. Même des banques de réputation mondiale (Hong Kong Shanghai Banking Corporation et Lloyds) ont des succursales fonctionnant dans ce mode. Celles-ci fonctionnent sous des lois islamiques interdisant strictement les taux d?intérêt fixes.

Ce forum, prévu sur deux jours, réunit 200 participants et verra l?intervention de conférenciers internationaux. Comme l?a fait ressortir le ministre des Arts et de la culture, Mahen Gowressoo, ?ce forum arrive au moment opportun pour conscientiser la population sur les banques islamiques et pour dissiper tous doutes et fausses conceptions?.

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