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L’UA demande au G8 d’annuler la totalité de la dette africaine
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L’UA demande au G8 d’annuler la totalité de la dette africaine
La quarantaine de chefs d’Etat et les délégations des pays membres de l’Union africaine (UA) réunis en sommet à Syrte (Libye) ont validé cette semaine les propositions préparées durant le week-end par les ministres des affaires étrangères de l’UA, préservant ainsi le front commun pour peser davantage sur les négociations à venir. Outre l’annulation totale de la dette africaine, cette “position africaine commune au sommet du G8” adoptée par les chefs d’Etat réclame également la suppression des subventions agricoles qui handicapent des secteurs entiers de l’économie africaine, notamment le coton.
Le document résumant cette position, dont l’AFP a obtenu copie, énonce “les engagements essentiels attendus de la part des partenaires du développement”, alors que les huit pays les plus industrialisés (G8) vont précisément consacrer à l’aide à l’Afrique une partie de leur sommet de Gleneagles, en Ecosse, à partir de d’hier. Plusieurs chefs d’Etat africains ont été invités à y présenter les attentes du continent.
“Les partenaires du développement, poursuit l’UA, devraient s’engager à accroître l’aide à 0,5 % du PIB d’ici 2010 et à 0,7 % d’ici 2015”. L’organisation africaine demande dans le même temps de “doubler l’aide dans le court terme”, et réclame un calendrier pour “l’élimination des subventions qui entravent les échanges commerciaux”.
Les pays industrialisés sont parallèlement sollicités pour “appuyer les efforts de renforcement des capacités des Etats africains en vue de diversifier leurs productions et exportations”.
En contrepartie, les chefs d’Etat africains ont pris plusieurs engagements pour rassurer leurs partenaires étrangers, comme la “promotion de la transparence et de la bonne gouvernance et tolérance zéro contre les pratiques de corruption”. L’UA doit également “accélérer l’intégration régionale à travers l’élimination de toute les barrières au commerce intra-africain” et faire de la “prévention et résolution des conflits une priorité”.
<B>La réforme</B>
Sur l’autre grand dossier de ce sommet, la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, les chefs d’Etat ont adopté une déclaration commune et une résolution qui seront présentées aux Nations unies, demandant “deux sièges de membre permanent avec droit de veto et cinq sièges non permanents”, selon des sources concordantes.
L’Afrique dispose actuellement de trois sièges non permanents tournants, sur un Conseil de quinze membres. Les textes de la résolution et de la déclaration n’ont pas encore été rendus publics, mais les projets établis par l’UA mentionnent également “le renforcement du leadership de l’assemblée générale des Nations unies” et du “secrétariat dans le sens d’une plus grande efficacité et d’une représentation accrue de l’Afrique”.
<B>© 2005 Le Monde News Service-
Distribué par The New York Times Syndicate</B>
LUTTER CONTRE LA CORRUPTION
<B>Wangari Maathai : L’annulation de la dette n’est pas la panacée</B>
■ L’annulation de la dette africaine, l’augmentation de l’aide au développement et l’ouverture des marchés occidentaux ne sont qu’une première étape pour sortir l’Afrique de la pauvreté, a estimé mardi Wangari Maathai, prix Nobel de la Paix en 2004. “Annuler la dette n’est pas la panacée (...) Nous devons continuer à éliminer les obstacles et les causes de la pauvreté en revenant à leurs racines”, a déclaré à Reuters cette universitaire kenyane de 65 ans, récompensée pour son combat contre la déforestation. La fondatrice du “Mouvement de la ceinture verte”, organisation principalement féminine qui a planté 30 millions d’arbres en Afrique, a insisté sur la nécessité de lutter contre la corruption et de promouvoir une meilleure éducation pour tous. “Il est très important que les gens comprennent qu’ils doivent s’impliquer activement dans la manière dont ils sont gouvernés et qu’ils ne doivent pas se contenter de suivre (les dirigeants)”, a-t-elle poursuivi en marge du sommet panafricain de Syrte (Libye). “La gouvernance est une pièce très très importante du puzzle et elle s’est améliorée en Afrique. Nous avançons dans la bonne direction”, s’est-elle réjouie. Cette militante écologiste connue pour son franc-parler a salué les concerts organisés samedi dernier dans le cadre du G8, mais s’est demandée si les foules occidentales étaient conscientes des sommes africaines entreposées dans les banques du Nord. “Il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas élever notre conscience morale à un niveau où nous jugerons inacceptable qu’un dictateur africain vole de l’argent à son peuple et le porte dans un pays tel que la Grande-Bretagne où il sera protégé”, a-t-elle déclaré. A la veille de l’ouverture du sommet du G8 à Gleneagles (Ecosse), Maathai a également critiqué des règles commerciales jugées inéquitables pour les productions locales africaines, notamment dans le domaine agricole. “Beaucoup de ressources extraites d’Afrique ne sont pas payées par les Etats européens à un juste prix, par exemple le bois de charpente congolais”, a-t-elle estimé. La lauréate du prix Nobel a enfin appelé les dirigeants des pays riches à annuler totalement les 230 milliards de dollars de dette des Etats africains, jugeant que l’Afrique avait amplement remboursé les sommes initialement empruntées.
<B>Paul de BENDERN</B>
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