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Un pharmacien poursuivi pour bigamie
Il est resté sans nouvelle de sa femme russe depuis six ans. Persuadé que celle-ci a demandé le divorce, Bhoowaneshar Contram Seetanah se marie civilement en avril 1997. Mais, il n?est pas divorcé. Du coup, il est poursuivi en Cour suprême pour bigamie.
Pourtant il avait été acquitté en cour intermédiaire pour le même délit. La magistrate, Nirmala Devat-Oogarah, l?a innocenté en statuant que l?accusation n?a pu établir qu?il a commis une bigamie. Mais le Directeur des poursuites publiques, insatisfait de la décision de la magistrate, conteste ce verdict. L?appel a été entendu mardi devant le Senior Puisne Judge, Bernard Sik Yuen, et le juge Bushan Domah.
Tout commence lorsque Contram Seetanah se rend en Russie après ses études secondaires. Cet habitant de Palma, Quatre-Bornes, veut y étudier la pharmacologie. Il rencontre une jeune russe, Zhanna Nikologena Yanko.
Ils tombent amoureux et se marient le 4 juillet 1991 à Kharkow City Wedding Palace. Le couple n?a pas d?enfant. En novembre, Contram Seetanah vient à Maurice. Mais sa femme refuse de l?accompagner. Selon lui, elle ne l?aimerait plus. Il conclut qu?elle cherche le divorce mais regagne quand même le pays.
Déboires
Pendant cinq ans, il vit séparé de sa femme russe. Et en 1996, il rencontre Prova, une habitante de Vacoas. Il décide de l?épouser un an plus tard, pensant que sa femme russe a dû demander le divorce entre-temps. Mais pour en avoir le c?ur net et sur les conseils d?un ami de la famille, il entame des procédures légales. Là commencent ses déboires.
Lors de l?appel de l?affaire, Me Yvan Jean Louis, Senior State Counsel, assisté de Me Reddy, State Counsel, explique que le mariage contracté est toujours valide en Russie. Il soutient que Contram Seetaram savait qu?il était toujours marié à la Russe lorsqu?il a épousé une autre femme à Maurice. A son avis, la magistrate a eu tort de l?acquitter.
Me Hervé Lassémillante, qui représente l?accusé, déclare qu?il n?y a aucune preuve que le premier mariage de son client était toujours reconnu lorsqu?il a épousé sa deuxième femme à Maurice. Il ajoute que la loi mauricienne ne peut établir que le premier mariage de Contram Seetanah en Russie est valide. Son client, souligne-t-il, est convaincu que sa première femme a obtenu le divorce six ans après son absence en Russie. C?est pour cette raison, explique l?avocat, qu?il s?est remarié.
La police, soutient-il, n?a pu produire les documents qui prouvent que son client a commis une bigamie. Son client, précise-t-il, a agi de bonne foi en croyant avoir obtenu le divorce de Russie. Les juges ont réservé leur jugement.
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