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Grand soleil sur Vino
Avant de penser rejoindre la Discovery Channel pour s?y glisser dans les oripeaux de sa majesté Armstrong, Alexandre Vinokourov entend ne pas rater la dernière occasion qui lui sera donnée à partir d?aujourd?hui, sur les routes du Tour de France, de battre l?Américain à la régulière sur son terrain favori de la Grande Boucle.
Troisième en 2003 mais absent sur blessure l?an dernier, le Kazakh a cette année mis toutes les chances de son côté pour arriver fin prêt pour « le » grand rendez-vous de sa saison. Au sein d?une T-Mobile où il cohabite avec Ullrich et Kloeden, Vino attend son heure?
Mais où était-il passé ? D?ordinaire fidèle à sa réputation de coureur tout terrain, sur la brèche dix mois sur douze, Alexandre Vinokourov a traversé son début de saison en toute discrétion, laissant fleurir dans son sillage les commentaires inquiets et les doutes sur sa capacité à briller cette année. Paris-Nice, Critérium international et Amstel Gold Race traversés sans éclat avant que la troisième pointe du trident de la T-Mobile, avec Ullrich et Kloeden, ne reprenne le devant de la scène de la plus belle des manières en s?imposant sur Liège-Bastogne-Liège.
Un retour tonitruant après des mois, non pas d?incertitudes, mais de travail acharné destiné à préparer comme jamais sans doute le rendez-vous de sa saison. Le Tour et rien d?autre : depuis deux ans maintenant, Vinokourov vit dans l?obsession de briller de nouveau sur les routes de cette Grande Boucle sur lesquelles il s?était révélé définitivement au grand public lors de l?édition 2003. Une troisième place derrière Jan Ullrich, et un Armstrong poussé alors dans ses derniers retranchements par ce poison kazakh permanent.
<B>Un maillot qui donne des ailes</B>
Une performance majuscule sans lendemain pourtant, Vino voyant un an plus tard sa progression brisée par une lourde chute sur le Tour de Suisse. Une année entière donc passée à peaufiner le moindre détail, à corriger le plus petit défaut et à compenser ici et là tel ou tel manque afin d?arriver aujourd?hui, au départ du prologue à Fromentine, plus fort que jamais. « J?estime ma forme aujourd?hui plus ou moins proche de 100 %, explique le Kazakh sur son site internet. En tout cas aussi bonne qu?elle l?était en 2003 lorsque je me suis classé troisième à Paris. Mon absence pour blessure l?an dernier a été assez difficile à vivre. J?ai donc multiplié les tests sur piste et en soufflerie afin d?améliorer ma position sur le vélo, progresser sur l?aérodynamisme et ainsi sauver de précieuses secondes sur les contre-la-montre. » Un travail colossal, comme ces dix jours de stage passés à 2 000 mètres d?altitude au Kazakhstan et destinés à améliorer ses performances en haute montagne.
<B> ?Faire craquer Armstrong??</B>
À 31 ans, Vinokourov n?a plus de temps à perdre. En fin de contrat à la T-Mobile, le Kazakh serait pourtant l?objet de toutes les convoitises de la part des formations les plus huppées du peloton séduites à l?idée de s?attacher un leader de cette valeur, capable tout à la fois de briller sur les grands Tours et sur les Classiques. On prêterait même aux dirigeants de la Discovery Channel, l?équipe de Lance Armstrong, des approches très pressantes afin de faire de Vino le successeur de l?Américain.
En attendant d?enfiler le costume écrasant du futur retraité le plus célèbre du peloton, lui caresse le fol espoir de faire échec à Armstrong sur son propre terrain, après l?avoir déjà dominé sur les pentes du Mont Ventoux lors du récent Dauphiné Libéré.
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