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Touche finale à la liste de ministres

6 juillet 2005, 20:00

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Quel portefeuille ministériel ? Et à qui ? La journée d?hier était intense en spéculations La tant attendue liste de ministres était encore au stade de finalisation à hier soir. A la résidence du nouveau Premier ministre, Navin Ramgoolam, à River Walk, le va-et-vient n?a pas manqué dans l?après-midi. S?y déroulaient des réunions avec ses hommes de confiance. Parmi ceux présents, Dan Callikhan, Kailash Purryag et Rama Sithanen. Alors qu?il semblerait que certains ministrables avaient les yeux rivés sur leur téléphone?

Mais qui a donc été contacté ? Motus et bouche cousue. Rien ne transpire des réunions mais certains s?attendent à être convoqués aux petites heures du matin à River Walk. A 22 heures hier, des proches collaborateurs de Navin Ramgoolam auraient toutefois été vus quittant la résidence.

Place aux spéculations. D?abord, les quasi-certitudes : les vice-Premier ministres, Rashid Beebeejaun et Xavier-Luc Duval. Les ministres : l?élu de Rose-Belle, Arvin Boolell, le leader du MMSM, Madan Dulloo, celui du MSD, Anil Bachoo et Rama Sithanen. S?il est certain que ce dernier se verra attribué le portefeuille des Finances, pour les autres le secret est bien gardé.

Mais il se pourrait qu?Arvin Boolell reprenne le porte-feuille de l?Agriculture, que Xavier-Luc Duval s?attelle à la tâche à celui du tourisme et que Madan Dulloo ira aux Affaires étrangères. Anil Bachoo fera-t-il de son côté un come-back au ministère des Infrastructures publiques ?

En attendant, Abu Kasenally serait le prochain ministre de la Santé, Sheila Bappoo, de la Sécurité sociale, Sylvio Tang, de la Jeunesse et des Sports ; pour Indira Seebun, le ministère de la Femme, Dharam Gokhool, le portefeuille de l?Education et Cader Sayed-Hossen, le ministère de l?Industrie. A moins que ce porte-feuille ne soit attribué à Ram Mardemootoo ?

La surprise viendrait du côte de Mahendra Gowressoo (Samlo) qui occuperait le portefeuille des Petites et moyennes entreprises. Et sont aussi cités comme ministrables, Rajesh Jeetah, Satish Faugoo, James Burty David et Suren Dayal. Les attributions moins certaines sont Jean-François Chaumière pour le Logement, Etienne Sinatamboo pour la Justice ou l?Environnement et Asraf Dullul pour les Services financiers. Lormus Bundhoo et Yatin Varma seront peut-être aussi de la partie alors que d?aucuns affirment que Kalyanee Virahsawmy pourrait aussi être nommée.

Rama Valayden pressenti pour être l?Attorney General ( poste que l?on peut occuper même si on n?est pas un élu de l?Assemblée nationale) aurait signifié son intention de refuser l?offre si celle-ci lui est faite.

Le voile sera levé aujourd?hui. La cérémonie de prestation de serment des membres du gouvernement se tiendra cet après-midi à 17 heures devant l?hôtel du gouvernement. Navin Ramgoolam explique sa dérogation à la tradition qui veut que la cérémonie soit faite au Château du Réduit : ?Nous avons été élus par le peuple et nous allons prêter serment devant le peuple.?

Le président de la République, Sir Anerood Jugnauth, est attendu à 17 heures. Autre innovation : un maître de cérémonie pour ajouter une touche populaire à l?événement. La cérémonie de prestation de serment sera suivie d?une petite fête qui se déroulera selon toute probabilité au Sir Harillal Vaghjee Hall.

Le Mouvement socialiste militant (MSM) décidera pour sa part de son avenir dans les prochains jours lors d?un bureau politique. Il devra se trouver un chef de file à l?Assemblée nationale.

Trois personnes ont été identifiées : le secrétaire général Nando Bodha, le président du parti, Joe Lesjongard et l?outsider est Ashok Jugnauth. Des responsables souhaitent que ce soit un membre de la famille Jugnauth qui assure le poste de chef de file.

Démissions en série dans les organismes parapublics

Changement de gouvernement oblige, des proches de l?ancien régime prennent le large. Plusieurs présidents des organismes parapublics, et de compagnies, où l?Etat a des intérêts, ont déjà soumis ou comptent soumettre bientôt leur démission.

Parmi les premiers à avoir pris leurs distances, le conseiller spécial du Premier ministre et président de Mauritius Telecom et du Board of Investment, Prem Nababsing. ?Cela coule de source que je ne peux pas continuer dans les différentes positions que le gouvernement m?a offertes.? Il pourrait être remplacé par Sarat Lallah, haut responsable de la cellule de communication que l?Alliance sociale avait mise en place pour les élections.

Le directeur général de la Mauritius Broadcasting Corporation, Torriden Chellapermal, dit, lui, ?attendre la décision du Premier ministre? et ?assure la transition en attendant?.

Dans les couloirs, beaucoup de personnes espèrent une nomination à la tête de la télévision nationale. Sur la liste figurent notamment Dan Callikan, ancien directeur général de la MBC, et l?un des responsables de campagne de l?Alliance sociale, et Trilock Dwarka, également ancien patron de la MBC.

A la National Housing Development Company, Molloo Gujadhur a envoyé sa lettre de démission hier. ?Le gouvernement MSM-MMM qui m?a nommé s?en est allé et il est normal que je suive.?

La Mauritius Housing Company ira également à la recherche d?un nouveau président. Mahmad Kodabaccus démissionnera dans les jours qui viennent. ? Ça fait partie du jeu. Un nominé politique doit partir lorsqu?il y a un changement de gouvernement.? Gaëtan Pillay, président de la Cargo Handling Corporation, franchira pour sa part le pas lors de la réunion du conseil d?administration programmée pour la semaine prochaine.

Idem pour Vinod Ramchurn, président du Sugar Investment Trust. Deshmuk Kowlessur, président de la State Investment Company, a déjà fait savoir aux responsables de la compagnie que sa démission ne saurait tarder.

Raj Mathur, président du Mauritius Institute of Education, ?attend la nomination du nouveau ministre de l?Education avant de partir ?. Tout en soulignant qu?il ?ne compte pas rester, il affirme toutefois ?être à la disposition? du nouveau régime. Raj Nuckchady, président du Mahatama Gandhi Institute, est aussi en partance.

Pour Ananda Rajoo, le gouvernement MSM-MMM étant parti, il suit. Ce proche conseiller de Rajesh Bhagwan était président du Mauritius College of the Air. ?Je suis cependant content d?avoir pu participer à la métamorphose du MCA en Open University ?, indique Ananda Rajoo.

Le siège de président de la NATReSA est déclaré vacant avec le départ de Lindsay Morvan. Pour qui une démission après un changement de pouvoir est ?un point d?honneur?.

Le président de State Informatics Ltd et du Horse Racing Board, Kris Lutchmeenaraidoo, attend pour sa part la nomination du nouveau cabinet avant de prendre rendez-vous avec les ministres concernés. ?J?attends une rencontre avec le ministre des Finances pour soumettre ma démission. Etant donné que j?ai été nommé par le précédent gouvernement, il est tout à fait logique que j?offre la possibilité de me remplacer, mais s?ils me demandent de continuer, je le ferai.?

Au niveau de l?Information & Communication Technologies Authority, le président Dev Erriah patiente jusqu?à l?arrivée du nouveau ministre ?avant de décider de la marche à suivre ?.

Certains souhaitent cependant demeurer à leur poste. Même s?ils ont été nommés par le précédent régime. Ils demandent à être jugés sur leurs compétences et non pas pour leur ?ancienne affiliation politique?.

Car parmi eux, certains ont été recrutés pour leurs compétences. ?Changement de régime ou pas, le travail continue. Etant donné que je ne suis pas un nominé politique, je reste. Du moins pour le moment?, déclare le président d?une compagnie où l?Etat est actionnaire majoritaire.

Entre-temps, parmi les conseillers, plusieurs ont déjà pris le large notamment au bureau du Premier ministre ou encore au ministère de l?Education, où la quasi-totalité des conseillers a démissionné. Même si leur contrat ne stipule pas qu?ils doivent quitter leurs fonctions en même temps que leur ministre, ils ont préféré prendre les devants au lieu d?attendre que le nouveau ministre décide de les remplacer. Mais là aussi, certains, qui n?ont pas été recrutés pour leurs affinités politiques, restent en poste.

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