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Tenir leur promesse

3 juillet 2005, 00:00

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Dès le 4 juillet, des enjeux plus politiques se manifesteront. D?abord, pour le MMM. En cas de défaite, que fera Bérenger ? Dans quel état sera le parti ? À ces deux questions, quelques éléments de réponse : en cas de courte défaite, Bérenger n?est jamais aussi bon que dans le rôle d?opposant. Mais si le MMM sort affaibli, il risque de se préparer une retraite rapide, après avoir désigné son successeur. Mais peu d?observateurs voient Bérenger passant ses journées un arrosoir à la main?

Hypothèse 2 : la victoire. Paul Bérenger devient Premier ministre pour deux ans et demi, puis Senior Minister pour préparer la relève mauve, tandis que Pravind Jugnauth sera le nouveau PM. Vainqueur ou perdant, le MMM devra revoir son fonctionnement et préparer l?après-Bérenger.

Contenir les excès et les aspirations

Pour le MSM, les enjeux sont tout autres. En cas de défaite, Pravind Jugnauth sera moins ébranlé, à moins d?une défaite personnelle à Vieux-Grand-Port-Rose-Belle. Avec un candidat par circonscription, le jeune Jugnauth s?est assuré d?avoir un certain nombre d?élus dans les villes, bastion des mauves.

De plus, piti-la a fait un vrai pari sur l?avenir, en rajeunissant les cadres de son parti. On peut compter sur les doigts d?une main les « dinosaures » encore en lice pour ces élections. Les élus des villes assureront à son parti une véritable assise urbaine. L?enjeu sera de faire du MSM un véritable parti pouvant gouverner (seul ?) en 2010.

En cas de victoire, Pravind Jugnauth deviendra Premier ministre dans trente mois et devra prouver qu?il en a l?étoffe. Le MSM aux affaires, il sera possible de bénéficier des avantages du pouvoir pour « recruter » et séduire l?ensemble du pays, s?assurant ainsi un enracinement durable.

Dans le cas de l?Alliance sociale, les choses risquent de se compliquer dès son arrivée au pouvoir, car il n?est pas facile de satisfaire six partenaires, surtout si plusieurs chefs sont battus. Ramgoolam devra contenir les excès et aspirations de ses alliés e canaliser les frustrations de ses propres troupes. Et montrer, dès les 100 premiers jours, qu?il est différent du PM de 1995-2000. En cas de défaite, beaucoup prédisent « l?exil » du leader rouge à Londres. Mais l?homme est orgueilleux et voudra certainement rassembler la famille travailliste qu?une défaite risque de déstabiliser. S?il choisit d?être un leader de l?opposition ne faisant que des apparitions au Parlement, son leadership au sein du parti court le risque d?être menacé par Arvin Boolell.

Une certitude : vainqueur ou vaincu, le MSM de Jugnauth sera, en tant que parti, celui qui aura le mieux préparé l?avenir?

Ne parlez pas mondialisation de l?économie, fin du Protocole sucre ou démantèlement de l?accord multifibres à l?électeur lambda. Ce qui lui importe, c?est que ses conditions de vie s?améliorent, que son emploi lui soit garanti et que sa famille puisse manger à sa faim et bénéficier d?un toit décent. Tout supplément est bienvenu.

Le gouvernement qui sera élu aura la lourde tâche de parler le langage de la vérité tout en tentant de respecter ses promesses. En cas de victoire de l?Alliance sociale, qui a basé sa campagne sur l?enjeu bread & butter, l?après-4 juillet risque d?être difficile. D?abord, toutes les promesses faites devront être chiffrées. Comment les financera-t-elle ? Il lui faudra également justifier ses priorités et présenter un échéancier dépassant les 100 jours promis.

Et l?électeur attend du Ramgoolam nouveau, qu?il prenne des décisions rapidement et que les « choses » bougent.

Hormis la construction de nombreux établissements scolaires, le démarrage de la cybercité et les promesses, l?électeur retiendra aussi du passage de l?alliance MSM-MMM, l?augmentation du nombre de chômeurs et la cherté de la vie.

Une question reste : comment les deux alliances arriveront-elles à respecter leur promesse d?une croissance annuelle de 8 % afin de garantir le développement et le presque plein emploi ? Vaste programme.

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