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Catsucre, transformation en douceur

15 juin 2005, 00:00

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La grande famille du sucre, avec ses 11 déclinaisons, reste une illustre inconnue. Les transformer en dés, en minuscules sachets de sucre, en bâtonnets voire en sucettes, Catsucre en a fait une spécialité artisanale. L’entreprise traite en moyenne, 130 tonnes par an, destinées au marché local.

“Du sucre 100 % mauricien. C’est ce que nous proposons aux Mauriciens qui ne savent pas tous que le sucre blanc qu’ils consomment chaque matin est importé. Ce n’est que maintenant que la variété commence à entrer dans les mœurs. Auparavant, personne n’était au courant de notre existence”, précise d’emblée Clergy Joseph, un des directeurs de Catsucre, montrant du doigt un long cylindre transparent où sont superposées neuf couches différentes de sucre. La transformation consiste à humidifier le sucre négocié en vrac auprès du Mauritius Sugar Syndicate, le compresser, et le déshumidifier. Ce procédé uniforme est appliqué dans la fabrication de toutes les variétés.

Au démarrage, en 1999, Catsucre ne fabriquait que du sucre en cube, dont l’utilisation est très répandue à l’étranger. L’entreprise décolle grâce à un client de réputation mondiale : l’hôtel Le Saint-Géran. En 1999, la fourniture porte sur le sucre en dés. “La direction de l’hôtel a commandé par la suite du sucre en sachet. Notre sucre transformé s’est ainsi répandu à tous les hôtels de la chaîne de Sun Resorts”, relate Clergy Joseph. Et aujourd’hui, l’entreprise sucre alimente les tables de multiples hôtels, grands et petits restaurants, pizzerias et cliniques.

Ses unités de production, à Sainte-Croix et Tranquebar, alimentent également les grandes surfaces locales en du sucre transformé autrement : sachets de cailloux, cheminées au socle bourré de bonbons, des cylindres transparents où scintillent des couches de divers types de sucre et de petits paniers rengorgeant de… sucreries. À déguster.

Bien que le marché soit lucratif, la petite entreprise ne privilégie pas la production à grande échelle, en investissant dans les équipements. “La canne est le fruit de la terre. Le sucre est le travail des hommes. On privilégie la fabrication artisanale, l’esprit du fait main”, explique Giovanni Catherine.

Avec les ramifications des baisses du prix garanties de cette commodité sur le marché européen, l’industrie locale cherche de nouveaux créneaux à prospecter autour de la canne. “C’est le moment propice pour parler du sucre à valeur ajoutée. Il faut croire dans l’exportation de ces sucres transformés, donner la chance aux Mauriciens de s’exprimer”, ajoute Giovanni Catherine.

Dans cette optique, l’entreprise est en négociations pour écouler ses sucres transformés à l’étranger. Car jusqu’ici, c’est uniquement le Syndicat des sucres qui est habilité à vendre le sucre mauricien sur le marché international. “Notre objectif est la transformation du sucre et le vendre. Et pourquoi pas l’exportation ?” fait ressortir Giovanni Catherine, alors que le Syndicat exporte du sucre en provenance directe des usines.

L’innovation et la créativité, comme pour toutes les petites et moyennes entreprises d’ailleurs, sont de mise. Chaque mois, des dizaines de milliers de bâtonnets, sachets et bonbons quittent les chaînes de production. La malléabilité de ces cristaux est telle que Catsucre se permet de mettre sur le marché des petites fantaisies faites main telles que des sachets de sucre compressés en diverses formes: cœur, cubes, cailloux aux bords édentés.

Le hic, cependant, demeure le prix à la revente. Grande a été la surprise quand les directeurs ont constaté que des boutiques spécialisées se font des profits variant de 200 % à… 1 500 % sur les coffrets et cylindres-cadeaux. Une douce transformation à l’arrière-goût amer…

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