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?Ramgoolam sait qu?il perdra?
17 h 40, samedi. Goodlands. La foule reprend vie. Entraînée par la nostalgique ?Soldat lalit militant?, sous les derniers rayons du soleil, les partisans se regroupent devant l?estrade. Le silence, entrecoupé de deux pétarades tardives, plane. La voix rauque de Paul Bérenger tonne dans les haut-parleurs.
Le ton est ferme. Il exige l?attention, rappelant même à l?ordre un activiste éméché. ?Navin Ramgoolam sait qu?il perdra ces élections générales, de par ses expressions et son body language. Il a déjà intériorisé la défaite?, clame le leader de l?alliance MSM-MMM, devant une assistance attentive de 2 500 personnes, venant en majeure partie de Goodlands et des régions avoisinantes.
Outre le langage corporel du leader de l?Alliance sociale, Paul Bérenger évoque deux signes ?annonciateurs?. Le fait de ?copier? l?adversaire et l?utilisation de divers stratagèmes. Pour le leader mauve, l?opposition a vainement tenté de se rattraper en copiant les activités ?réussies? du MSM-MMM. Et de l?autre, indique Paul Bérenger, ils utilisent des ?tours?, en allant même à ?manquer du respect envers un grand pays tel que l?Inde?, à l?effet que ses services secrets auraient donné l?Alliance sociale gagnante.
Tout en affirmant que le MSM-MMM se dirige vers une victoire ?batte touffe?, Paul Bérenger a demandé à ses partisans de rester mobilisés. Fort de son expérience acquise au fil des sept précédentes législatives, il a exhorté les sympathisants à ?travailler jusqu?à la dernière minute et à voter dans la discipline?.
Pour ne pas changer, Paul Bérenger a remis sur le tapis ses quatre raisons pour mettre des croix en faveur du MSM-MMM: bilan, équipe, budget et défis à relever. ?Vous avez un compte spécial à régler avec Navin Ramgoolam. Il est en train de promettre n?importe quoi. En 1995, vous lui avez donné sa chance. Et maintenant il a le toupet de venir promettre qu?il changera votre vie en 100 jours.?
Deux meetings obligent, le leader du MSM a exceptionnellement pris la parole en dernier. Il s?est davantage appesanti sur un exercice comparatif des bilans MSM-MMM et PTr. Tout au long de son discours sur un ton monocorde, Pravind Jugnauth a fustigé Navin Ramgoolam pour son manque de bilan allégué : ?En quatre ans et demi, il a doublé la dette publique. La taxe sur la valeur ajoutée a été introduite à 10 %. Quel grand projet a-t-il réalisé ? Zéro, sauf un tas de pierres à Wooton.?
Règlement de comptes
D?ailleurs, Pravind Jugnauth n?a pas manqué de rappeler ses échanges de propos avec Mookhesswur Choonee avant sa démission de ce dernier pour rallier le camp de l?opposition. Le leader du MSM a ainsi précisé lui avoir rappelé qu?il aura un ticket aux prochaines législatives, voire un strapontin ministériel en cas de victoire. Mais Mookhesswur Choonee aurait avancé qu?il a également un ticket sous la bannière de l?Alliance sociale. Or, il n?est même pas candidat.
Se présentant pour la troisième fois à Grand-Baie-Poudre d?Or, Pradeep Jeeha reste très discret, emmitouflé dans son épais blouson au col relevé. Quand il intervient, il règle ses comptes avec l?opposition. Et lance un ultimatum à un candidat pour qu?il apporte des preuves sur ses biens immobiliers allégués.
Pradeep Jeeha, ministre sortant de la Technologie informatique, les intervenants ne manquent de rappeler la transformation du pays une cyberîle. D?ailleurs, le principal concerné annonce que le village de Goodlands aura le même développement que Rose-Belle.
Les autres intervenants étaient Jayen Cuttaree, Pradeep Roopun, Showkutally Soodhun et d?autres. Présidant ce meeting régional, Ashit Gungah ne tombe pas dans la demi-mesure pour plaider en faveur du MSM-MMM: ?Chaque vote pour l?Alliance sociale est un pas vers le précipice?. Mais ce n?est que le 3 juillet que les 44 907 électeurs du n° 6 finaliseront le noms de ceux à jeter dans le précipice de l?histoire.
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