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Irakiens seraient morts depuis 2003

17 juillet 2005, 00:00

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C?est du moins le résultat de l?étude d?un institut suisse. Cette estimation, rendue publique lundi 11 juillet, est beaucoup plus lourde que les précédentes. Le site Iraq Body Count, qui fait également le décompte des victimes civiles de la guerre en Irak, indique que près de 26 000 Irakiens sont morts dans les violences depuis 2003, et plus de 10 000 civils irakiens ont été tués depuis que les Américains ont remis le pouvoir à un gouvernement provisoire irakien il y a un an.

L?étude publiée par l?Institut universitaire des hautes études internationales de Suisse reprend en partie l?étude publiée en octobre 2004 par la revue britannique The Lancet, qui faisait état de 100 000 décès de civils en Irak depuis mars 2003, toutes causes confondues. L?étude britannique avait été réalisée sur la base d?une comparaison des taux de mortalité avant et après le début de l?intervention américaine et avait été rejetée par le gouvernement britannique.

L?évaluation suisse se fonde sur un réexamen des chiffres collectés par The Lancet, ainsi que sur une nouvelle classification des causes de décès. L?institut a affirmé que son bilan ne concernerait que les victimes de combats et de violences armées.

À l?heure actuelle, aucune estimation officielle des morts en Irak n?est disponible. L?armée américaine tient de son côté le compte de ses morts au combat, qui s?élève maintenant à 1 937 militaires.

Malgré ces chiffres, l?armée de terre américaine a dépassé en juin son objectif de recrutement. Elle a rempli pendant le mois 109 % de son quota en recrutant 6 157 personnes, soit 500 de plus que l?objectif qui lui avait été fixé, selon le ministère américain de la Défense. Elle a ainsi mis fin à quatre mois consécutifs où elle n?avait pas rempli son quota en raison du rôle dissuasif de la guerre en Irak, selon le Pentagone.

<B>Les conditions sur le terrain</B>

Une réduction massive de troupes américaines en Irak est liée aux conditions sur le terrain et non à une date fixée à l?avance, a rappelé lundi un porte-parole du Pentagone. « Notre stratégie n?est pas guidée par une date mais par les conditions en place », a indiqué à l?AFP ce porte-parole, le commandant Joe Carpenter, alors que le ministère de la Défense britannique a indiqué, diman-che, que les États-Unis et la Grande-Bretagne envisagent de retirer plus de 100 000 hommes d?Irak au cours de l?année 2006.

Le gouvernement américain a dit « depuis un certain temps que notre retrait d?Irak sera lié à un certain nombre de conditions, dont l?adoption d?une Constitution, des élections et des forces de sécurité irakiennes suffisantes en quantité et en qualité », a-t-il ajouté, en précisant : « Ce sont ces conditions qui permettront aux États-Unis de réduire leur nombre de troupes et finalement de se retirer d?Irak. »

« Le département de la défense a un certain nombre de plans fondés sur une variété de critères. En fonction de différents scénarios, il y a des plans qui peuvent être mis en place », a-t-il ajouté. Mais il a précisé qu?il n?était « pas au courant d?un plan avec une date spécifique concernant le niveau des troupes en Irak ». Selon un document signé par le ministre de la Défense britannique, John Reid, publié dans le quotidien Mail on Sunday, Londres travaille sur un scénario de réduction à 3 000 de son contingent d?actuellement 8 500 hommes.

Selon ce document, Washington pourrait porter ses forces à 66 000 hommes, contre 176 000 actuellement, après avoir transféré le contrôle de 14 des 18 provinces du pays aux forces de sécurité irakiennes. Une porte-parole du ministère de la défense britannique a confirmé à l?AFP l?authenticité du document.

<B>@ 2 005 Le Monde ?avec REUTERS ET AFP ? Distribué par The New York Times Syndicate</B>

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