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Ôte toi de là?

12 juillet 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Tandis que l?heure est à l?initiative, le gouvernement se voit placé sur la défensive. Il est attaqué en cour sur l?affaire du recrutement des auxiliaires de santé. Ce dossier pourrait miner le climat de sérénité dont tout nouveau régime a besoin pour des actions décisives de début de mandat. La tension a encore monté hier entre les grévistes de la faim, réunis au Jardin de la Compagnie, et le ministre de la Santé. On se dirige vers une épreuve de force.

Il y a un croisement malheureux d?agitations qui fait que le nouveau gouvernement n?a pas le temps de réfléchir aux actions susceptibles de changer la vie des Mauriciens avant l?échéance des 100 jours. Dans un cas, il hérite d?un problème laissé en suspens par l?ancien régime. Des squatters occupent de force des maisons NHDC. Dans l?autre cas, celui des 388 personnes qui ont obtenu un emploi dans les hôpitaux, c?est le nouveau régime qui a créé un problème en annulant l?offre d?emploi. Navin Ramgoolam se trompe quand il s?écrie : ?Pa met baton dan mo la roue?. Il se l?est mis lui-même.

Le gouvernement a cherché un affrontement qui pourrait bien lui faire du tort. De quoi s?agit-il ? Après un appel à candidatures lancé le 21 septembre 2004 pour des postes de ?Health Care Assistants?, un long processus de sélection est enclenché. Les dotations pour ces nouveaux postes sont prévues au budget. Les candidats retenus sont informés le 4 juillet 2005, soit après le jour du scrutin, qu?ils ont été choisis. Beaucoup remettent aussitôt une lettre de démission à leur employeur actuel. Trois jours après, le ministère se rétracte et annule son offre d?emploi. La justice tranchera sur la légalité de son action mais sur le plan humain chacun a déjà une opinion sur le traitement de cette affaire par le gouvernement.

La question n?est pas de savoir si des pistons ont pu influencer le choix final des aspirants fonctionnaires. De toute façon, le clientélisme a longtemps été la règle à chaque fois que la PSC délègue ses pouvoirs à un ministère. Il ne s?agit pas de déterminer s?il a été une fois de plus un facteur déterminant ou alors si le critère de mérite a été scrupuleusement respecté. La question principale est de savoir s?il est humainement possible de briser l?espoir donné à ces jeunes pour qui le statut de fonctionnaire est le rêve ultime.

Si la désignation de ces auxiliaires médicaux est effectivement entachée de pratiques délictueuses, c?est aux commis de l?Etat et aux politiciens responsables de payer, pas ces malheureux qui demandent que l?Etat respecte la parole donnée. De plus, en choisissant l?affrontement, le gouvernement rate une occasion d?instaurer un climat favorable à la conciliation après une élection où le pays était si divisé.

L?acharnement des travaillistes à annuler les nominations n?est pas immédiatement clair. Le cynisme peut pousser certains à accuser le gouvernement de vouloir déloger les ?recrues? soupçonnées d?être proches de l?ancien régime pour installer ceux qui ont soutenu le ?bon? camp. Osons espérer que cette allégation n?est pas fondée. Le désir de servir ses amis ne saurait inciter un gouvernement fraîchement élu à chasser des jeunes qui commençaient à bâtir des châteaux en Espagne.

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