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Runveer Sharma Rawoo : dialogue entre le corps et la Nature

20 juin 2005, 00:00

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Il suffisait d?y penser. D?ouvrir les yeux pour saisir ces détails qui échappent à ceux qui ne voient pas avec le c?ur. Expérience de Transfiguration que nous propose Runveer Sharma Rawoo, du 23 juin au 2 juillet, à l?Alliance française de Bell-Village.

De retour après quatre ans d?études au College of Art de New Delhi, c?est avec des yeux neufs que le jeune homme de 25 ans, regarde le jardin familial, à Bon-Accueil. L?absence attire son attention vers ce tronc d?arbre mité qui occupe l?une des extrémités de la cour. Un reste d?eucalyptus sans branches qui plonge encore ses racines dans la terre. Nature morte dans laquelle le peintre voit des formes vivantes. ?Si le ciel est le plus immense de tous les canvas, la nature est le plus grand de tous les sculpteurs.?

Obsédé par le changement qui s?est opéré en lui, Runveer projette sa maturité sur l?arbre. A force de tourner autour du ?siko?, de le ?dévisager? jusqu?à en avoir le vertige, le peintre y décèle l?indicible. Une extraordinaire sensation de redécouverte qui se précise à force de balader ses mains sur la peau rugueuse de l?eucalyptus.

Les yeux lavés par l?étude, le bout d?arbre décédé d?une mort végétale prend forme humaine. S?animent homme et femme. Sous les pinceaux du jeune diplômé, ils deviennent un couple tendrement enlacé, des corps aux formes pleines et aux intentions certaines. Des attitudes déclinées en une vingtaine de tableaux exécutés à l?huile et à l?acrylique.

Constante chez le peintre : sa série intitulée Transfiguration est taillée dans une palette incandescente. Du marron de l?arbre mort, Runveer Sharma Rawoo a allumé des silhouettes rouge vif. Changement radical de la nature morte en matériau vivant, chaud et passionné. Et pour relever les contours : des touches de blanc qui mettent en lumière la dimension mystique de l?échange. Notons que pour l?occasion, le peintre a ? enfin ? fait scier ce tronc d?arbre jadis disgracieux, pour le transporter jusqu?à la salle d?exposition.

?Je suis du genre spontané. Je ne passe pas mon temps à réfléchir au concept.? Artiste carburant aux sensations, c?est en un mois et demi que le peintre a rempli ses toiles de moyen et grand format. De retour dans l?île natal, depuis septembre de l?an dernier, Runveer Sharma Rawoo affirme, malgré les galères, vouloir vivre de son art.

Nature morte et imaginaire

Frappé à son arrivée par des ?échos d?une galerie nationale?, le peintre se balade avec son portfolio sous le bras. ?Je ne savais pas où était cette galerie, alors tout seul, je me suis mis à la chercher.? Stupeur. ?Quand je suis arrivé dans les locaux de la National Art Gallery, je n?y ai vu que des bureaux administratifs.? Ce qui n?empêche pas le directeur, Thivy Naiken de le diriger vers la coopération française.

En attendant une réponse, Runveer Sharma Rawoo s?occupe d?ouvrir une galerie (désormais défunte) à Trou-d?Eau-Douce et de conceptualiser le décor d?un cybercafé à Lallmatie. Autant de démarches qui ont alimenté le dialogue entre la nature morte et l?imaginaire.

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