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Un deuxième tour déterminant en Iran pour l?avenir des réformes
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Un deuxième tour déterminant en Iran pour l?avenir des réformes
Le second tour de l?élection présidentielle iranienne ce hier entre le «pragmatique» Akbar Hachémi Rafsandjani et le conservateur «radical» Mahmoud Ahmadinejad sera décisif pour le sort des réformes en Iran ainsi que pour les relations entre Téhéran et Washington.
Les bureaux de vote ont ouvert comme prévu à 09h00 (04h30 GMT). En cas de victoire, Ahmadinejad, maire ultraconservateur de Téhéran, âgé de 48 ans, pourrait mettre un terme aux timides réformes libérales entreprises, tant sur la scène intérieure qu?internationale, par le président sortant Mohammad Khatami.
L?accession inattendue d?Ahmadinejad au second tour a provoqué l?inquiétude des milieux d?affaires iraniens, qui redoutent un nouveau tour de vis du pouvoir religieux. Elle a en revanche fait le bonheur d?une frange de la population iranienne, pauvre et croyante, qui voit en lui un homme intègre, travailleur et engagé.
«Les différences de classe sont un problème que la révolution était censée régler, mais cela n?a pas été le cas. En fait, elles se sont accrues malgré le prix élevé du pétrole», souligne Karim Sadjadpour, analyste, à Téhéran pour le groupe de réflexion International Crisis Group.
RETOUR DES CONSERVATEURS ?
L?éventualité d?une victoire d?Ahmadinejad a conduit de nombreux réformateurs - étudiants, universitaires, religieux et hommes politiques - à s?engager derrière Rafsandjani, président de 1989 à 1997 et aujourd?hui âgé de 70 ans.
Au premier tour, vendredi dernier, 29,3 millions d?électeurs, soit 63 % des inscrits, se sont déplacés aux urnes. Rafsandjani est arrivé en tête avec 21 % des voix, Ahmadinejad récoltant, lui, 19,5 % des suffrages pour accéder au second tour, une première dans la «République des mollahs».
Jouissant a priori d?une réserve de voix plus importante, le candidat conservateur pourrait l?emporter vendredi, selon un haut responsable du gouvernement, qui estime que l?entre-deux tours n?aura pas permis à Rafsandjani de faire le plein des votes réformateurs. Dans les dernières heures de la campagne, qui finissait 24 heures avant l?ouverture des bureaux de vote, des partisans du maire de Téhéran parcouraient encore les rues de la capitale pour poser des affiches.
L?élection d?Ahmadinejad consacrerait définitivement le retour des conservateurs au pouvoir après leur large victoire lors des élections municipales et législatives de 2003 et 2004.
Rafsandjani a prôné cette semaine des réformes sociales, une libéralisation économique chère aux milieux d?affaires et un rapprochement avec les Etats-Unis, sans renier la structure complexe du système politico-religieux iranien qui confie la réalité du pouvoir au guide suprême de la révolution islamique, l?ayatollah Ali Khamenei.
Il a lancé juste avant la clôture de la campagne l?idée d?un plan d?acquisitions d?actions de sociétés publiques, peut-être pour rallier les indécis. Jouant sur la fibre nationale des Iraniens, Ahmadinejad a critiqué la passivité de la politique étrangère menée par le président actuel et assuré qu?un réchauffement des relations avec Washington, gelées depuis 1980, ne résoudrait en rien les problèmes iraniens.
Selon lui, les marchés financiers s?apparentent à des jeux d?argent et il regrette que les dirigeants n?aient pas su préserver l?Iran des influences culturelles occidentales. Arrivé en troisième position au premier tour, le religieux réformateur Mehdi Karroubi a appelé cette semaine ses partisans à soutenir Rafsandjani.
Yves CLARISSE Paul HUGHES
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