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Les prix flambent

17 juillet 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les consommateurs en font l?expérience : le prix d?un certain nombre d?articles a pris l?ascenseur depuis le début du mois. Ainsi, certaines marques de lait en poudre et en brique, de beurre, de fromage, de jus de fruits, entre autres, coûtent désormais plus cher, la hausse se situant entre 5 et 12 %. Ces augmentations ont touché principalement des produits importés d?Australie, de Nouvelle-Zélande et d?Afrique du Sud.

Pour l?Océanie, principal fournisseur du marché local en lait en poudre, en cheddar et en beurre, le coupable est identifié : la dépréciation continue de la roupie. « La roupie mauricienne a perdu 5 % de sa valeur face aux dollars australien et néo-zélandais ces trois derniers mois », explique un banquier, d?où la nécessité pour l?importateur « de réajuster ses prix ». D?autant que la sécheresse qui sévit en Australie depuis trois ans a considérablement réduit sa production laitière.

« Nous ne pouvons continuer à vendre à perte », assure Paul Ah-Lim, directeur de New Zealand Milk (Mauritius) Ltd. Même son de cloche chez certains petits fournisseurs qui travaillent avec des exportateurs australiens et néo-zélandais. Et tous prédisent de futures hausses de leurs marchandises si la roupie continue sa baisse.

Deux exceptions notables : Happy World Foods (HWF) et IBL Consumer Goods (IBLCG). Si HWF a pu réduire le prix de son lait Twin Cows, c?est simplement en replaçant l?empaquetage en carton par de l?aluminium. IBLCG n?a procédé jusqu?ici à aucune majoration des produits importés d?Australie. Selon un concurrent, IBL tient le coup parce que l?Océanie n?est pas son fournisseur principal. Mais la dépréciation continue de la roupie va affecter tout le monde, prédit-il.

Que faire ? « Il faut que le ministre des Finances et la Banque centrale voient comment empêcher la dévaluation de la roupie », affirme notre banquier. Appel qui fait écho aux demandes des importateurs. La balle est dans le camp des décideurs politiques.

L?Association des consommateurs de l?île Maurice est montée au créneau pour dénoncer la hausse des prix des produits laitiers. Dans un courrier au ministère du Commerce, Jayen Chellum affirme que les différentes parties et le précédent ministre avaient convenu que les stocks disponibles allaient être suffisants jusqu?en septembre 2005 et qu?aucune majoration de prix n?allait intervenir. « Faux ! », rétorque de son côté Paul Ah-Lim.

L?inflation forte en Afrique du Sud

Du côté des produits sud-africains, le consommateur se retrouve avec des produits vendus au prix pré-budget. Depuis avril, date du dernier budget, la brique de jus de fruit Ceres avait baissé de Rs 50 à Rs 38. Aujourd?hui, la même brique coûte Rs 48 dans de nombreux commerces.

Comment expliquer cette hausse, alors que le rand sud-africain est à la baisse et que le fret n?a pas bougé ? Pour Mubarak Sooltangos, Managing Director de HWF, cette hausse est due au fait que les exportateurs sud-africains revoient régulièrement leurs prix et que les briques sont payées en euros : « Nos fournisseurs ont majoré leurs prix de 15 %, mais nos prix n?ont augmenté que de 8 %, la baisse du rand nous ayant permis d?absorber la différence. »

Du côté d?IBL Consumer Goods, on affirme n?avoir augmenté le prix d?aucun produit ces derniers mois. « Cependant, si certains détaillants ont augmenté le prix de vente de nos produits, ce qui ne devrait pas être le cas, nous n?avons aucun contrôle », explique Jean-Michel Rouillard, le numéro un.

Pour Gilles Blin, directeur général des supermarchés Jumbo Score, l?explication des importateurs tient la route : « Nos fournisseurs disent que l?inflation est très forte en Afrique du Sud et que les producteurs sud-africains augmentent ainsi le prix de leurs cargaisons régulièrement. » Conséquence : les avantages de la chute du rand sont effacés par ces augmentations.

Les milieux concernés avancent que les imporatteurs de produits sud-africains avaient maintenu leurs prix depuis avril, avec le budget duty free. « Ils ont rogné sur la marge et joué sur la quantité de ventes », explique-t-on. « Et ils ont attendu les élections » pour augmenter.

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