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Le secteur educatif

22 juin 2005, 00:00

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par Patrick HILBERT

Roshun Seebun ?La formation continue est essentielle?

■ Quelle place devrait être accordée à l?éducation par le prochain gouvernement ?

Roshun Seebun : L?éducation et la formation ont toujours eu une place prépondérante au sein du gouvernement Mouvement socialiste militant-Mouvement militant mauricien (MSM-MMM). Elle est et elle restera une priorité. C?est d?ailleurs pour cela que deux ministères ont été créés en 2000 pour s?en occuper spécifiquement. Il n?y a aucune raison pour que cela cesse d?être dans le prochain gouvernement que nous allons former. La formation continue et soutenue est essentielle pour avoir une population éduquée et prête à relever les défis de la globalisation.

Amrita Kistamah : L?éducation sera la priorité de notre gouvernement. Notre commission éducation a d?ailleurs longuement planché sur ce chapitre. Le Parti travailliste a toujours été pour un accès du plus grand nombre à l?éducation. Nous l?avons prouvé à travers l?éducation gratuite qui a fait de Maurice ce qu?il est aujourd?hui.

■ Où est-ce que la réforme entamée il y a cinq ans peut-elle être améliorée ?

R.S. : Nous allons certainement dans le bon sens. La campagne de construction des collèges dans les quatre coins de l?île (36 en cinq ans) est presque terminée et l?éducation jusqu?à 16 ans et devenue une obligation tout comme l?élimination de la rat race du ranking. Nous devrons maintenant nous concentrer davantage sur la pédagogie. Nous avons déjà de très bonnes idées sur ce point.

A.K. : La réforme du gouvernement MSM-MMM n?a été que de la construction de bâtiments. Une vraie réforme implique la révision de fond en comble du programme d?études du primaire et du secondaire. Nous ne disons pas qu?il ne fallait pas construire des collèges, mais il faudra tout de même revoir la politique sur ce sujet. Il nous faut un curriculum adapté aux besoins de chaque élève.

■ ?Ranking? ou ?grading? ? Davantage de compétition à la fin du cycle primaire ou pas ?

R.S. : Le ranking, c?était bon que pour une petite poignée de gens mais une vraie catastrophe pour la grande majorité. Aucun système éducatif au monde ne permet de décider de l?avenir d?une personne à l?âge de 11 ou 12 ans. Nos enfants doivent avoir le temps de s?épanouir. La vie est un enchaînement de compétitions. Laissez nos enfants profiter de leur jeune âge tant qu?ils en ont le le temps. Ceux qui disent que le grading et la régionalisation éliminent l?élite ont tort. Les examens menant au Higher School Certificate et les bourses pour l?université sont toujours là.

A.K. : Le leader Navin Ramgoolam n?a jamais dit qu?il était pour l?introduction du ranking. Cela ne veut pas dire que le grading est l?idéal. Nous allons essayer de trouver la meilleure formule dans le consensus. Cela dit, une dose de compétition est nécessaire tant que c?est sain.

■ Que pensez-vous des collèges d?élite ? Quel devrait être leur place dans notre paysage ?

R.S. : L?ancien système permettait à une poignée d?enfants, qui souvent démarraient avec un avantage dans la vie, de former l?élite du pays. Je pense que tout le monde doit avoir les mêmes chances. Avec la globalisation, nous ne pouvons plus permettre cela au nom du développement du pays. Le système actuel est le meilleur que nous puissions avoir.

A.K. : Les écoles d?élite transformées en Form VI Colleges doivent à nouveau admettre à partir de la Form I. Aujourd?hui, nous avons deux types de systèmes. Le premier, qui va de Form I à VI, concerne les collèges confessionnels catholiques. Le second, qui est de l?Etat, propose des établissements de Form I à VI d?une part et des Form VI Colleges d?autre part. Il n?y a aucune logique. Si nous avons des élèves qui sont des high performers. Alors pourquoi ne pas leur donner la chance d?exploiter leur talent au maximum ? Pourquoi les bloquer ?

■ Le taux d?échec demeure un problème. Comment faire pour en avoir le moins possible ?

R.S. : Le gouvernement a mis en place les zones d?éducation prioritaires (ZEP), entre autres initiatives, afin de réduire le taux d?échecs. Si les résultats ne sont pas visibles dans l?immédiat, je suis persuadé que nous allons récolter les fruits dans le long terme. D?autres idées seront mises en pratique lors de notre prochain mandat. Attendez notre programme électoral et vous aurez une très bonne indication.

A.K. : Nos enfants ne sont pas suffisamment encadrés. C?est pour cela qu?il faut revoir tout le système. Des pédagogues doivent être attachés aux écoles et les enseignants devraient bénéficier d?une formation plus accrue. Il n?y a pas que dans les écoles des ZEP qu?il y a des problèmes.

■ Les cours particuliers ont-ils encore une raison d?exister ?

R.S. : Oui et non. Certains enfants ont besoin d?un peu d?aide et d?une attention spéciale pour pouvoir suivre. Je crois beaucoup au volontariat à ce niveau.

A.K. : Je suis contre ces cours particuliers payants. Il faudra revoir tout ça en proposant davantage d?activités extra-curriculaires comme le sport ou la musique. Pour venir en aide aux enfants qui ont des problèmes d?apprentissage, il faut un système de détection à la base. Au primaire, la promotion automatique des écoliers fait qu?ils passent d?une année à l?autre avec leurs problèmes qui ne font qu?empirer pour ensuite connaître un échec au niveau du Certificate of Primary Education.

■ Êtes-vous pour ou contre le kreol comme médium d?enseignement ?

R.S. : Bien sûr que je suis pour. Il est reconnu qu?un enfant assimile mieux lorsqu?il apprend dans sa langue maternelle. Cela dit, il ne faut pas oublier que notre bilinguisme est un atout phare et nous ne pouvons nous permettre de le perdre.

A.K. : Je ne peux pas me prononcer. Un consensus est souhaitable avant d?aller de l?avant avec ce projet. On ne peut se limiter à l?avis d?un pédagogue pour prendre des enfants comme cobayes. L?introduction du kreol comme médium d?enseignement doit se faire de manière bien planifiée. ■

Amrita Kistamah ?Une révision de fond en comble du programme?

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