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La séduction tous azimuts
Les alliances font très attention aux « réalités socio-économiques du pays » qui déterminent le profil des candidats et les discours. Mais, promis-juré, affirment-elles, tel n?est pas le cas.
Alors, comment interpréter le positionnement de certaines associations « socioculturelles » en faveur de tel ou de tel bloc ? Plusieurs font même preuve de cynisme pour monnayer leur soutien. Grâce à elles, Ramgoolam et Bérenger espèrent rassurer les différentes sections de la communauté majoritaire.
Comme en 1991, la religion est là. Des candidats se servent de la mythologie hindoue pour qualifier l?enjeu électoral de combat entre le bien et le mal. Les plus naïfs diront que les candidats choisissent simplement des exemples qui « parlent » à leur électorat. Mais force est de constater que la diabolisation de l?adversaire indique que tous les coups sont permis.
Estimant que la communauté musulmane, longtemps « dépôt fixe » du MMM, avait changé de bord et qu?elle pourrait faire pencher la balance de son côté, Ramgoolam a pris Xavier Duval de court en annonçant que Rashid Beebeejaun serait le n° 2 de son gouvernement. Cette « promotion » illustre son désir de rassembler à tout prix hindous et musulmans. Les yeux doux récents de XLD à Maurice Allet, sous prétexte de rassembler la basse-cour bleue, traduisent chez lui ce sentiment de marginalisation, d?autant que malgré ses six tickets, il risque de se retrouver avec peu ou pas d?élus.
Sauf deux exceptions, tous deux alignent des adversaires présentant les mêmes « profils » castéistes. Selon eux, pour remporter des sièges, il faut ratisser à ce niveau. D?où le temps passé à courtiser ces fameuses associations. Le ralliement de ces dernières à un camp indique souvent où vont les préférences de la communauté majoritaire, mais certaines déclarations de responsables, à l?instar de Dhundev Bauhadoor au Swastika, desservent leurs courtisans. Les adversaires de Ramgoolam se sont empressés de faire circuler une copie VCD de l?intervention de Bauhadoor et des mots d?approbation du leader travailliste.
En période électorale, les politiques se sentent très concernés par le sort des plus pauvres. Tout est fait « pu ou, pu ou dibyen ek selwi de ou fami ». L?opposition articule son discours « social » sur le fait que « bef travay ek suval manze » et sur le petit nombre de familles contrôlant l?économie. Les réformes de la pension ont apporté de précieux dividendes à l?opposition, les candidats adverses hésitant à se « mouiller » sur la question.
<B>Ils ciblent des publics précis</B>
Le langage des leaders ne varie pas : ils obtiendront des « trwa piso » et « des 60-0 ». Cependant, au lieu d?appeler au rassemblement quand ils sont acculés, Ramgoolam et Bérenger se traitent de tous les noms et ciblent des publics précis : clins d??il vers les « frères et s?urs musulmans », promesses aux « frères et s?urs créoles », appels aux « misye ek madam de la kominote sinwaz ».
Au sujet de l?éducation, les deux blocs se sont positionnés de manière différente ; l?opposition faisant feu de tout bois et modifiant sa stratégie pour tenter de surfer sur les attentes de la population, alors que le gouvernement défend sa réforme et promet un saut qualitatif.
La stratégie menée par l?opposition est significative. Depuis un an, Ramgolam et ses partenaires n?ont cessé de dénoncer la réforme Obeegadoo, l?accusant de vouloir la disparition de l?élite et d?interdire l?accès des Star Schools aux démunis. « Zot na pa le ki piti malere, ki ou piti, kapav al kolez Royal », n?a-t-on cessé d?entendre. Ce thème racoleur a remporté quelque succès, le MSM-MMM se montrant d?abord timoré, voire arrogant, dans la défense de la réforme. L?abolition du ranking étant acceptée par les Mauriciens, les rouges s?en prennent alors aux Form VI Colleges. Mais, là encore, l?opposition se cache derrière un laconique « pour des raisons pédagogiques » pour justifier son stand.
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