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Le thème de l?unité domine les discours
LE MSM-MMM À ROCHE-BOIS
<B>Paul Bérenger : ?N?entrez pas dans le piège communal? </B>
<B><I>Les orateurs ciblent la politique ?revoltan e infek? de la partie adverse. Selon eux, Navin Ramgoolam n?a pas changé. </B></I>
Il est 18h50 à Roche-Bois. L?assistance commente ce qu?elle vient tout juste de voir : de longs extraits du discours très controversé de Dhundev Bahadoor, président du Human Service Trust, et de Navin Ramgoolam lors d?une fonction à Calebasses le mois dernier. Le thème est donné dès le début de la réunion nocturne de l?alliance MSM-MMM : les différents orateurs vont s?attaquer à la politique dite ?communale? de l?adversaire.
La proximité entre Dhundev Bahadoor et Navin Ramgoolam est largement exploitée. ?En face zot kampagn li pureman kominal, infek e revoltan. Pou Ramgoolam apel Pac-pac au sekour faude li konn bien li pe al tas bien sa?, lance un Paul Bérenger accueilli en héros à Roche-Bois. Car à son arrivée, l?enthousiasme est à son apogée. La foule, composée d?environ 500 personnes, affiche ses couleurs.
Le leader de l?alliance MSM-MMM lance un avertissement : ?Fer byen atensyon a bann simagre cominal. N?entrez pas dans le piège communal ni dans la violence.? Il laisse, dit-il, le soin à l?Allliance sociale de ?terminn so kampagn dan kominal?.
Paul Bérenger attribue la mort du partisan MSM-MMM, Pynee Ramasamy, vendredi dernier, à la manière dont l?adversaire a mené sa campagne. ?Imaginez les palab qu?ils auraient faits si c?était arrivé à un des leurs.?
Les propos de Navin Ramgoolam, qui alléguait à une récente conférence de presse que Paul Bérenger veut décréter l?état d?urgence pour renvoyer les élections, sont balayés d?une main. ?Sa ki apel hysterie sa.?
Sam Lauthan, chef de file au n° 3, estime que les électeurs de sa circonscription doivent se montrer particulièrement vigilants. ?Chak fwa ki Parti travayis au pouvwar ena emeut isi?, soutient-il.
Mohammad Nanhuck, autre candidat de la circonscription, met en garde contre ?les fausses rumeurs qui circulent?. Le ?langaz kominal? est à nouveau décrié. ?Kan Navin Ramgoolam koz disan koule, ena dimounn mor dan Midlands?, affirme-t-il. Il demande également à la foule de ne pas ?céder à la provocation? et de ?fer atensyon a bann lou garou?. Tout en critiquant les relations entre Dhundev Bahadoor et Navin Ramgoolam, il précise que non seulement le leader de l?opposition mais aussi le Parti travailliste ?n?ont pas changé?.
Aniff Sorefan, candidat au n°3, soutient que le scrutin du 3 juillet est l?occasion pour la population de dire ?non au communalisme?. Ces élections sont, selon lui, historiques, parce qu?elles offrent à la population l?occasion de dire qu?une personne ?portant le nom de Paul peut se faire élire Premier ministre dans ce pays?. Il conclut en disant ?Navin pann sanze. Li touzour parey, Macarena? sous le regard d?une foule amusée.
Mahmad Khodaboccus, secrétaire général du Parti mauricien social-démocrate (PMSD), avait pris la parole en premier. Il soutient que ?dans Roche-Bois pena lekours?. Le 4 juillet, ?zot pou touche bile kot bookmaker?, continue-t-il.
Pour le secrétaire général du PMSD, l?engagement de Paul Bérenger pour le pays ne peut être comparé à celui de Navin Ramgoolam. Les critiques de Dhundev Bahadoor sur les écoles des Zones d?éducation prioritaires et le projet ?Anou dibout ensam? reçoivent un traitement sévère.
?Le trwa pou ena operasyon pik oerit?, dit-il. Ce dernier ajoute que cette fois-ci ?personne n?a le droit de se faufiler? comme en septembre 2000 lorsque Siddick Chady était sorti en seconde position.
L?ALLIANCE SOCIALE À CHEMIN-GRENIER
<B>Navin Ramgoolam lance un appel à ?voter bloc? </B>
<B>Le ton est donné : ?Pa coupe transe?. A travers un clip diffusé, l?Alliance sociale veut démontrer les ?failles? du gouvernement. </B>
Les oriflammes rouges recouvrent entièrement la route principale du village de Chemin-Grenier. Perchés sur le caisson d?une camionnette, les orateurs de l?Alliance sociale crachent leur colère contre le gouvernement sortant. Le mot d?ordre de leur leader, Navin Ramgoolam : ?Nu bizin vigilan ek gard disciplinn.?
Un peu plus loin, des policiers tentent tant bien que mal de dévier le trafic routier. Et pour cause : quelque 1 500 personnes, agitant frénétiquement des drapeaux rouges, sont venues entendre les dernières recommandations de leur leader.
Le ton est donné : ?Gouvernma pe fer letour circonscription pu dimann vot de simpati. Nu, nu cone ki nu bizin nettoye lecuri ek met enn lekip prop.? Les jeunes, nombreux, font l?objet d?une attention particulière : ?Vous ne pouvez pas vous rendre aux urnes ce week-end et voter pour une équipe qui a manqué de respect pendant quatre ans et demi à vos parents.?
Les partisans ponctuent toutes les phrases de leurs dirigeants par des applaudissements, et des pétarades. Un motard de la police s?avance, fendant la foule, suivi du véhicule de Navin Ramgoolam. La voix rageuse des orateurs est aussitôt remplacée par la chanson de Zul Ramiah, Bizin Changement, reprise en ch?ur par l?auditoire survolté.
Navin Ramgoolam précise d?emblée : ?Nu bizin vizilan. Election gagne kan boit inn fini case.? Sa cible de prédilection, Paul Bérenger qui, déclare-t-il, s?est attaqué ?de manière vulgaire? à Rashid Beebeejaun lors de son meeting à Quatre-Bornes. ?Dimoun ki finn fer dominer ar zot, nu pou fer zot reponn divan zot mem. Kan mo la, zot na pa bizin per?, déclare-t-il, avec une rage à peine contenue.
Reprenant son souffle, il appelle l?assistance à ?voter bloc? et surtout à ne pas ?coupe transe?. Le leader de l?Alliance sociale évoque avec force les augmentations des produits courants et de la TVA. ?Pu zot, Maurice enn zafair de fami. Azordi tawa inn so emba zot. Soley na pli pu leve dan lest pu sertin dimunn dan sa pei la.?
Un écran géant, installé à côté de la camionnette, diffuse un clip retraçant les cinq années de pouvoir de l?alliance gouvernementale. Une voix off commente les images alors qu?une bande-son tient les spectateurs en haleine.
Des événements tels que les fermetures d?usines textiles, la réforme ?chaotique? de la pension de vieillesse, la tenue de la conférence internationale des Nations unies au Domaine Les Pailles, ainsi que le deal Illovo défilent sous les yeux des habitants de la localité. L?image du Premier ministre sortant est accueillie par des huées assourdissantes et par des insultes. Pour Navin Ramgoolam, ?lavi politik Bérenger pe fini dan la hont?.
Un peu plus tôt, une silhouette s?avance vers le micro. Un bref silence, puis les haut-parleurs grésillent et révèlent une voix connue. C?est l?hystérie collective.Tous reprennent en ch?ur : ?Bizin sanzman?? Zul Ramiah, l?air grave, prend la parole. A 52 ans, il explique que c?est la première fois qu?il parle à un meeting public. ?Je suis ici pour parler au nom des chanteurs engagés. Bérenger se sert, aujourd?hui encore, du soldat lalit militant. Je ne suis pas frustré, mais révolté par ce qu?a fait Paul Bérenger?, déclare-t-il à un auditoire tout ouïe. Le leader du MMM, estime-t-il, ?a vendu les principes mêmes du MMM à ses débuts?.
Rejoignant les principaux orateurs qui se sont succédé avant lui, Zul Ramiah lance un appel à ceux présents de voter pour un ?Premier ministre crédible?. Quelqu?un qui, affirme-t-il, se souciera de l?avenir de Maurice et de sa population.
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