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Communication politique

7 juillet 2005, 00:00

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par Nazim ESOOF

C?est probablement une atmosphère mélancolique qui doit règner dans le ciel mauve et blanc ces jours-ci. On peut comprendre que les ?donneurs de leçons? peuvent irriter. Il ne s?agit pas donc ici de jouer les grands analystes livrant de grands enseignements. Le nouveau gouvernement bénéficiant de ses cent jours de grâce, on se limitera à évoquer les éléments qui peuvent contribuer à façonner en mieux le visage de la nouvelle opposition.

Pour cette victoire de l?Alliance sociale, tout s?est joué au plan de la communication politique et de la stratégie électorale. Là où l?Alliance MSM-MMM a lamentablement échoué. D?abord, dans le choix de ses thèmes et de son slogan de campagne. L?accent mis sur le bilan, l?équipe et l?idée de continuité est directement en porte-à faux avec le principe qu?une élection est une occasion de changement. C?est le propre de chaque élection. C?est ce que l?alliance MSM-MMM semble n?avoir pas compris autant qu?elle est passée complètement à côté du fait que la perspective de continuité n?est guère reluisante pour un électorat qui a été soumis à un régime de rigueur pendant près de cinq ans !

Autant qu?ils doivent savoir qu?une élection se joue à peu de choses près et très souvent sur une grande idée. En 2000, cela a été le partage du pouvoir entre SAJ et Paul Bérenger. En 2005, il n?y a rien eu. Pourtant pendant des années, le pouvoir MSM-MMM a martelé l?idée de l?unité nationale. Son thème de campagne était tout trouvé. Cela aurait pu se traduire dans le choix des candidats. Une révision des critères traditionnels dans l?allocation des circonscriptions aurait été un bon moyen pour démontrer un réel souci d?unité nationale.

Placer quelques candidats en ne respectant pas la fatalité de la logique communale aurait été la démonstration que le pouvoir, après cinq années passées à moderniser les institutions et l?économie, allait faire du pays sa principale préoccupation. Une telle stratégie aurait eu le mérite de déconstruire toute la campagne de l?opposition qui était fondée sur un partage des responsabilités selon le symbolisme ethnique. Or, le gouvernement sortant s?est montré pusillanime là où il fallait oser. Echec d?une stratégie qui a fait le pari d?une maturité de l?électorat sans lui donner l?occasion de démontrer cette nouvelle maturité. Tel pourrait être le condensé de la stratégie développée.

Il semblerait que, malgré l?échec, des responsables de l?alliance MSM-MMM n?aient pas retenu des leçons élémentaires. Lundi, quelque 43 % des électeurs se rendent compte que le bloc qui a recueilli leur faveur ne formera pas le prochain gouvernement. Se pose la question de savoir ce que fera Paul Bérenger qui avait annoncé qu?il comptait se retirer d?un éventuel gouvernement MSM-MMM en 2008 ?

En politique, il faut savoir se faire désirer. Avant les élections de 1988, le président Mitterrand, qui venait de perdre sa majorité socialiste au Parlement, tient la France en otage pendant des mois en refusant d?indiquer s?il allait se représenter. Donné perdant, il va rendre cette candidature souhaitable. Evidemment, il sera réélu.

Or, que fait un Paul Bérenger à Maurice ? Le jour même qu?il subit un rejet, il annonce qu?il faut compter avec lui en 2010. Si ce n?est pas la preuve d?une saisie approximative des enjeux de communication, cela y ressemble étrangement. Chaque défaite est l?occasion d?une remise en question. Pour le MSM-MMM, il s?agira de s?interroger sur sa maîtrise des outils de communication politique.

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