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Doit-on autoriser les infirmiers à avoir une clientèle privée ?

19 juin 2005, 00:00

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<B>Oui

Cassam Kurreeman

Président de la Nurse?s Union</B>

<B>Pourquoi doit-on autoriser les infirmiers à avoir une clientèle privée ? </B>

Ce n?est un secret pour personne que le secteur privé puise largement dans le secteur public pour pallier le manque d?infirmiers qualifiés auquel il fait face. Le privé recrute à l?étranger. Certains n?hésitent pas à soudoyer des fonctionnaires. Nous demandons d?autoriser les infirmiers à travailler dans les cliniques durant leurs trois jours de repos hebdomadaire.

<B>Cette mesure ne mettra-t-elle pas en danger le service public ? </B>

Des garde-fous doivent être établis pour prévenir les risques d?abus. Les contrevenants doivent être sévèrement sanctionnés. Ce changement ne doit pas se faire au détriment des malades.

<B>A quoi attribuez-vous la réticence de l?Etat face aux demandes d?augmentation de salaire ? </B>

Il y a la crainte qu?une révision des salaires et des conditions de travail des infirmiers ne fasse boule de neige. Cet argument ne tient pas. L?exode des infirmiers continue. Les nouvelles recrues s?y mettent aussi.

L?État a-t-il les moyens de traiter les infirmiers comme ils le réclament ?

Le fait qu?il accepte de subir les effets de l?exode des infirmiers qualifiés et les moyens déployés pour en recruter de nouveaux donnent à penser qu?il a les moyens de satisfaire nos demandes.

<B>Quelle est votre demande ? </B>

Nous souhaitons un relèvement du niveau des premiers salaires après la confirmation de l?embauche, c?est-à-dire de passer de Rs 8 800 à Rs 15 000. Les conditions de travail doivent aussi être revues. Elles vont de la révision des allocations pour le travail de nuit, le dimanche et durant la période cyclonique à l?amélioration de l?environnement de travail.

<B>Une dose de privatisation des soins ne contribuerait-elle pas à satisfaire en partie les infirmiers ? </B>

Je crois en la nécessité d?une formule de participation financière aux soins. Mais son introduction doit se faire graduellement. Le jour où elle se matérialisera, le public deviendra plus exigeant. Ce qui amènera obligatoirement une amélioration de la qualité des services.

<B>Non

Dr veyasen pyneeandee

Gynécologue</B>

<B>Pourquoi les infirmiers du secteur public ne doivent-ils pas être autorisés à faire de la clientèle privée ? </B>

Le rôle du personnel soignant dans la qualité des soins est primordial. Si on l?autorise à exercer dans le public et dans le privé, c?est elle qui en pâtira.

<B>Un infirmier mal payé peut-il aimer son métier ? </B>

Ce métier est une vocation. Celui qui choisit de travailler dans la santé publique devrait le faire non pas pour les avantages financiers mais pour l?amour des hommes. Cela dit, tout employé doit être rétribué selon ses mérites. Les infirmiers ne font pas exception à cette règle.

<B>Que faut-il faire pour éliminer cet attrait pour la clientèle privée ? </B>

Il faut prendre le temps d?écouter les plaintes du personnel soignant. Les conditions de travail et les horaires dans le service public sont anachroniques. Il est temps de créer les conditions qui permettront au personnel soignant de répondre aux nouvelles exigences que leur impose leur profession.

<B>À quoi attribuez-vous cette réticence de l?État à rétribuer les infirmiers qualifiés ? </B>

Le manque de vision et le déficit en matière de capacité d?écoute sont à la base des doléances du personnel soignant. Le développement de la santé doit aller de pair avec le développement économique du pays. Il faut que tous les facteurs autour desquels s?articule un système de santé aillent dans la même direction. Les infirmiers doivent être reconnus à leur juste valeur. Ce n?est pas la peine de faire des économies sur leur tête alors qu?on est incapable de contrôler le gaspillage ailleurs.

<B>La participation aux frais médicaux pourrait-elle à améliorer leur sort ? </B>

La privatisation responsabilisera les patients. Elle permettra une utilisation judicieuse des infirmiers. Grâce à la privatisation, il sera possible de sélectionner des candidats selon les critères propres au service demandeur. L?exemple du centre cardiaque est révélateur. Le relèvement du statut des infirmiers associé à une rémunération appropriée a créé un environnement qui a des répercussions positives sur le service.

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