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Accord stratégique

L’Inde devient un partenaire clé de la fourniture énergétique de Maurice

21 août 2026, 11:00

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L’Inde devient un partenaire clé de la fourniture énergétique de Maurice

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, accueillant Hardeep Singh Puri, ministre indien du Pétrole et du gaz naturel, hier. (Photo : © GIS)

Maurice et l’Inde ont franchi, hier, une nouvelle étape dans le renforcement de leur partenariat stratégique. Les deux pays ont souscrit à un Memorandum of Understanding (MoU) sur la coopération dans le secteur pétrolier et gazier, ainsi qu’à un Sales and Purchase Agreement (SPA) destiné à garantir l’approvisionnement à long terme de l’île en produits pétroliers. La cérémonie s’est tenue à l’Assemblée nationale, dans le cadre de la visite officielle de Hardeep Singh Puri, ministre indien du Pétrole et du gaz naturel. L’événement a été précédé d’une présentation vidéo consacrée aux relations bilatérales, mettant en lumière la profondeur des liens historiques, culturels et humains qui unissent les deux pays.

Le MoU a été signé par Jean Daniel Philippe Labonne, Supervising Officer au ministère du Commerce et de la protection des consommateurs, et Anurag Srivastava, haut-commissaire de l’Inde à Maurice. Cet accord établit un cadre intergouvernemental pour la coopération dans l’approvisionnement en produits pétroliers, le renforcement de la sécurité énergétique de Maurice, les biocarburants et le développement des compétences.

Parallèlement, la State Trading Corporation (STC) et Indian Oil Corporation Limited ont conclu un accord commercial. Le document a été signé par Suren Dayal, General Manager de la STC, et Arvinder Singh Sahney, Chairperson d’Indian Oil Corporation Limited. Le SPA prévoit un approvisionnement structuré à long terme en essence, diesel, carburant d’aviation Jet A1 et Marine Gas Oil.

Selon le Premier ministre, Navin Ramgoolam, cette initiative répond à un impératif majeur pour un petit État insulaire fortement dépendant des importations énergétiques.* «La signature de ce Memorandum reflète notre stratégie visant, avant toute chose, à sauvegarder notre sécurité énergétique et à renforcer la résilience de notre économie»*, a-t-il déclaré.

Le chef du gouvernement a rappelé que les discussions avaient débuté lors de sa visite d’État en Inde en septembre 2025, bien avant les récentes tensions géopolitiques au Moyen-Orient. «Ce qui avait commencé comme un dialogue au plus haut niveau politique s’est aujourd’hui concrétisé par un cadre structuré de coopération», a-t-il souligné.

Le partenariat, a-t-il ajouté, permettra à Maurice de mieux se prémunir contre les fluctuations des prix internationaux, les perturbations des routes maritimes et les bouleversements des chaînes mondiales d’approvisionnement. Le MoU ouvre également des perspectives dans les biocarburants, les énergies renouvelables et les technologies innovantes.

Pour sa part, Hardeep Singh Puri a qualifié l’accord de «déclaration de confiance, d’objectif commun et de fiabilité entre deux nations qui ont toujours été présentes l’une pour l’autre». Il a précisé que l’engagement d’approvisionnement sur cinq ans constitue le premier accord de cette nature conclu par une entreprise pétrolière publique indienne en dehors de l’Asie du Sud.

Le ministre indien a également mis en avant la capacité croissante de son pays dans le raffinage. La Grande péninsule dispose aujourd’hui de 23 raffineries, avec une capacité annuelle proche de 270 millions de tonnes métriques, et vise environ 300 millions de tonnes par an à l’avenir. Cette puissance énergétique devrait ainsi contribuer à offrir à Maurice davantage de stabilité et de prévisibilité.

«Aujourd’hui sera retenu comme une étape historique dans les relations énergétiques entre nos deux pays», a affirmé Hardeep Singh Puri. Au-delà d’un simple accord commercial, les documents échangés hier traduisent la volonté de Port-Louis et de New Delhi de transformer leur relation privilégiée en résultats concrets, au service de la sécurité énergétique et du développement durable.

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Michaël Sik Yuen : «Le plus important, c’est que le pays continue à fonctionner»

Le nouvel accord de coopération énergétique entre Maurice et l’Inde constitue une avancée majeure pour la sécurité de l’approvisionnement du pays dans un contexte international marqué par la guerre et la volatilité des marchés. C’est le message défendu par le ministre du Commerce et de la protection des consommateurs, Michaël Sik Yuen, hier, lors de l’échange du MoU et du SPA dans le secteur pétrolier et gazier.

Le ministre a salué la «vision» de Navin Ramgoolam, qui avait engagé des discussions avec son homologue indien, Narendra Modi, avant même l’éclatement du conflit ayant bouleversé les marchés énergétiques. Ces discussions ont abouti à un accord gouvernement-à-gouvernement, complété par un contrat commercial de cinq ans entre la STC et Indian Oil Corporation.

«La guerre est devenue la new normal», a relevé Michaël Sik Yuen, estimant que Maurice doit désormais s’adapter à une situation mondiale imprévisible. Il a fait ressortir que la priorité demeure la continuité de l’approvisionnement afin d’éviter toute rupture de carburants, alors que certains pays connaissent déjà des difficultés.

Le nouvel accord prévoit également des mécanismes de renégociation. En cas de fin du conflit, Maurice pourra donner un préavis de 30 jours pour revenir à la table des négo- ciations. Une autre fenêtre de négociation est prévue tous les 12 mois, avec la possibilité d’adresser un préavis au cours du dixième mois. Selon le ministre, ces clauses constituent un «point très fort» permettant à Maurice de mieux protéger ses intérêts face à l’évolution des prix mondiaux. Le contrat actuel avec OQ Trading, arrivé à échéance le 31 juillet, a été prolongé de deux mois. Indian Oil devrait ainsi commencer à approvisionner la STC vers la fin du mois de septembre.

Abordant la hausse des prix des carburants, Michaël Sik Yuen a rappelé que Maurice reste dépendante des marchés internationaux. Il a néanmoins affirmé que les prix locaux, autour de Rs 70 le litre, demeurent inférieurs à ceux observés dans plusieurs pays, où ils peuvent dépasser Rs 100, voire atteindre Rs 125 le litre. Le ministre a également défendu la gestion de la STC, affirmant que des économies de Rs 20,4 millions ont été réalisées sur certains contrats, tandis que le Price Stabilisation Account affiche actuellement environ Rs 0,5 milliard de déficit, contre une situation qui aurait pu atteindre Rs 2,5 milliards sans intervention.

Pour Michaël Sik Yuen, l’objectif reste clair : assurer l’absence de rupture, préserver l’économie et protéger les consommateurs. «Le plus important, c’est que le pays continue à fonctionner.»

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