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Un havre de paix
Cité Flamboyant, Richelieu, jeudi, 17 heures. Une rangée de petites maisons, bien entretenues. Des jardins bien plantés et des pelouses bien vertes. Des enfants jouent à la marelle sur la chaussée. On se croirait dans l?une des cités CHA post-cyclone Carol ? par exemple Cité Vallijee, Cité Saint-Jean ou Cité Père Laval ? où les anciennes maisons ont été agrandies et transformées en belles résidences. Difficile d?imaginer qu?il y a quatre ans, cette verte cité n?était composée que de longères insalubres. Cette réussite de logement social est le fruit d?une coopération entre autorités, habitants (des anciens squatters) et travailleurs sociaux.
« La Cité Flamboyant est l?exemple type de relogement de squatters réussi », explique, non sans une certaine fierté, Mario Madarbuccus, travailleur social de Richelieu. Nadine, qui habite la cité, raconte le parcours des quelque 25 familles qui vivaient dans des longères, là où se dresse aujourd?hui la cité.
« Nous étions près de 25 familles. Il y a neuf ans, nous sommes venus occuper ce terrain pour y construire des longères en tôle, car nous n?avions pas les moyens de louer ou de construire une maison. Nous étions de véritables squatters », raconte Nadine, avec émotion.
Ces vingt-cinq familles avaient accès à l?eau potable, mais pas à l?électricité. « Nos démarches pour l?électricité n?aboutissaient pas, vu que nous n?avions pas d?adresse légale », explique-t-elle.
Les choses seraient restées comme ça sans un événement marquant, peu avant les élections de 2000 : la manif des squatters de Camp-Chapelon, de Pailles et de Camp-Veuves pour un logement décent. L?État décide alors de construire rapidement 86 maisons type Firinga pour reloger ces squatters, là où se dresse aujourd?hui Cité Flamboyant.
« Nous avons alors rencontré les autorités pour que, nous aussi, puissions bénéficier de nouveaux logements », explique Myriam, une autre ancienne squatter. Devant l?indifférence des autorités, certaines familles décident de « montrer leur colère et indignation en occupant certains logements » qui allaient être livrés.
Peut-être parce que les élections sont prévues 15 jours plus tard, les autorités se montrent plus que disposées au dialogue. « Nous avons également bénéficié d?un superbe travail de Lindsey Collen et de son Muvman Lakaz, qui nous ont accompagnés dans toutes nos démarches administratives », relate Nadine.
Les choses avancent rapidement : les squatters ont accès à l?électricité, des réunions ont lieu avec les autorités qui leur font des propositions concrètes : offre d?un terrain ailleurs, d?une « maison 650 » ici ou encore d?une « maison 1 500 » ailleurs. Ce qui veut dire, des maisons payables en mensualités de Rs 650 sur 25 ans ou Rs 1 500 sur 20 ans. La majorité des vingt-cinq familles vivant dans les longères optent pour les « maisons 650 ».
« Cela fait maintenant 4 ans que je vis dans ma maison 650. C?est une maison Firinga, c?est-à-dire évolutive. De nombreuses familles ont agrandi les leurs. Moi, dès que j?aurai les moyens, j?agrandirai la mienne », affirme Nadine.
Quelle est la raison de la réussite de ce programme de relogement ? Le dialogue : le mot est lâché. Tous affirment avoir trouvé une oreille attentive à plusieurs niveaux des autorités. « Prenons l?exemple de José Allet, conseiller du ministère. Il a toujours été à notre écoute et attentif à nos besoins. Il a toujours recherché notre avis et nous a conseillés pour l?entretien de nos maisons », affirme Myriam.
Selon Mario Madarbuccus, le tissu associatif a également joué un grand rôle dans la réussite du cadre de vie actuel des ex-squatters. « Ils se sont regroupés et ont décidé de prendre en charge l?entretien de leur cité », explique-t-il. Au départ, il n?y avait pas vraiment de « séparation » entre les maisons et le sol a rapidement, grâce à l?apport de tous, été recouvert de gazon. Puis sont venues les plantes? « Nous veillons à la propreté des lieux, à la qualité de nos maisons, de notre quartier », affirme Myriam.
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