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Non !
<B>Par Nazim ESOOF</B>
Personne n?étant infaillible, nous serons parmi les premiers à ne pas qualifier de liberticides les critiques qui peuvent être émises contre la profession. Mais, avant même ces critiques, nous pratiquons régulièrement l?autocritique. Car, à la différence des politiques, nous savons que reconnaître ses erreurs est une manière de se rendre meilleurs. Nous allons encore plus loin, dans notre souci de professionalisme, en ouvrant nos colonnes même à ceux qui ne manquent pas de nous critiquer gratuitement.
Nous récusons également tout radicalisme dès qu?il est question de notre professionalisme. Nous savons, à cet effet, pertinemment bien qu?une dose de subjectivité est inévitable dès lors que son principal outil de travail est la langue. Le mot laisse un champ d?interprétation à l?infini.
Nous admettons également qu?il peut y avoir au sein de la profession des individus qui ont une conception à géométrie variable de l?indépendance. Cela est valable pour tous les corps de métier et le monde journalistique ne fait pas exception à la règle.
Nous savons que nous ne sommes pas à l?abri d?éventuelles tentatives de manipulation. Des individus qui mesurent bien le pouvoir de la presse tentent, de temps à autre, de ?travailler? l?information que nous devons véhiculer afin d?en tirer un profit quelconque. Mais non, Messieurs les politiciens, le travail du journaliste, du moins ceux de ?l?express?, n?est pas tributaire ?du positionnement des actionnaires de l?organe de presse par rapport aux idées émises par des blocs politiques?.
Notre parole est libre et notre obsession demeure une liberté dans le respect des règles professionnelles. A la différence de nombreux politiques qui demeurent de sages disciples d?un leader, le journaliste indépendant n?a, lui, aucun leader. Il est le relayeur d?une information. Son pouvoir se limite à cela. Et même lorsqu?il pratique l?information commentée ou qu?il écrit des articles d?opinion, il engage une responsabilité éthique qui le soumet au regard critique de ses lecteurs. A ce titre, il est constamment en éveil et ne peut se permettre des positions qui risquent de le décrédibiliser.
Nous ne pouvons non plus passer sous silence ce commentaire d?une autre politicien qui affirme que la presse gonflerait les propos des politiques en leur conférant une dimension communale qu?ils n?ont pas. Si les politiques peuvent user jusqu?à la corde l?argument ethnique sur les caisses à savon, il est du devoir de la presse de rapporter ces faits. Les lecteurs sont en droit de savoir que certains politiques sont les premiers à risquer la paix sociale juste pour se faire élire. Nos politiques sont incapables de développer un argumentaire rationnel. Ils n?ont toujours pas compris qu?il est possible de faire de la politique autrement. Qu?il n?est pas besoin de citer des livres sacrés. Qu?il est indigne de faire de la basse politique dans des lieux de culte.
Non, nous ne tairons pas ce racisme de nos politiques, de leur tentative délibérée d?abêtir les électeurs, de l?irresponsabilité congénitale de leurs manoeuvres sectaires.
Non, nous n?admettrons jamais de recevoir des ordres des politiques. Et nous poursuivrons inlassablement notre tâche indépendamment des critiques des politiques.
Non, il n?y a pas ?une certaine section de la presse?. Il y a des journalistes indépendants et des journalistes partisans. Ce sont seuls les électeurs qui jugeront la presse dans son ensemble.
Oui, nous sommes des femmes et des hommes libres de leur parole qui n?ont qu?une obsession : relayer les informations dont les lecteurs ont besoin pour mieux cerner la société dans laquelle ils vivent.
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