Publicité

Entre optimisme et alarmisme

17 juillet 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?humeur du pays en ce qui concerne le tourisme oscille entre optimisme et alarmisme au gré des bulletins mensuels qui font le compte des arrivées des vacanciers. Pour le mois de juin, elles ont augmenté de presque 11 %. C?est la joie. Mais pas tant chez les professionnels du secteur pour lesquels, c?est la croissance globale qui compte. Tout indique à ce stade qu?on est bien parti pour une nouvelle année de faible croissance.

Le service national des statistiques prévoit une croissance de 8 %. Ce taux est tenu pour être le minimum nécessaire permettant à tous les hôtels du pays de tourner à un taux d?occupation jugé raisonnable, à savoir entre deux tiers et trois quarts.

Or, fin juin, le taux de croissance cumulatif était de 3,8 %. Les marchés primaires tournent au ralenti. Les arrivées de la France et de l?Angleterre n?ont augmenté que de 3,8 % et de 2,8 % au cours des six mois. Les arrivées italiennes ont, elles, carrément régressé (-5,8 %).

Ces résultats amènent les opérateurs à revoir la prévision officielle à la baisse. Selon eux, Maurice terminera l?année avec une croissance tournant autour des 3 %, comme cela a été le cas au cours des dernières années. Leur pessimisme se nourrit d?événements internationaux qui ne manquent pas d?influer sur le mood des vacanciers européens et aussi de l?arrivée sur la scène de concurrents hardis. Les bombardements d?il y a deux semaines à Londres sont les dernières perturbations qui risquent de faire resurgir la crainte d?être loin de chez eux.

L?industrie du tourisme estime pourtant qu?elle peut faire meilleure figure face à la conjoncture et à la concurrence, pour peu que l?État soit vraiment à ses côtés. En clair, elle réclame une amélioration significative dans la visibilité de la destination. Elle demande que le budget d?État pour la promotion de la destination soit augmenté à 2 % des recettes engrangées par ce secteur. Celles-ci s?élèvent à quelque Rs 20 milliards et de fait, le budget s?élèverait à Rs 400 millions contre Rs 160 millions actuellement. L?industrie revient avec sa proposition que la taxe sur les arrivées, imposées l?année dernière, soit utilisée à cette fin.

<B>Des motivations égoïstes</B>

Les hôteliers demandent également à ce que l?île devienne plus accessible. Et jusqu?à ce que l?État arrive à débloquer la stratégie et les moyens d?y parvenir, elle propose que l?expansion du parc hôtelier soit gelée.

Jusqu?ici, le pouvoir a toujours vu dans ces revendications, des motivations égoïstes chez des hôteliers qui ne cherchent qu?à optimiser leurs profits. Mais les choses risquent de changer. Dans son programme électoral, le régime au pouvoir s?est engagé à ouvrir le ciel avec prudence et à investir davantage dans le marketing de la destination.

Rama Sithanen, le nouveau ministre des Finances et de l?Économie, fait preuve jusqu?ici d?une sensibilité particulière à l?égard du tourisme. Et pour cause, puisqu?il a identifié ce secteur comme le seul capable de permettre au pays de traverser la restructuration économique avec un minimum de casse.

Le ministre ne voit aucune raison pour laquelle Maurice ne pourrait pas faire aussi bien que ses concurrents dans la région, tels le Sri Lanka et les Maldives. Le secteur croît en moyenne de 10 % dans ces îles. Il promet un package global à l?industrie afin de lui donner les moyens de réaliser son destin. Il a rencontré l?Association des hôteliers et restaurateurs de Maurice dès son installation au pouvoir et les a invités à proposer une stratégie de relance pour l?immédiat. Cet organisme devrait soumettre un document d?ici la fin de la semaine.

Publicité