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Cohabitation
Préserver l?environnement est l?affaire de tous. Contrairement aux idées reçues, les exigences du développement ne s?opposent pas de manière irrémédiable au respect de la nature. Il est possible de faire cohabitater les deux. Personne n?a intérêt à prôner un développement qui n?est pas écologiquement sage, ni une préservation de son milieu naturel qui sacrifie le progrès économique.
Voilà pourquoi la bataille entre l?idéologie du développement à tout prix et l?intégrisme écologique est vaine. Or, la question autour de l?autoroute du sud-est risque de s?enliser sur ce terrain glissant en raison de certaines positions tranchées.
A partir de vendredi, le combat prend une dimension juridique. Une Ong, Nature Watch, réclame un ordre d?injonction intérimaire pour interdire à l?Etat d?aller de l?avant avec le projet de construction de la route du sud-est à travers la forêt de Ferney. C?est un combat de trop. Il aiguise les hostilités et coupe les ponts.
Le gouvernement semble privilégier le retour au tracé original tout en appliquant quelques mesures pour atténuer son impact sur l?environnement. En tout cas, c?est ce que laisse entendre le vice-Premier ministre, Rashid Beebeejaun. Bien qu?aucune décision définitive n?ait été arrêtée, en attendant le jugement de la cour, cette attitude de souplesse du ministre est tout à son honneur. On est bien loin des propos de campagne du leader de l?Alliance sociale, Navin Ramgoolam, qui proclamait : ?Le 4 juillet, arrêt des travaux à Ferney??
Dans le feu de la campagne, Navin Ramgoolam ralliait systématiquement le camp de tous ceux qui avaient une revendication quelconque. Devenu chef de gouvernement, il n?est pas tenu de donner suite à ce qu?il a pu annoncer dans ce contexte. Il est aujourd?hui en présence de toutes les données et il est en mesure de prendre une décision informée.
En mai dernier Navin Ramgoolam reprochait au Premier ministre d?alors, Paul Bérenger, de vouloir ?aller de l?avant à tout prix? avec ce projet parce qu?il voulait ?protéger certains qui vont lancer un projet IRS dans cette région?. Aujourd?hui, l?auteur de ces propos est mieux placé que quiconque pour savoir à qui profitera l?autoroute du sud-est.
La nouvelle autoroute permettra de rallier Plaine-Magnien à Bel-Air en une demi-heure alors qu?il faut une heure et quart en passant par la route du littoral. Une extension du projet est déjà sur les planches à dessin. Elle prévoit de prolonger la route jusqu?à Belle-Mare. Grâce à ces infrastructures, l?industrie du tourisme devrait faire un bond significatif dans l?Est. De plus, l?ancienne route située en bordure de la mer présentait beaucoup d?inconvénients. Par exemple, elle était coupée au niveau de Grand-Sable après les grosses averses et des cyclones. Les avantages économiques pour les populations des villages concernés sont indiscutables. Deux membres de l?actuelle majorité, Anil Bachoo et Vasant Bunwaree, ont soutenu, sous d?autres gouvernements, le tracé original avec beaucoup d?ardeur.
Les membres de Nature Watch défendent avec passion quelques espèces végétales s?y trouvant et appartenant à la famille des Pandanus ou celle des Eugenia. Mais, imaginons le bonheur de ces milliers des Mauriciens qui vont découvrir la grande beauté naturelle de la forêt de Ferney, grâce à une autoroute construite sans défigurer le paysage.
La sensibilité écologiste n?est pas forcément opposée à une approche qui privilégie les conditions de vie matérielles. Cherchons toujours la voie la plus équitable.
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