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L?attirance sympathiquedes autrement politiques

11 juillet 2005, 00:00

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Ce sont des partis et des candidats indépendants qui se sont signalés par une campagne différente dans la forme, et basée sur des thèmes précis. Pourtant? et là, il est rarement question de soutien électoral. Ils inspirent plus précisément de la sympathie. Hier comme aujourd?hui, ils souffrent d?un système qui les étouffe.

Au-delà de la lutte épique à laquelle se sont livrés les deux principaux blocs, il y a unanimité à reconnaître que le fait majeur de la campagne 2005 a été la décision d?une cour de justice permettant aux candidats de Rezistans ek Alternativ de se présenter aux élections sans décliner leur appartenance ethnique. La société politique, aussi bien que civile, ont salué l?événement.

Au sein de l?électorat un fort courant de sympathie s?est ouvertement exprimé pour ce parti. Même réflexe à l?égard de Lalit également qui mène inlassablement un combat contre le système de best-loser et en faveur d?une définition séculière de l?Etat. Deux partis, auxquels il faut aussi ajouter le Parti de la Majorité qui conduit une lutte bien définie sur le thème de la parité, et la candidature d?indépendants comme Georges Ah-Yan et Percy Yip Tong.

Pourtant l?échec électoral est important. D?une consultation à une autre, Lalit mène cette tâche herculéenne que de faire passer un message. Un message cohérent et constant. Malgré cela, l?adhésion électorale est minime. Le parti a recueilli entre 0,7 % à 3,6 % des voix là où il a présenté des candidats. Cette performance est mise au compte d?une bipolarisation accrue de la scène politique. ?En 2000, 12 % des votants se sont prononcés en dehors des deux alliances. Ce taux est passé à 8 % en 2005. Parallèlement, nos candidats ont souffert des partis populistes, voire sectaires, dans certaines circonscriptions?, explique-t-on du côté de Lalit.

Dernier des Mohicans d?un paysage politique qui encourage la bipolarisation, Lalit persiste à penser que, sans la participation de partis comme le sien, le débat de fond aurait été complètement occulté pendant la campagne. Le principal enjeu de ces élections est resté le fait de savoir s?il fallait ou non changer de gouvernement. Le système électoral encourage un tel réflexe chez l?électeur.

?C?est un système qui privilégie ceux qui ont des moyens financiers?, précise Ashok Subron de Rezistans ek Alternativ. ?Un système qui abruti les électeurs en jouant à fond la carte de la corruption. Il est impensable qu?on puisse offrir tant d?alcool aux gens?, surenchérit Percy Yip Tong, candidat au n° 12. ?La politique à Maurice, c?est le règne de l?argent, de l?opacité et des promesses?, enchaîne Goerges Ah-Yan, qui était candidat au n° 12.

C?est entendu. Les petits partis et les candidats indépendants ont peu de chance de constituer une troisième force. Parce que, entre autres, le réflexe ?vote bloc? prédomine durant les élections. D?où le slogan de Percy Yip Tong : ?Pa vot blok, vot dimoune.? Lui, qui a organisé 21 meetings en sept jours et qui est à sa deuxième participation aux élections législatives, estime n?avoir jamais vu des élections aussi ?communales? que celles de 2005. ?Je n?ai jamais vu une campagne aussi communale et raciste comme celle qu?on vient de vivre. On a même ajouté une variable avec le vote bloc puisque nous avons eu le vote bloc communal?, insiste Percy Yip Tong.

Georges Ah-Yan, pour sa part, note qu?il n?a même pas été question de changer un gouvernement pour le remplacer par un autre ou une manière de faire par une autre. ?Il a été simplement question de changer une personne par une autre. Cela m?inquiète. Quand les gens vous disent qu?ils vont voter pour une personne même si cette dernière va les piétiner juste pour empêcher quelqu?un d?autre de rester au pouvoir, il y a de quoi s?inquiéter. Il faut obligatoirement faire l?éducation de cet électorat sinon le système reproduira ses imperfections et l?électorat avec?, fait remarquer Georges Ah-Yan.

Ashok Subron ne pense pas pour autant que l?électeur mauricien est un être irrationnel. Son argument : une fois qu?il vit dans de bonnes conditions, l?électeur n?est même pas intéressé à connaître les caractéristiques de ceux qui les dirigent. ?Il n?y a qu?une partie minime de l?électorat qui vote communal. En fait, depuis 1982, on est installé dans un cycle d?alternance. Les électeurs expriment leur insatisfaction en changeant de régime sauf en 1987 où on était dans une situation de plein-emploi?, soutient Ashok Subron.

Lalit, de son côté, ne se dit pas surpris par les résultats des élections. Ce parti constate que l?alliance MSM-MMM a perdu 9 % de son soutien électoral alors que l?Alliance sociale enregistre une hausse de 13 % des suffrages recueillis en 2000. ?Le nouveau gouvernement est fort dans les régions rurales mais il bénéficie aussi d?une adhésion à Port-Louis, où le MMM n?a réussi à faire élire que six de ses candidats?, souligne-t-on à Lalit.

Entre les grands blocs, les partis et les indépendants, qui font campagne autrement, n?arrivent pas à se faire élire. Mais, du moins, pour eux, la politique n?est pas l?art du possible et encore moins le prétexte à toutes les compromissions.

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