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Une noyade de trop ?

19 juin 2005, 00:00

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Mourir à 15 ans, quand on a des rêves plein la tête, quand on fait la joie de la famille, cela devrait être interdit. Yudish était comme tous les jeunes de son âge. Féru de football, il s?adonnait à son sport favori chaque semaine sur le terrain de foot du village et au collège Medco où il était en Form III. L?adolescent avait aussi pris goût aux cours d?informatique. « Tou so banne camarades fine vini. Zot ti pé dir li ene bon garçon. Malgré sa, samem ti so zour pou li allé? », affirme Rajesh, le père du jeune disparu.

Mais comme tous les jeunes, il avait l?esprit aventureux. Mardi, il décide de ne pas participer à la journée sportive organisée par le collège. « Avant mo al travay, mo finn dir li si li ena pou sorti atann so mama retourn lakaz avan. Me kouma monn ale, li oussi linen sorti », se souvient Rajesh. À 13 heures, alors qu?il est à l?usine Textile Industries, il reçoit un appel. « Zot inn dir moi ki mo garson inen blese e ki so ka bien grav. » Il se précipite alors chez lui, pour s?entendre dire qu?il faut qu?il aille à l?hôpital Candos.

La vue d?une jeep de la police dans l?enceinte de l?hôpital ne le rassure pas. Les policiers lui annoncent : « Ou garson finn noye. » Comment son fils se serait-il noyé, lui qui ne savait pas nager ? « Lorsque nous allions à la mer, c?est à peine s?il entrait dans l?eau. »

Les policiers affirment que leurs collègues de Bambous et de Quatre-Bornes ont retrouvé son corps à la rivière Beaux-Songes. « Lorsque mon fils s?est retrouvé en difficulté, son ami a essayé d?arrêter les automobilistes qui passaient pour tenter de le secourir. Mais personne ne l?a fait. » Il a alors enfourché sa bicyclette pour prévenir Devi, la mère de Yudish, qui a alerté la police.

<B>La douleur tapie dans leur c?ur</B>

Rajesh a encore en mémoire le visage livide de son fils qui n?a de cesse de le hanter. Il se dit que si quelqu?un s?était arrêté, son fils serait peut-être encore en vie. « Dan sa ler la personn pan finn arete? » Parvesh, l?ami qui se trouvait en compagnie de Yudish est traumatisé, affirme-t-il. « Il vaut mieux le laisser tranquille pour le moment. »

Pour Devi, c?est tout un pan de sa vie qui s?est écroulé. Assise dans le salon, serrant le bord de son sari contre ses frêles épaules, elle est ailleurs. « Leta kot li ete, li pa kapav koze? » Rajesh n?ose pas imaginer la douleur qui les attend tapie dans leur c?ur.

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