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Cl. Michel et Al. Orian honorent France Viader

15 juin 2005, 20:00

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La nouvelle du décès, à Londres, le 4 juin 1980, de France Viader, ancien professeur de botanique et de biologie au collège Royal de Port-Louis et de Curepipe, ancien directeur du Training College de Beau-Bassin, ancien conseiller pédagogique des étudiants universitaires mauriciens en Grande-Bretagne, émeut deux éminents confrères qui prennent leur meilleure plume pour rendre l?hommage dû à leur ancien collègue.

Claude Michel se souvient de sa tendresse, souvent relevée d?un petit sourire en coin, qui pouvait faire croire, mais à tort, qu?il était incapable de donner une punition. Déjà ce mélange de sérieux et de bonhomie, ce souci de professionnalisme et ce besoin d?encourager et de motiver par lesquels il restera à jamais vivant dans la mémoire de ceux qui ont eu la chance de l?avoir comme prof et ami.

Claude Michel se souvient aussi avoir été initié aux joies de la totale maîtrise de la photographie par France Viader, ?heureux propriétaire d?un petit appareil? dont il était très fier. Il se souvient du parfait bricoleur qu?il était, capable, dans les années 1930, de fabriquer par lui-même un appareil de radio pouvant capter, de Maurice, les émissions de la BBC, la Mecque du savoir et des connaissances générales pour le fils de l?ancien adjoint au secrétaire colonial, René Viader, OBE.

Claude Michel lui, est plus particulièrement reconnaissant d?avoir su autant l?intéresser ainsi que ses condisciples, à la biologie, un sujet alors grandement négligé ?pour ne pas dire méprisé?. Il se souvient le visitant, à son domicile à la route Jackson, Vacoas, pour lui faire part de ses succès universitaires. Il le découvre poursuivant ses recherches sur des mollusques marins et le fait visiter la collection de coquilles de son père. Il regrette que France Viader n?ait pas publié l?essentiel des recherches exhaustives sur les mollusques marins auxquels il consacre le meilleur de son temps libre.

Exilé à Londres, France Viader ne manque jamais, de passage à Maurice, à rendre visite à Claude Michel, alors directeur de ce haut lieu de la botanique mauricienne qu?est l?Institut de Maurice. De quoi parlent-ils ? De biologie marine, bien sûr, connues, maîtrisée et familiarisée par deux passionnés, partageant les mêmes rêves, les mêmes obsessions.

Le Dr Alfred Orian le qualifie de ?Mauricien distingué? auquel il a l?honneur de succéder à la chaire de biologie au collège Royal de Curepipe. Il se souvient que France Viader est né le 10 juin 1909 dans la grande demeure familiale aux Vacoas. Il se souvient de son père, l?érudit conchyliologue, publiant d?importants travaux dans les Bulletins de l?Institut de Maurice, l?ami de Georges Antelme et du Dr Henry Madge, d?autres éminents savants possédant comme lui une vaste culture, tant scientifique que littéraire. Il se souvient de sa mère, Alice Dussaulchoy, fille d?un honorable homme d?affaires portlouisien.

Il le compare sans hésiter à Charles Edouard Brown Sequard, ?comme lui un bourreau du travail et un acharné à la tâch?. Il le distingue pourtant de son père, affectionnant moins la taxinomie (science de la classification) et la manie des collections. Il n?était pas très musée paraît-il. En revanche, il met de l?ordre dans les programmes de biologie, dès que l?opportunité lui est donnée, et remplace les animaux exotiques (européens sinon anglais) à disséquer par des animaux indigènes. Il s?oppose volontiers à tout enseignement trop didactique. Il apprécie peu les exercices de mémoire qui fatiguent l?esprit sans contribuer à la formation d?un jeune esprit autonome et autosuffisant.

Avec l?aide du Dr R. E. Vaughan, il se consacre à l?étude de la botanique et prend des cours par correspondance en zoologie. Il part ensuite pour Londres pour prendre sa licence (B. Sc Honours), puis, quelques années plus tard son Diploma of Education. Il débute dans le professorat à la School de Port-Louis (future CRPL). Les parents ont alors une réticence à y envoyer leurs enfants, préférant l?Alma Mater de Curepipe à la simple annexe portlouisienne. Les sept enseignants mauriciens, trop heureux de pouvoir émuler les masters anglais de Curepipe, n?hésitent pas à faire du porte-à-porte (à racoler, diront leurs détracteurs) pour recruter des élèves pour la School naissante et qui tient ses assises à la rue Edith-Cavell et à la place de la Cathédrale. Ils sont André Glover, Ecosse Humbert, Pierre Lalouette, Stellio Télémaque, France Viader, Georges et Yves Lefébure. Pour eux, l?enseignement est un sacerdoce. Déjà ils mettent leur joie à servir ?l?élite d?où qu?elle vienne?. Ils tiennent la méritocratie pour sacro-sainte. Promu Senior Science Master au CRC, France Viader sait attirer de brillants élèves aux joies de la biologie. Il est des organisateurs de la première conférence à Maurice sur l?éducation. Comme Platon, il professait que la ?science est l?amie de tous?.

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