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Histoire d?un squat

24 juillet 2005, 00:00

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Ultimatum, évacuation, refus d?obtempérer, menaces d?immolation, révélations? Tous les ingrédients dignes d?un feuilleton à rebondissements étaient réunis pour attirer l?attention sur les squatters de la National Housing Development Company (NHDC). La tension montait d?un cran, à mesure qu?expirait le délai accordé par les autorités pour évacuer ces maisons illégalement occupées.

La semaine d?avant, les autorités fixent la date d?évacuation au 20 juillet à minuit. Entre-temps, le bureau du commissaire de police émet un communiqué lançant « un appel pressant » aux squatters pour qu?ils vident les lieux. Mention est faite que l?occupation illégale est un délit passible d?une amende ne dépassant pas Rs 50 000 et d?une peine d?emprisonnement n?excédant pas dix ans. Ces avis seront scotchés sur chacune des 418 habitations occupées à Camp Levieux, Chebel, Cité La Cure, Terre Rouge et Pointe-aux- Sables.

571 squatters adoptent la voie de la raison en pliant bagages et en se faisant enregistrer auprès de la NHDC. Le reste, environ un millier, organise la résistance. « Nou pa pou ale tan ki gouvernma pa donn nou ene lakaz», clament-ils à quelques heures de l?expiration du délai. Alors que tous les regards sont braqués sur l?évacuation, un groupe de squatters décide de frapper un grand coup. Ils veulent révéler les noms de ceux qui les ont incités à squatter les maisons de la NHDC, à savoir Rama Valayden, attorney general et ministre de la Justice, James Burty David, ministre des Administrations régionales et Mathieu Laclé, candidat de l?Alliance sociale au n° 1. Ces derniers ont réfuté ces allégations hier lors d?un point de presse, les qualifiant de « man?uvres politiques du MMM pour les discréditer ».

Stratégie de dialogue dans la fermeté

Les squatters voulaient confirmer la rumeur qui circulait au tout début de l?occupation illégale, le 26 juin. L?un des leurs, Marie Legallant, allègue que Rama Valayden, candidat de l?Alliance sociale au n° 19, aurait incité ceux présents lors d?une réunion nocturne avant les élections, à prendre d?assaut les maisons. C?est au cours d?autres réunions nocturnes que James Burty David et Mathieu Laclé auraient tenu le même discours. Une plainte a été logée en ce sens, mercredi.

Ces révélations n?entameront en rien la décision du gouvernement d?aller de l?avant. Les squatters doivent être délogés coûte que coûte, dans le dialogue mais aussi avec fermeté. Une stratégie qui s?avérera payante.

L?évacuation se fait sans heurts à quelques exceptions près. Les officiers de police usent de tout leur tact pour leur expliquer l?illégalité de leur acte. Des autobus et des camions de déménagement sont mis à leur disposition. A jeudi après-midi, toutes les habitations sont vidées. Toutefois, bon nombre d?entre eux restent sur les lieux arguant qu?ils n?ont nulle part où aller. Hommes et femmes s?organisent pour passer la nuit à la belle étoile. Des tentes sont érigées en face des lotissements.

A Camp Levieux, 76 familles dont 143 adultes et 183 enfants élisent domicile sous des tentes sur le terrain de football de la localité. En attendant que l?Etat trouve une solution, l?aide afflue des organisations non gouvernementales, des travailleurs sociaux, des habitants de l?endroit et de l?Eglise. « Ils sont dans une telle situation de détresse qu?ils ne pourront jamais entrer dans le main stream. Il n?y a pas de politique de logement pour ces personnes défavorisées», souligne Shyam Hurbangs, Programme Coordinator du Trust Fund for the social integration of vulnerable groups.

Demain le Trust Fund démarrera une enquête sociale pour établir une liste de priorités qui sera ensuite soumise au ministère du Logement. Souhaitons qu?une solution soit trouvée au plus vite...

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