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Negro pou lavi relooke vos habits
Le 30 juillet, le groupe Negro pou lavi lance sa propre ligne de vêtements avec l?ouverture de la boutique Kulcha au Harbour Front. Pourquoi et comment avez-vous décidé d?entrer dans le monde des affaires ?
Ce projet nous trottait en tête depuis environ quatre ans. Après cinq albums et des tournées locales et internationales, nous voulions faire quelque chose de plus. Ce n?est pas évident de vivre uniquement de la musique. On songeait à une ligne de vêtements, mais il nous manquait des ressources et des facilités. Il commençait à y avoir une demande pour les t-shirts. Il y a trois mois, nous nous sommes à nouveau fixé cet objectif, en se disant qu?il fallait s?y atteler. Nous avons commencé par faire des recherches sur les tissus, les modèles, les procédures d?importation et de fabrication locale. C?était un gros travail car il fallait pouvoir expliquer ce qu?on voulait exactement à travers les modèles. C?est un travail d?équipe avec les membres du groupe et des amis. Nous pouvons marcher dans la rue et tomber sur une matière qui nous plaît et l?acheter pour confectionner des modèles spécifiques. Nous favorisons des matières comme le lin et le coton. Notre slogan est Let your soul style to life. Il a fallu ensuite choisir le lieu. Nous avons opté pour le Harbour Front pour pouvoir rendre le magasin accessible à tous.
Votre boutique porte le nom de Kulcha. Qu?est-ce que ça veut dire ?
Le mot « kulcha » est un mélange de patois et d?anglais voulant dire culture. Nous pensons que cela englobe l?évolution de la société. Nous voulions également rendre hommage à divers artistes qui ont marqué l?urban culture à l?instar de Bob Marley.
Quelle clientèle ciblez-vous ?
Tout le monde. Nous offrons toute une gamme de vêtements : t-shirts avec le sigle de Negro pou lavi, pantalons trois quarts, jeans, robes de soirée, tenues casual, accessoires pour cheveux, et puis bien sûr, nos CD. Mais je pense que ce sont surtout les jeunes qui seront attirés, car ils sont plus exposés à la technologie, à la télévision et suivent donc les tendances. 50 % de la production est importée de France et d?Afrique du Sud et l?autre moitié fabriquée à Maurice par des confectionneurs locaux. Nous avons six personnes qui travaillent avec nous, dont des stylistes et des tailleurs. Nous voulons que la production soit entièrement locale à terme.
S?habiller griffé devient très cher à Maurice. Vos vêtements seront-ils accessibles ?
C?est vrai que si l?on veut bien s?habiller, il faut compter en moyenne Rs 2 000. Avec cette ligne de vêtements, nous voulons avant tout propager l?urban culture. Il faut que les produits soient accessibles à tout le monde sans exception. Les prix commenceront à partir de Rs 300.
Comptez-vous sur la notoriété du groupe pour votre stratégie de marketing ?
L?image de Negro pou lavi ne suffit pas. Certes, c?est un vecteur déterminant pour la vente des produits, mais ce n?est pas le plus important. Il faut avant tout savoir répondre aux besoins du public grâce à l?accueil, aux facilités, et surtout à la qualité.
On dit souvent que le type de vêtement porté reflète la personnalité. Pensez-vous qu?il peut aussi refléter les goûts musicaux de l?individu ?
On dit que l?habit ne fait pas le moine. Je ne crois pas trop en ce proverbe. Je pense que l?habit reflète notre mode de vie. On n?a qu?à se demander par exemple, comment s?habillerait un hard rocker ou encore un fan de Bob Marley ? Il y aura certaines couleurs, des types de vêtements qui seront privilégiés. Notre style vestimentaire s?inspire de l?urban culture et c?est que nous voulons propager. Lors de nos concerts, nous faisons confectionner nos propres costumes. Je crois que cela ne vient pas par hasard.
La musique prend son essor, surtout ce qu?on qualifie de R-music tels que le R?n?B, le rap, le ragga dance hall, le reggae et le reggae love. C?est une attitude qui se développe dans le monde musical à Maurice. L?habit reflète notre identité.
Plusieurs artistes comme Christina Aguillera ou Céline Dion, ont lancé leur ligne de vêtements ou de parfums. Est-ce pour suivre la norme internationale que vous faites la même chose ?
Se diversifier est une évolution normale dans le monde musical.
Il y a quinze ans, j?ai débuté en donnant un coup de main à des amis, puis j?ai commencé à chanter avant de fonder un groupe. De là, on a sorti des albums, on a fait de la production, de l?édition, l?organisation de concerts et finalement on est devenu membre de la Mauritius Society of Authors (Masa). Cette nouvelle perspective, avec l?arrivée de Kulcha, fait partie d?une diversité qui est un processus à laquelle on adhère automatiquement.
Quels sont vos autres projets ?
Negro pou lavi prépare actuellement son sixième album dont la sortie est prévue pour le mois d?août. En septembre prochain, nous effectuerons des tournées en France, en Suisse, aux Seychelles et en Australie. Puis nous donnerons deux grands concerts à Maurice.
Propos recueillis par Melhia BISSIÈRE
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