Publicité
Un opérateur poursuit MT en justice
TLC Mauritius et Mauritius Telecom (MT) se parleront en cour. Une semaine après avoir été déconnecté par MT, l’opérateur du service de communication internationale, Planetcall, compte s’en remettre à la justice. La société estime “illégale et arbitraire” l’action de MT même si celle-ci avait obtenu la bénédiction de l’Information and Communication Technologies Authority (Icta). Résultat : les avocats de TLC seront en cour ce matin.
“TLC doit honorer ses dettes mais MT a agi dans l’illégalité. Nous comptons le prouver en cour car seul un tribunal peut ordonner la déconnexion”, soutient Ashok Radhakissoon, avocat de TLC et ancien président de…l’Icta.
Au Telecom Tower, on attend la compagnie port-louisienne de pied ferme. MT dit avoir déconnecté TLC car celui-ci lui doit environ Rs 8 millions. Cette facture représente les prestations fournies à l’entreprise depuis le début de l’année mais qui sont demeurées impayées.
A l’Icta, on soutient que TLC a opéré dans l’illégalité pour ne pas avoir déclaré un changement dans son actionnariat depuis novembre. Lors de son incorporation en janvier 2002, la compagnie compte deux principaux actionnaires : Alternet, une firme mauricienne, et TLC France, une importante société de télécommunications française. Chacun détient 250 actions. Les deux principaux directeurs d’Alternet sont Lindsay Morvan, président de la National Agency for the Treatment and Rehabilitation of Substance Abusers et Marcel Poinen, président de la Mauritius Society of Authors .
L’actionnariat change en novembre de l’année dernière. TLC vend toutes ses actions au Philip London Family Trust des Etats-Unis. Ce dernier rachète également 200 actions d’Alternet. Les Américains détiennent aujourd’hui 450 actions et les Mauriciens 50. “Toute société opérant dans les télécoms doit nous aviser de tout changement d’actionnaires”, précise un haut cadre de l’Icta.
Les difficultés de TLC lèvent le voile sur une autre face de la libéralisation des télécommunications. La concurrence au niveau de la communication internationale est féroce mais force est de constater que la plupart des nouveaux entrants sont dans le rouge. TLC n’est que la première victime.
Au départ, il était pourtant question que tous les opérateurs placent un seuil pour les tarifs internationaux afin d’assurer leur rentabilité. Cet arrangement, convenu lors d’une réunion officieuse avec MT, n’a pas été respecté. Aujourd’hui, chacun lutte pour garder la tête hors de l’eau. A l’exception de MT qui détient 73 % du marché de la téléphonie internationale. Même sur les cartes prépayées pour les services Voice Over IP, MT détient 55 % du marché grâce à Sézam. “MT domine le marché et tue la concurrence. L’Icta devrait l’en empêcher mais rien ne se fait”, allègue Ashok Radhakissoon.
Certains estiment que MT et quelques gros opérateurs peuvent se permettre d’opérer à perte afin de suffoquer les petites entreprises. Les prix devraient augmenter une fois que les nouveaux entrants auraient été tués dans l’œuf. Après tout, une licence coûte Rs 2 millions et si tous ne sont pas à pied d’égalité, on bascule vite dans le rouge. Chez MT, on soutient que c’est le business model des nouveaux qui fait défaut. “Les nouveaux entrants n’ont pas à investir autant que nous. Ils emploient une poignée de gens et utilisent un nouveau matériel qui ne coûte pas cher et n’occupe pas beaucoup d’espace. Ils doivent réaliser qu’il est suicidaire de jouer sur les tarifs les plus bas”, souligne un membre du conseil d’administration de MT.
TLC n’en a cure. Elle veut contester la décision de l’opérateur historique en cour et créer un précédent afin qu’il n’y ait plus de déconnexions à l’avenir. Elle a été déconnectée mais est loin d’être déboussolée.
Publicité
Publicité
Les plus récents