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La lutte finale
<B>Les équipes
Une histoire de profil</B>
Trouver le candidat au « profil » idéal n?est pas facile. Les leaders des deux blocs pensent y être arrivés. Parfois aidés ou handicapés par leurs propres partenaires. Mais les choix ont tous obéi à plusieurs impératifs. Le rajeunissement, la féminisation, l?ethnicité, la proximité et le parcours professionnel des candidats ont été des facteurs clés.
En présentant sa liste de candidats, le 21 mai, Paul Bérenger estime que c?est un « achievement » de la boucler une dizaine de jours avant le Nomination Day, le 30 mai. La tâche du tandem Bérenger-Pravind Jugnauth sera effectivement moins compliquée que celle de Navin Ramgoolam. La répartition des tickets est simple : 30 pour le MMM, 29 pour le MSM et 1 pour le junior partner PMSD.
À l?Alliance sociale, après une série d?âpres tractations et quelques grosses désillusions, le Parti travailliste se réserve 42 tickets, en alloue 6 au PMXD et trois à chacun des autres partis, MR, MSD, MMSM, OF-Les Verts.
Mais Ramgoolam réussit un autre coup en effectuant de « bons » placements. Ainsi, il case en priorité les candidats travaillistes dans les circonscriptions les plus « sûres » pour eux. Parallèlement, les autres partenaires, surtout les éventuelles fortes têtes d?un futur gouvernement rouge, se retrouvent dans des circonscriptions où leurs chances paraissent minces. Sylvio Michel en sait quelque chose à Stanley Rose-Hill. Seuls Anil Bachoo et Madan Dulloo, leaders du MSD et du MMSM respectivement, se retrouvent dans des circonscriptions où leur élection paraît assurée.
Toutefois, au-delà des rapports de force entre partenaires, chaque camp a été obligé de se prêter au jeu du rajeunissement et de la féminisation. On ne discute pas pendant quatre ans sur la nécessité d?apporter du sang neuf et féminin pour rebrousser chemin au dernier moment. L?alliance MSM-MMM s?en tire à bon compte : elle propose 19 nouvelles têtes et 10 candidates, contre 12 et 6 chez l?adversaire. Sur les deux tableaux, c?est le MSM qui assure l?essentiel du contingent.
Pravind Jugnauth utilise le départ d?Anil Bachoo et de quatre autres membres du MSM en début d?année à son avantage. Ce délestage lui permet d?introduire des têtes nouvelles. De son côté, Ramgoolam réussit quand même à donner quelques gages de sa volonté de renouveler ses effectifs. Le « Bizin changement » de l?Alliance sociale s?applique à Manou Bheenick, Kailash Purryag et Sarat Lallah, pourtant des ténors rouges. Seul le MMM se montre réfractaire au renouvellement. Bérenger explique en cercle fermé qu?il ne compte pas remplacer les MMM historiques, comme Jayen Cuttaree, par n?importe quel novice aussi doué fut-il.
L?élément déterminant du profil des candidats reste son appartenance ethnique. À ce chapitre, inutile de chercher des différences dans l?approche des deux camps. L?adage « feray manz feray » ne saurait mentir. C?est ainsi que chaque candidat a été placé là où l?électorat peut le mieux s?identifier à lui. Il faut bien avoir un Ringadoo pour contrer un Nagalingum à Quartier-Militaire-Moka. Tout comme il est impératif d?aligner un Kasenally face à un Soodun à la Caverne-Ph?nix. Et si c?est Dharam Gokhool qui est candidat à Flacq, il faut bien que son adversaire d?en face soit Prem Koonjoo. La logique est simple et implacable. Les deux blocs ne la contestent pas.
C?est en suivant la même logique que le prochain gouvernement sera constitué dans les jours à venir. On ne change pas une recette qui marche !
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