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La guerre de l?image
Les émissions politiques débutent jeudi à la MBC radio. Le coup d?envoi sera donné par l?Alliance sociale. Les deux leaders du gouvernement sortant, Paul Bérenger et Pravind Jugnauth interviendront le lendemain. Il reviendra au même duo de clore les émissions le samedi 2 juillet, soit la veille du scrutin.
Cet événement tant attendu débute toutefois sur fond de polémique. La semaine dernière, les deux principaux blocs signent le protocole d?accord avec la station nationale de radiotélévision (MBCTV). L?Alliance sociale assortit son accord de trois requêtes. Les dirigeants de l?opposition expriment toutefois leur plus grande surprise en apprenant dans les journaux du week-end que deux d?entre elles ont été rejetées. Mais ce qui les choque davantage, c?est l?annonce du Premier ministre à sa conférence de presse samedi.
Paul Bérenger explique en effet que la demande de l?Alliance sociale que l?antenne soit ouverte à des non-candidats, a été rejetée. La corporation nationale refuse une autre demande de l?opposition d?enregistrer des émissions hors des locaux de la MBC.
En prenant connaissance de ces faits, la direction de l?Alliance sociale s?empresse d?exprimer sa colère. ?Nous sommes particulièrement outrés par les déclarations de Bérenger?, affirme, avec vigueur le secrétaire général du Parti travailliste (PTr). Il fait remarquer que la MBC a indiqué qu?elle va soumettre ses requêtes à l?arbitrage de l?Independent Broadcasting Authority (IBA). ?Or, il s?avère que c?est Paul Bérenger qui annonce que nos demandes n?ont pas été acceptées. Nous nous demandons comment il a été au courant de cela avant même que la MBC ne nous donne une réponse??
?Règles inchangées?
Dans le même souffle, le PTr précise qu?il a soumis une autre requête. Cette troisième demande implique, qu?au moment du montage de chaque émission, un bip soit utilisé pour signaler les parties des interventions enlevées par la MBC. Dans ce troisième cas, la MBC aurait référé la demande à son conseil d?administration.
L?alliance gouvernementale présente les événements sous un autre angle. ?Il faut savoir que le PTr a signé le protocole d?accord avec la MBC avant nous. Ils étaient donc au courant des règles et, aux réunions que nous avons eues avec les responsables de la MBC, c?était clair que ces règles n?allaient pas être changées. C?est dans le même esprit que, contrairement au passé, nous avons accepté le principe du tirage au sort pour déterminer qui va débuter et clôturer les émissions?, explique Rama Poonoosamy, l?un des responsables de la communication de l?alliance MSM-MMM. Il insiste sur le fait que les requêtes du PTr ne pouvaient aboutir du fait qu?il faut ?un level playing-field pour tous les partis indistinctement de leurs importances électorales?. ?La MBC et l?IBA ont maintenu leurs propositions, que les différents partis ont acceptées.?
Il n?empêche, qu?avec le début des émissions politiques à la télévision, la campagne électorale va prendre une nouvelle tournure. Pour le scrutin 2005, les enjeux sont importants car il s?agira de convaincre les indécis, chiffrés à plus de 30 % dans le dernier sondage Synthèses-l?express.
?Partisans vulnérables?
Des observateurs politiques ont déjà attiré l?attention au fait que les émissions télévisées seront déterminantes dans le choix des indécis. Cette impression se confirme avec la déclaration de Rama Poonoo-samy. ?Toutes les émissions viseront à conforter notre électorat sur notre bilan, notre équipe, notre leadership et notre vision. En même temps, il s?agira de s?adresser aux indécis et aux partisans vulnérables de l?Alliance sociale.?
Le décor est planté. Il ne reste plus aux acteurs qu?à monter sur scène. Mais, comme il faut s?y attendre, cela ne pouvait se faire que sur fond de polémique? dès que les acteurs sont des politiques.
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