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Dualistes à l?extrême
1er mai. Lancement officiel de la campagne. Les deux blocs déclinent leurs thématiques. 1er juillet, deux mois de campagne et un discours qui a évolué avec l?humeur de l?électorat.
L?Alliance sociale débute en vendant ses dix mesures. Au meeting du 1er mai, Navin Ramgoolam les martèle et les candidats les distribuent sous forme de tracts lors des porte-à-porte. S?il y a une chose qui n?évoluera pas chez l?opposition, c?est bien le slogan «bizin sanzman».
Le leader de l?opposition se pose en champion du petit peuple : «Je vous rendrai ce que vous avez perdu.» Quelques semaines plus tard, il annonce qu?il est prêt à «verser son sang» lors d?une réunion du Swastika. Le discours est plutôt le même mais le contexte a changé.
Pour son entrée en scène, l?Alliance MSM-MMM choisit la carte du bilan et de l?équipe. Un autre thème, le dernier budget, est évoqué mais, au fil de la campagne, il sera plutôt dilué. Son schéma d?attaque est connu.
D?une part, un inlassable rappel du bilan travailliste en 2000 et sa juxtaposition avec leur bilan en 2005. Une comparaison est donc proposée entre les deux équipes. «Compare bilan ek lekip», demande Paul Bérenger le 1er mai avant d?ajouter qu?il a le sentiment du «devoir accompli».
Les animateurs de l?Alliance gouvernementale répètent qu?ils ont rempli leur mission en «redressant le pays». C?est surtout la performance de Bérenger en tant que bête politique qui retient l?attention. C?est moins le politique qui est en campagne que le Premier ministre. Mais, au fil des semaines, les choses vont évoluer. Et les discours avec.
Dans les premières semaines de campagne, les candidats de l?Alliance gouvernementale vont faire intervenir l?élément de la passion. «Les autres disent qu?ils vont annuler tout cela. Réfléchissez bien», lance ainsi Pravind Jugnauth à un meeting. Le refrain sera repris par d?autres candidats. «Vous avez un choix logique à faire», «Inn vann rev ar ou», clament ainsi les candidats MSM-MMM. «Nou nou dir seki nou pou fer et nou fer seki noun dir nou pou fer. Zot zot zis kozé», devient ainsi l?un des slogans du gouvernement sortant.
Du côté de l?Alliance sociale, on joue un autre refrain. «Jamais dans l?histoire du pays, la vie n?a été aussi chère», affirme la candidate Indira Seebun. D?autres reprennent le même thème en opposant un gouvernement qui a engendré «une société injuste et dominer» et la promesse de l?opposition d?une société «où règne la justice sociale».
La démocratisation de l?économie est le pendant rationnel aux thèses populaires. Probablement euphorique et grisée par les succès de ses rassemblements, l?Alliance sociale crie victoire. Un premier élément vient quelque peu calmer les ardeurs. La déclaration de Dhundev Bahadoor sur les écoles ZEP provoquent des remous. Au siège du Human Service Trust, Navin Ramgoolam joue pleinement de l?ambivalence de l?équation du «pouvoir «qui doit revenir au «nous».
Début juin, la campagne devient plus agressive du côté de l?Alliance gouvernementale. Ce qui amène Bérenger à af-firmer que la «campagne del?Alliance MSM-MMM redémarre». Le leader du MMM remet son blouson noir. Du côté de l?Alliance sociale, on accentue la pression mais les intervenants se montrent moins radicaux. Ils maintiennent qu?ils vont changer la vie des Mauriciens en 100 jours mais ils précisent qu?ils ne détiennent pas de recettes magiques. «Nous ne proposons que des mesures réalisables.»
Une campagne. Des appro-ches multiples. Laquelle des stratégies et des discours aura le plus recueilli les faveurs de l?électorat? Bien téméraire celui qui peut y répondre à 24 heures du scrutin.
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