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Début des manifestations contre le retrait de Gaza
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Début des manifestations contre le retrait de Gaza
Les forces israéliennes ont délogé mercredi une trentaine d’ultranationalistes juifs qui s’étaient emparés d’un bâtiment palestinien abandonné d’Al Maouassi dont il comptait faire un avant-poste de l’opposition au retrait de la bande de Gaza que le Premier ministre Ariel Sharon entend mener à bien avant la fin de l’été.
Les soldats avaient auparavant tiré en l’air pour faire cesser les heurts qui opposaient les militants à des Palestiniens de ce village enclavé dans le bloc de colonies de Goush Katif.
Au même moment, d’autres adversaires du plan de retrait de la bande de Gaza ont bloqué le trafic routier sur plusieurs axes majeurs et dans diverses localités israéliennes. A Jérusalem, la police a procédé à 150 arrestations et dispersé au canon à eau les dizaines de manifestants qui barraient l’entrée principale de la ville aux cris de “Les Juifs n’expulsent pas les Juifs”.
A Al Maouassi, les militants ultranationalistes – des jeunes religieux pour la plupart – avaient mis le feu à des pneus pour tenir les soldats à distance. Après avoir fait appel aux pompiers, ces derniers ont finalement pris possession du bâtiment de trois étages et arrêté la trentaine de personnes qui s’y étaient installées, a fait savoir l’armée.
L’opération a été menée après “une alerte précise au sujet des intentions d’une organisation terroriste palestinienne qui comptait s’attaquer aux Israéliens dans le bâtiment”, a précisé un porte-parole.
Des graffiti ultranationalistes et des slogans insultants pour les musulmans avaient été tracés sur les murs extérieurs. Un drapeau jaune du mouvement raciste Kach, aujourd’hui interdit, flottait en outre sur le toit.
“Je suis un juif de la terre d’Israël et je ne crains personne d’autre que Dieu”, a lancé l’un des jeunes militants devant une caméra de Reuters TV.
D’autres affrontements ayant opposé un peu plus tôt les activistes d’extrême droite à des Palestiniens d’Al Maouassi ont fait quatre blessés parmi ces derniers. Un soldat et un colon ont également été touchés.
6 000 policiers</B>
Les ultranationalistes avaient pris possession dimanche de deux autres maisons abandonnées d’Al Maouassi pour tenter d’empêcher l’armée israélienne de les détruire en prévision du retrait programmé pour la mi-août. Quelque 6 000 policiers ont été déployés à travers le pays, en prévision des manifestations prévues ce mercredi.
“Nous ne permettrons pas à une bande de voyous de tirer le pays vers le bas”, a déclaré Ariel Sharon lors d’une réunion du gouvernement.
Les partisans des colons, toujours minoritaires, semblent cependant plus nombreux à mesure que la popularité du Premier ministre s’effrite dans les sondages. Selon une étude publiée mercredi, 48 % des Israéliens approuvent encore le désengagement de Gaza mais 41 %, contre 36 à 38 % auparavant, s’y opposent.
Les militants d’extrême droite jugent que le retrait fait bon marché des revendications juives sur un morceau de terre biblique et fait le jeu des factions radicales palestiniennes.
Les Palestiniens approuvent le projet d’Ariel Sharon mais soupçonnent le Premier ministre israélien de quitter Gaza pour mieux renforcer les colonies de Cisjordanie, crainte alimentée par la construction de la “barrière de sécurité”.
<B>Yoni WEIZMAN</B>
ÉCHANGES DE TIRS
Regain de tension à la frontière Israélo-libanaise
■ Les Nations unies ont appelé mercredi le Hezbollah et l’armée israélienne à la retenue après des échanges de tirs qui ont tué un soldat israélien dans le secteur des fermes de Chebaa, à la frontière israélo-libanaise. “Il y a eu des tirs de part et d’autre de la Ligne bleue. La Finul est en contact avec les deux camps et les appelle au maximum de retenue. Nous essayons actuellement d’établir ce qui s’est passé”, a déclaré Milos Strugar, membre de la mission d’observation de l’Onu au Sud-Liban. Le Hezbollah affirme avoir tendu une embuscade à une patrouille israélienne ayant dépassé la Ligne bleue, délimitée par l’Onu, qui entérine le retrait israélien du Sud-Liban. Les affrontements auraient débuté à la suite de cette attaque. L’armée israélienne a confirmé la mort d’un soldat. Cinq autres militaires ont été blessés. “Un groupe terroriste a infiltré le territoire israélien à Har Dov”, a déclaré pour sa part le général israélien Benny Ganz, chef des opérations militaires dans le nord du pays. “Nous avons frappé cette escouade et nous poursuivons nos activités sur le terrain. A la suite de cet événement, le Hezbollah a effectué des tirs de mortier et de roquettes dans la zone”, a-t-il ajouté. Des avions de chasse israéliens ont répliqué en attaquant des cibles libanaises à la frontière. “A la suite de l’attaque du Hezbollah, la force aérienne a visé des postes utilisés par le Hezbollah pour mener des attaques contre des cibles israéliennes”, a déclaré l’armée israélienne. Il s’agit des affrontements les plus sérieux dans cette région depuis le 9 janvier dernier, lorsqu’un militaire israélien, un activiste du Hezbollah et un soldat français avaient été tués. Commentant les incidents, Sean McCormack, porte-parole du département d’Etat américain, a déclaré à la presse: “D’après les informations dont nous disposons à l’heure actuelle, je voudrais clairement dire que, selon nous, Israël a le droit de se défendre”. Les Nations unies estiment que le retrait israélien du Liban est terminé et considèrent les fermes de Chebaa, prises en 1967, comme relevant d’un futur accord de paix entre Israël et la Syrie, bien que Beyrouth et Damas soutiennent qu’il s’agit d’une zone libanaise restée sous occupation.
<B>Afif DIAB</B>
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