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“Potier des îles”, démesure en ciment

22 juin 2005, 00:00

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L’amphore géante toise la modeste tour. Dans la cour où s’accumulent des pots aux fins contours, on n’a qu’une envie, admirer et palper sans détour. Jocelyn Lacour, grand patron de Potier des îles, a de quoi être fier du chemin parcouru. Ses créations en ciment s’installent dans les cours, les jardins, un coin de la pièce, pour contenir fleurs, tiges sèches de bambous voire une surface lisse pour faire office de table.

Supplétif au départ de son activité principale qu’est la construction, l’entreprise Potier des îles, avec un chiffre d’affaires de quelque Rs 1,5 million, a pris une dimension nationale. Ses clients, hormis les individus, sont des hôtels tels Le Preskil, Héritage, Telfair voire la chaîne Naïade. Le fait de participer à des salons au centre international de conférence à Pailles, entraîne les projecteurs sur des produits.

Et pourtant, l’idée de fabriquer ces pots en ciment flashe à un moment difficile dans sa vie professionnelle. De gros contrats ne rapportant pas les bénéfices escomptés, Jocelyn Lacour se retrouve dans une crise financière aiguë. Les moyens à sa disposition sont limités. Il s’agit de diversifier ses sources de revenus.

De fait, il retourne à sa passion de toujours, l’artisanat. “Tout a commencé un deux janvier. J’ai demandé à mon fils de m’acheter des matériaux. Il m’a interrogé. Je lui ai répondu. Il n’était guère convaincu”, relate Jocelyn Lacour.

Pourquoi façonner de si grands pots ? Aligner des petits n’ont pas le même impact auprès des passants. Surprendre, c’est exagérer. “Si vous voulez attirer le regard, vous devez sortir du lot, les inciter à s’approcher, admirer et acheter”, fait ressortir le directeur de Potier des îles.

Petit à petit, sa cour, à Coromandel, se remplit de pots en ciment de toute taille, de toute forme. Les gens passent, s’arrêtent et s’enquièrent. Quand ils achètent, c’est avec un pincement au cœur que Jocelyn Lacour encaisse l’argent. Le succès s’enchaîne. Et l’artisanat passe à grande échelle.

Son entreprise s’installe dans l’arrière-cour. Le soudeur sollicité de temps à autre pour créer la charpente métallique des pots conçus par Jocelyn Lacour prend emploi à plein temps. Un maçon et son adjoint sont enrôlés. Potier des îles passe à neuf employés assurant une production quotidienne, quoique minimale des fois, où le rituel matinal consiste à prendre connaissance des maquettes conçues le jour même par le directeur.

Mais sa production ne se résume pas qu’au pot en ciment fortifié. Elle englobe également la conception des tableaux en ciment de même que la construction de cascades artificielles pour des particuliers. Ils sont lourds ces tableaux, avec les fines couches de ciment savamment éparpillées sur la charpente. Encore et toujours des amphores et des fruits se côtoyant sur une superficie variable.

La diversification à l’intérieur même de la petite entreprise rapporte encore plus. Concepteur et maçon, Jocelyn Lacour propose à des particuliers la possibilité d’installer une cascade de rêve dans sa demeure, le tout monté en quelques jours. Le résultat est étonnamment beau, quand c’est agrémenté d’un jeu de lumières sous l’eau qui glisse sur le béton imitant le bois ou le bambous. Autre segment que Potier des îles compte exploiter davantage est la fabrication de fontaines imitant la pierre. Manquerait plus qu’à ajouter des poissons rouges.

Bien que la réputation de ses pots se transmette efficacement d’un client à l’autre, l’entreprise a récemment acquis un 4x4 pour sillonner le pays. Mais, acquérir un pot à plus de Rs 1 000 n’est pas à la portée de toutes les bourses de par les temps qui courent…

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